Accueil » Nouvelles » À la Une » Du berceau à la tombe – la culture québécoise prend soins de vous

Du berceau à la tombe – la culture québécoise prend soins de vous

Je vais essayer de vous expliquer concrètement ce que représente l’auditoire du dimanche soir au Québec par rapport aux États-Unis.

Afin de prendre un peu de recule, je vais utiliser les statistiques BBM de la semaine du 27 septembre 2009. Aussi, cette date était le grand combat en début de saison entre Le banquier et Tout le monde en parle. Le phénomène du dimanche soir au Québec est unique au monde et accapare 70% de part de marché. Ce sont des cotes d’écoute dont les réseaux américains peuvent seulement rêver.

BBM-Canada

Ce qui fait la particularité de ce phénomène culturel québécois est que cette grande messe télévisuelle est un événement régulier le dimanche soir. Les deux principaux réseaux télévisuels francophones, Radio-Canada et TVA, ratissent ensemble plus des deux tiers de l’ensemble des téléspectateurs de langue française. TVA a remporté la soirée d’ouverture de la saison le 27 septembre dernier avec une édition spéciale thématique hockey du Banquier, version québécoise de Deal or No Deal. Cet épisode avait présenté les anciennes vedettes de l’équipe de hockey des Canadiens de Montréal tels que Jean Béliveau et Guy Lafleur et avait attiré 2,4 millions de téléspectateurs. TVA avait également attiré 1,7 million de téléspectateurs avec sa télé-réalité Occupation double qui était filmée cette saison en République dominicaine.

Radio-Canada a aussi très bien fait pendant cette soirée clouant près de 1.7 million de Québécois sur leur fauteuil avec leur talk-show vedette Tout le monde en parle animé par Guy A. Lepage. L’émission est une adaptation québécoise d’une émission française diffusée sur France 2 de 1998 à 2006. Elle était animée par Thierry Ardisson. Cette émission a été remplace par l’excellent On n’est pas couché animée par Laurent Ruquier. L’émission mélange divertissement, culture et politique, aux côtés des deux polémistes Éric Zemmour et Éric Naulleau.

Le dimanche soir est le grand soir pour les réseaux de télévision québécois et ses émissions phares. C’est de cela que les gens vont discuter à la machine à café au travail le jour suivant. Au cours d’une semaine normale, les trois réseaux principaux, TVA, Radio-Canada et le tout nouveau réseau remanié V (anciennement TQS), ont une part de marché d’environ 46% qu’ils partagent avec les réseaux câblés spécialisés de langue française.

Le top 20 BBM démontre que, peu importe la semaine, ce sont toutes des productions locales de langue française qui règnent. Dans la semaine du 14 au 20 septembre, la première émission américaine à apparaitre au palmarès était en 30e position et il s’agissait de la version doublée de House, renommée Dr House au Québec.

Selon Marc Pichette, directeur des relations publiques chez Radio-Canada, c’est une question de culture : «Nous avons notre propre star système, avec des magazines et émissions de variétés qui font leur promotion».

Questionnement
Je crois aussi que c’est un phénomène culturel, mais est-ce que ce microcosme culturel est bon ou mauvais pour les Québécois et pour sa culture? Est-ce que les différents monopoles médiatiques abrutissent la population ou au contraire préservent cette culture si chère aux yeux des Québécois? Une culture qui a un fort pouvoir local, mais plus ou moins anémique à l’extérieur du Québec, mais avec des médias qui distordent cette réalité, est-ce éthique et correct? Vivons-nous dans une bulle culturelle un peu irréaliste où les Québécois sont gavés de cette culture de force comme des canards? Est-ce que l’unilinguisme francophone est une tare à notre évolution et au renforcement de notre culture justement?

Je ne sais pas trop, je suis perplexe sur ce phénomène et je crois que c’est un couteau à deux tranchants. Avoir une culture forte, c’est très bien, mais quand cette culture se résume au Banquier, Occupation double, La petite vie ou à s’abreuver des paroles de Guy A. Lepage et ses invités, je pense que ça devient problématique. Je veux bien croire que les Québécois aiment se divertir et aiment les émissions légères — pour ne pas dire souvent totalement débiles. Les bulletins de nouvelles sont souvent biaisés et passent à côté de nouvelles et d’événements importants ou de buzz qui ne sont pas nécessairement importants, mais dont il serait intéressant de voir les réseaux embarquer dans l’engouement.

Parfois, il y a des choses qui se passent au niveau culturel, médiatique, technologique ou scientifique qui ne sont pas discuté ou même mentionnées. Un bel exemple est le Climategate. Les médias du monde entier en discutent (à tord ou à raison, que ce soit vrai ou non), alors qu’au Québec, c’est le silence. Quelques articles ici et là, mais sans plus. Par contre, TVA va prendre un bon 5 minutes pour nous parler d’une mouche dans un beigne!

