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Je porte le voile: La femme qui ne contrôlait pas son destin.

Le documentaire portant sur le port du voile islamique diffusé sur RDI ce soir oscillait entre l’espoir et le désespoir complet.

Globalement, le film porte sur une femme-mouton, une suiveuse qui, croyant évoluer au rythme de sa propre liberté, se retrouve à se soumettre aux différentes personnes qui l’entourent. On a le goût d’applaudir à la fin quand elle décide d’enlever son voile, mais on comprend bien qu’il s’agit essentiellement d’un choix esthétique, et qu’elle continuera de se soumettre aux dogmes religieux qui lui sont imposés par un gars qui a écrit un livre il y a 1400 ans. Triste histoire d’une soumise qui cherche à qui se soumettre.

Tout commence quand elle rencontre un homme musulman il y a plusieurs années. Première soumission, à son mari. Comme par hasard, c’est précisément au moment où elle tombe amoureuse de cet homme qu’elle sent l’appel de dieu vers l’Islam. Le mari, on le voit au début du film. Sa femme lui pose la question: ‘Que ferais-tu si ta fille décide de ne pas porter le voile ?’. À cela il répond qu’il ne la battra pas. Mais quelle grandeur d’âme. Quel grand homme. Il fait l’honneur à sa fille de ne pas la battre. Ça c’est le musulman du 21e siècle, un homme moderne et ouvert. Ensuite il dit à sa fille : ‘Le choix de porter le voile tu peux le faire un peu plus tard, ça ne dérange pas si ça prend un peu plus de temps. L’important c’est que tu fasses comme ta mère. Fais comme ta mère et tout ira bien. Fais ta prière, et le voile tu le mettras quand tu seras prête.’. Très intéressant. Parce que les musulmans convertisseurs qui cherchent des québécoises à convertir depuis quelques années et qui s’affichent à la télévision ne cessent de discourir dans les documentaires prêchi-prêcha sur l’ouverture, sur le fait qu’il est important d’accepter les choix de tous, de laisser les gens libres de suivre leur foi. Visiblement, ils ne laissent pas cette liberté à leurs propres enfants. Les douleurs que ces québécoises converties à l’Islam imposent à leurs parents catholiques en se convertissant, elles ne voudraient jamais que leurs enfants leur impose à elles ou à leur mari. Dans les 30 premières minutes du documentaires, on entend au moins 5 fois la mère dire à sa fille : En tout cas tu es musulmane ça c’est sûr, peu importe si tu ne portes pas le voile. Ah oui ? J’aurais aimé entendre la fille sur le sujet.

Ensuite, on rencontre les parents de la réalisatrice, qui sont probablement les seules personnes sensées dans l’ensemble du documentaire. Cette scène est très intéressante car on y apprend que les parents sont en total désaccord avec le choix de vie de leur fille. Leur souhait est que les petits enfants ne restent pas dans la religion musulmane. Du propre aveux de la réalisatrice, sous forme de narration, cette rencontre avec ses parents la fait réfléchir sur son choix de porter le voile. Elle remet tout en question quant au port du voile. Deuxième soumission, à ses parents. C’est après quelques rencontres avec des femmes musulmanes qu’elle décide d’enlever le voile. Elle nous explique alors qu’elle portait le voile par conformisme et parce qu’elle était entourée de femmes portant le voile. Troisième soumission, au milieu social.

Finalement l’histoire du voile, c’est une histoire de soumission. De soumission à dieu, de soumission au milieu social, de soumission au conjoint. Le film ne laisse pas de doute là-dessus. On peut souscrire à la néo-vision du voile qu’on nous sort depuis quelques années, qu’il s’agit d’un cheminement personnel, d’un choix, d’une décision que la musulmane prend lorsqu’elle est prête et qu’elle le veut, or je vous le garantis, il n’y a pas de choix libre dans un tel contexte de pression social. Il n’y a pas de choix libre quand votre père vous dit que vous pouvez prendre votre temps mais qu’un jour ou l’autre vous devrez le porter. Il n’y a pas de choix libre quand c’est la seule façon d’accéder à certaines mosquées. Il n’y a pas de choix libre quand toutes s’entendent pour dire que le commandement est une prescription venant directement de Dieu et qu’on pourrait avoir des problèmes lorsqu’on se retrouvera devant Dieu si l’on n’a pas porté le voile. En laissant un espace publique démesuré à ces québécoises converties à l’Islam depuis quelques années à la télévision québécoise, on empêche non seulement la diffusion de documentaires sur les gens les plus intéressants et les plus intelligents de notre société, mais on tire la société québécoise vers le bas, vers le passé, vers ce qu’elle était il y a 100 ans. Plutôt que de la projeter vers l’avant, on encourage les comportements et les idées religieuses passéistes qui substituent à la libre pensée la soumission aveugle et stupide.

En dehors du domaine religieux, j’aimerais commenter la qualité du documentaire en tant que tel. Il s’agit d’un documentaire de très basse qualité. Quand vous êtes réalisatrice, sujet principal, narratrice, et interviewée, il faut commencer à se poser la question si ce dont on a besoin ce n’est pas plus d’une psycho-thérapie que d’un documentaire.

le TViste, article original

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