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L’ADISQ: la célébration de la médiocrité à son meilleur.

Inspiré par un billet sur l’ADISQ de TViste intitulé «L’ADISQ: Célébrons malgré l’état pathétique de la musique québécoise» un billet dévastateur et à la fois criant de vérité, je me lance dans une critique de notre système de diffusion culturel et comment ceux-ci jouent à l’autruche en continuant à marteler l’esprit des Québécois à grand coup de médiocrité tout en passant à côté de vrai talent.

L’idée de cet article m’est venue alors que je lisais le texte de TViste et qu’à la fois, je discutais du sujet sur le forum de discussion Le Depotoir afin d’essayer de comprendre l’état de notre culture musicale exportable versus les médias de masse tels que la télévision, la radio et les journaux. Je suis DJ de profession depuis plusieurs années et je suis frustré de voir que les médias encouragent souvent des artistes banals, corrects, ordinaires, des artistes sans saveur, mièvres, et en même temps, nous vantent leur supposée excellence et ces mêmes médias ignorent les produits musicaux de qualité qui prennent vie au Québec dans une autre langue que le français.

Le saviez-vous?
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Il y a une panoplie de groupes québécois qui ont décidé d’exprimer leur talent artistique en anglais et de propager leur musique dans le monde au lieu de rester confinés dans le micro marché québécois et sous le joug de la culture mièvre québécoise. Ces groupes, dans leur grande majorité, sont ostracisés par l’industrie de la musique locale et les médias de masse. Tandis que l’ADISQ nous présentait un festival de flatteries et se roulait dans la complaisance, il y a des dizaines de groupes québécois qui parcourent le monde dans l’indifférence la plus totale de tous ces grands conglomérats culturels et médiatiques nationaux. La formation de deathcore Montréalaise Despised icon est actuellement sur le Billboard Heatseekers en 42e position (ils ont atteint la 5e place il y a quelques semaines) et ce sont même permis le top 200 avec la sortie de leur nouveau CD, un exploit qu’aucun Éric Lapointe, Jean Leloup, Marie-Mai n’ont jamais réussi et ne réussiront probablement jamais! Pendant que des artistes électroniques comme Tiga et Peakafeller envahissent les planchers de danse du monde entier avec leur musique électronique, ses artistes ne sont pas présentés dans les médias « mainstream » afin que les Québécois puissent les connaitre. Pourtant, les discothèques du Québec jouent leur musique en rotation régulière!
Your Favorite Enemies: un groupe de Québec qui risque d’aller loin.

La promotion de la médiocrité et des has-been au détriment de la relève et de la qualité.
Le titre veut tout dire, au Québec nos décideurs culturels ont fait le choix de faire la promotion de la pop mièvre et sans saveur à la Lapointe et Marie-Mai, ou même Marie Chantal Toupin, et ils essaient de nous faire à croire que c’est du bon rock! Quand en réalité, c’est de la grosse bouette inodore, incolore et sans saveur,formatée pour passer autant à CKOI, NRJ, Musique Plus ou Rock Détente. De la musique plate sans aucune identité, et ce, au détriment d’artistes talentueux un peu plus rock ou électro qui ont le malheur de chanter en anglais. Les artistes anglophones restent dans leur sous-sol ou doivent s’expatrier pour vivre de leur art et avoir une certaine reconnaissance. «On n’est jamais prophète en son pays», cette phrase n’aura jamais eu autant de sens que dans la province de Québec. Les artistes qui décident de s’exprimer dans la langue de Shakespeare sont victime de clivage de la part de l’industrie québécoise de la musique d’un côté et de l’autre, ils sont pris avec les quotas de contenu francophone exigé aux stations de radio. Simple Plan en est un bel exemple. Ils ont dû vendre des dizaines de milliers de CD aux États-Unis avant d’être reconnu au Québec!

Combien de fois K’maro s’est fait ridiculiser par l’establishment et les biens pensants de l’industrie? Je n’aime pas vraiment ce qu’il fait comme musique, mais je respecte le fait qu’il soit ambitieux et qu’il vise haut!