C’est inacceptable que les réseaux de télévision diffusent ces pitreries. Le fait que des réseaux importants tels que TVA diffusent de telles débilités pendant leur bulletin de nouvelles révèle que cette niaiserie a réussi à passer à travers toutes sortes de filtres et d’autorisations avant de passer à la télévision, ce qui me choque royalement! Qui est-ce qui n’a pas fait son travail?

Le résultat
Les cotes d’écoute impressionnantes du dimanche soir sont un peu le résultat de la diffusion de pitreries à profusion sur les ondes télévisuelles québécoises, tout réseau confondu, mis à part quelques chaînes spécialisées et Télé-Québec, qui je dois l’avouer fait du bon travail. Même si je ne suis pas admirateur de leurs productions, ils innovent et produisent des émissions intelligentes, mais surtout ils respectent leurs auditeurs.

Le système de marketing des différents médias québécois est tellement bien organisé qu’ils n’ont même pas besoin de publiciser leurs produits à l’extérieur de leurs propres réseaux de publicité! Lorsqu’ils lancent une nouvelle série ou une nouvelle émission, tout ce qu’ils ont à faire c’est d’assommer le poisson a coup de publicité dans leurs magazines, leurs journaux et passer en boucle des publicités dans leurs radios et à leur station de télévision et gare à celui qui oserait mettre en doute cette technique digne des pires cauchemars Orwelien.

Les résultat concret sont visible avec les statistique BBM du Québec (francophone). C’est ahurissant de voir le tas de niaiseries qui règne en roi et maître absolu sur le palmarès télévisuel québécois. Quelques exemples:
7 au 13 décembre 2009
30 novembre au 6 décembre 2009
12 au 18 octobre 2009
31 août au 6 septembre 2009

Devons-nous être fiers de ces résultats? Un belle compilation de jeux, voyeurisme et émissions stupides, et c’est ce que nous voulons protéger?? C’est cela notre fierté nationale?? La petite vie, La poule aux œufs d’or, Le banquier, Les gags Juste pour rire… par chance qu’il y a des Yamaska, Aveux et La galère — et encore là, c’est de la grosse dramatique de braillage… Tout le monde est cerné, tout le monde pleure, les personnages sont en crise existentielle : une vraie dépression télévisuelle collective. Donc, je me reprends, par chance que nous avons Les parents, Pure laine (R.I.P.), les Kiki tronic et quelques autres.


Les télétubbies

La technique Télétubies, qui consiste à matraquer le consommateur sans arrêt du même produit, est la technique fétiche utilisée par tout ces réseaux : ils matraquent la collectivité québécoise de leurs émissions et de leurs produits partout afin de bien le prendre dans le filet télévisuel et de la consommation de leurs produits souvent infecte au bien-être mental d’un être humain normalement constitué. 😛 Tout d’un coup, des séries comme L’auberge du chien noir deviennent de grandes séries avec des scénarios intelligents, Le banquier devient un jeu vertueux qui distribue aux pauvres et aux moins nantis de notre société, ce qui nous donnes droit à une grosse madame qui se roule à terre (le site TVA est trop cheap pour faire des vidéo intégrables) et qui se débat comme une truite hors de l’eau!! Le banquier est comme le Robin des bois des réseaux de télévision!! Pénétration Occupation double devient une séance de voyeurisme qui frôle la pornographie, le passage d’un artiste à Tout le monde en parle devient incontournable et le grand prêtre Guy A. Lepage a le pouvoir de vie ou de mort sur l’artiste ou politicien qui s’y présente, sans oublier l’ADISQ qui est un festival de chauvinisme et flatteries incestueuse.

Ce n’est pas compliqué, ils nous suivent jusqu’à notre épicerie!! Quand vous attendez à la caisse pour payer vos carottes et votre steak haché, vous êtes bombardé de magasines de l’empire!! Vous avez les faces des gens du réseau artistique québécois en permanence partout ou vous allez à la manière des régimes fascistes des années 40 et leur système de propagande, mais au lieu d’être des juifs, des Allemands ou des communistes, nous somme assommé de Sylvain Cosette, Mario Pelchat, Occupation double, Star Académie, Éric Lapointe etc. TOUJOURS les même partout murs à murs. C’est bien juste s’ils ne vous suivent pas aux chiottes. Mais encore, c’est quoi que nous lisons sur le trône? Le Journal de Québec/Montréal… :s La société québécoise ne s’en sortira jamais et elle est prise sous le joug de quelques décideurs qui vous disent ce qui est bon et ce qui est mauvais, et vous devez faire avec, et ce, surtout si vous êtes unilingue francophone. Vous êtes condamné à devenir un zombie culturel québécois!! Du berceau à la tombe, vous êtes entre les bonnes mains de l’industrie culturelle et médiatique québécoise.

Articles connexes

Jean-François Cloutier

Je suis le fondateur de TVQC.com. Vous êtes passionnés de séries télévisées et vous trouvez que les médias de masse traditionnels font piètre figure à ce niveau? Soyez sans crainte, nous aussi!