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L’ouverture à sens unique.

Depuis quelques années, la société québécoise se laisse joyeusement gaver des documentaires télévisés prêchi-prêcha sur l’ouverture à l’autre. L’entreprise de culpabilisation massive prise en charge par une poignée de magnats du média québécois me paraît exagérée, surtout considérant que le Québec a une historique d’ouverture à l’autre bien établie. Effectivement les différentes minorités n’ont pas à se plaindre du Québec; il s’agit d’une des sociétés les plus ouvertes qui soit. Nous sommes des leaders en Amérique du nord pour l’accueil des immigrants, l’acceptation des différences comme l’homosexualité et pour l’égalité entre les hommes et les femmes. Malgré tout on pourrait argumenter que l’acceptation, c’est comme les vitamines: on en a jamais assez, et qu’en ce sens les efforts de culpabilisation de la société québécoise quant à sa façon d’accueillir les immigrants est justifiée puisqu’elle mènera potentiellement à une amélioration du vivre-ensemble déjà extrêmement confortable des québécois et des nouveaux arrivants. D’accord.

Mais le problème c’est quand les tenants même de cette idéologie de l’acceptation aveugle de l’autre, du respect des mentalités qui nous sont étrangères, et du moussage de l’intérêt de la diversité se montrent incapables, de leur côté, à accepter que des personnes pensent différemment d’eux et s’engagent activement dans un effort de décrédibilisation et même de censure de tout ce qui pourrait ne pas aller dans le sens de leur opinion. C’est avec cet effort actif de cette intelligentsia de l’ouverture qui vous accusent de racisme dès que vous dites que vous n’êtes pas d’accord qu’on atteint l’état actuel du Québec : une théocratie du multi-culturalisme où toutes les opinions n’ont pas droit égal à la citation. C’est précisément ce qui s’est passé hier alors que je publiais un article sur Je porte le voile, un documentaire dans la veine du prêchi-prêcha comme il s’en produit en série au Québec ces dernières années. J’exprimais alors mon opinion très simple sur le documentaire et sur la question du voile: c’est un retour en arrière de 100 ans pour le Québec, c’est un signe de soumission, et il est fort souhaitable que le plus de musulmanes possible se retirent de cette pratique. L’article a aussi été publié sur TVQC, où certains utilisateurs ont commencé à me traiter d’extrémiste raciste (!). L’opérateur du site web TVQC a décidé de faire un peu de publicité sur mon article qu’il jugeait intéressant. Il a mentionné mon billet sur la page Facebook du film. Il semble que les opérateurs de cette page, proches de la réalisatrice, ont décidé de censurer la publication de mon billet de blogue. Résultat, on se retrouve avec une belle dizaine de commentaires venant visiblement de musulmans qui ont adoré le film. Aucune discordance, on a éliminé toute personne qui est en désaccord et toute référence à une autre opinion que celles de ceux qui ont aimé le film et qui adorent le port du voile.

Et après on me dit que c’est moi l’intolérant ? Pas sûr. J’aimerais dire 2 choses aux gens qui gèrent cette page Facebook: D’abord bienvenue au Québec, où le désaccord est accepté. Ensuite bienvenue sur l’Internet, où les gens qui ont des opinions différentes aux vôtres peuvent les exprimer sans avoir peur de se faire censurer. C’est une chose que d’utiliser les médias sociaux et de prêcher l’ouverture, c’en ait une autre que de vivre à la hauteur des principes que l’on croit défendre.

le TViste, article original

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