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Donc quand les postes francophones jouent de la musique anglophone, ils vont jouer de la grosse pop américaine avec les «Green Days», sinon des artistes internationaux à la «U2», mais que très rarement des artistes québécois anglophones, qui pourtant, ont un succès international! Comme le groupe de Québec Mute qui a son CD en vente dans un comptoir principal au japon au coté de Rise Against où tout simplement, ils démontrent aux Québécois que nous sommes aussi capables de faire de la musique et conquérir le monde! J’aimerais entendre The Spleen ou The New Cities un groupe québécois signé chez Sony Music à la radio ou les voir à la télévision. Les médias doivent arrêter de nous assommer à grand coup de Mario Pelchat et de Sylvain Cosette! La dernière trouvaille de notre merveilleux vedettariat prépare, pour encore mieux vous zombifier, le retour des ineffables BB! LES BB CRISS! Tassez-vous les Arcade Fire ou autre Your Favorite Enemies, le star système du haut de son trône de la «Has-Beenerie» veut vous pourrir l’esprit à grand coup de BB. Ils pourraient choisir parmi des dizaines de nouveaux de groupe et artistes aussi talentueux les uns que les autres, mais les «décideux» font le choix de nous liquéfier le cerveau avec les BB. Désolé les gars et les filles qui ont eu cette « brillante » idée, mais c’est PATHÉTIQUE! Ce week-end vous aurez aussi droit au retour tant attendu de Donald Lautrec à Tout le monde en parle! Messieurs, on ne rit plus!

Pendant ce temps ailleurs…The+Agonist

Voyez-vous, dans les pays européens comme la Norvège, la Suède ou la Finlande, ils poussent de l’avant leurs artistes anglophones de tout acabit pour envahir le monde et ainsi créer une inversion et un buzz vers leur pays qui encourage l’éclosion d’autre talent, tout en faisant sortir du lot les artistes locaux. Même la Russie avec Akado ou la Croatie avec Omega Lithium sont plus dynamique que nous! La Norvège a déjà invité le groupe Black metal satanique Dimmu Borgir à faire une prestation à leur remise de prix les Spellemanns prisen (les grammy norvégien). In Flames ont joué au Grammisgalan avec le chanteur pop suédois Timo Raisanen en introduction.

Ce n’est pas l’ADISQ qui va nous présenter le groupe montréalais UNEXPECT qui sont présentement en tourné Européenne avec DREAM THEATER & OPETH! Il n’y a pas un seul foutu artiste présent à l’ADISQ qui peut se targuer de faire une tournée européenne avec les deux plus grands noms du rock metal progressif contemporain! Nighwish et Lordi ont représenté la Finlande aux Eurovision! Ce n’est pas au Québec que nous sommes prêts de voir Ginette Reno faire une intro pour The Agonist pendant un gala, voir l’ennuyant Sylvain Cosette faire un petit jam avec QUO VADIS ou encore les très ordinaires Loco Locass faire un freeststyle avec Spacemaker! Voulez-vous d’autres exemples qui décoiffent? Within temptation au TMF Award, After Forever Live à Kopspijkers (talk Show hollandais), David Guetta & Kelly Rowland  » When Love Takes Over  » ( Fête de la Musique 2009 à Bagatelle), Combichrist – Get Out Of My Head (Live on Mania TV). Voulez-vous me dire pourquoi au Québec nous jouons toujours dans notre pipi avec toujours les mêmes faces partout, quand nous avons un bassin d’artistes qui ne demande qu’à avoir de la visibilité médiatique?

Nivellement vers le bas pour préserver une culture musicale et télévisuelle anémique.
S’il veut avoir un peu de visibilité et être accepté par le vedettariat québécois communément appelé la Clique du plateau, l’artiste se doit de chanter français, se doit de renier ce qu’il est pour se fondre dans la supposée culture québécoise. L’artiste rock doit être moins rock et pas trop de distorsion, une batterie pas trop forte non plus et des paroles pas trop choquantes. En fait, notre industrie nivelle vers le bas en tuant la nature même du rock en lui enlevant tout ce qui fait du rock, du rock. Donc, avec l’annihilation de tous ces éléments, on se ramasse avec une soupe aux légumes pas trop de légumes, sans épice et on ne parle pas de métal ici, on parle de simple musique rock.. Le metal ça ne passe pas, un point c’est tout! Si on a affaire à un artiste de musique électronique, c’est la même rengaine : moins de synthétiseurs, la basse mise en sourdine et tous les éléments qui font l’essence de la trance, de la house, etc., sont mis au rancart pour plaire au décideur. Un Tiesto ou un Armin Van Buuren n’aurait eu aucune chance dans ce système et ne serait jamais au top comme ils sont en ce moment s’ils avaient eux le malheur de naitre au Québec.

The Spleen un groupe qui rivalise avec Coldplay par ses mélodies!

La dilution devient une culture?
Au Québec, nous diluons tout pour en faire un produit incolore. Que ce soit à la télévision où on transforme des émissions géniales pour en faire des émissions ridicule avec de l’animation d’une platitude lamentable. Wipeout en est un bel exemple. Dans la version américaine, les animateurs sont sarcastiques et insultent les participants. Au Québec, nous sommes pris avec deux animateurs insipides qui nous gargarisent de farces ennuyeuses. Merde, voulez-vous me dire ce que fait Réal Béland à cette émission avec son personnage débile? Il y a quelques années, ils avaient réussi à prendre une émission vraiment captivante comme Fear Factor et l’avait transformée en une bebelle d’une incroyable insignifiance. Ils ont enlevé tout ce qui faisait de Fear Factor un succès : manger des écoeuranteries, les humiliations stressantes, les cascades à grand déploiement et ont nommé cette insipidité Facteur de Risque.

1_1_tvZombie.pngLe problème, c’est que cette mentalité d’épuration et de blanchissage est partout et même dans la musique. Ils ont peur d’avoir peur. Le marché est tellement restreint qu’un groupe se doit d’être formaté pour jouer dans tous les médias. On a qu’à se rappeler du Brainwash collectif, il y a quelques années, lors de la sortie de «Mon Ange» de Éric Lapointe qui jouait partout dans toutes les stations en même temps. C’était insupportable. S’en est même devenu une agression auditive sans précédent. Même moi, qui méprise ce type de musique et encore plus cette maudite chanson plate, je connaissais les paroles par coeur! Pourquoi Tout le monde en parle ou Bon baiser de France n’invite pas Elisian a faire une chanson au lieu des mauvais les belvédères. Pourquoi pas Forgotten Tales à Belle et bum?

Dans ce texte, je vise plutôt les artistes anglophones rock, metal, dance mais n’oublions pas que cette situation se retrouve dans tous styles musicaux confondus! Que ce soit le R’n’B, le folk, le country, le Ska, le Punk, l’industriel et même chez les artistes qui expriment leur art en français! Tous ces styles sont ignorés par l’industrie musicale politiquement correcte.

En conclusion… à 1700 mots près

Des milliers de mots pour vous dire que le talent existe au Québec. Ce n’est pas parce que je n’aime pas la culture populaire québécoise et son vedettariat que je n’aime pas le Québec. Au contraire, j’aimerais envahir le monde entier avec les produits et artistes québécois. Je rêve d’un Québec où les décideurs miseront sur les talents exportables afin de financer, par ricochet, la culture locale. Je rêve de voir des gens aux commandes, avec de la vision, qui vont tourner des séries en anglais pour pouvoir les exporter et rapporter de l’argent frais dans notre province afin de produire des séries de qualités pour la francophonie. Pourquoi pas une série historique sur Nikola Tesla qui serait tourné en anglais et exportable dans le monde entier? Vous n’y avez jamais pensé à celle-là hein :p

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Jean-François Cloutier

Je suis le fondateur de TVQC.com. Vous êtes passionnés de séries télévisées et vous trouvez que les médias de masse traditionnels font piètre figure à ce niveau? Soyez sans crainte, nous aussi!