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Pas de Bye Bye pour les québécois et pas de remplacement digne de ce nom.

Notre temps des fêtes 2009-2010 se sera déroulé en laissant un gros vide au niveau de la revue humoristique de l’année.

Plutôt que de faire un seul Bye Bye qui soit bon, on a éparpillé les efforts à gauche et à droite, ce qui a mené à une multitude de petites émissions humoristiques inintéressantes. Rappelons qu’au début de l’année, un groupe de terroristes armés de mauvaise foi et d’armes de culpabilisation massive avaient fait des pressions pour annuler la production du Bye Bye 2009 afin qu’il ne nous reste plus rien en cette société qui nous différencie des américain ou des autres. Ils ont réussi.

Une offre de remplacement intéressante aurait pu venir de l’Adieu 2009 des Super Matozoides auquel était associé quelques bon noms du milieu de l’humour. Malheureusement, l’écriture a fait défaut. Les blagues tombent à plat et ratent l’essentiel. Pourquoi faire une blague-chanson sur le départ de Latendresse et sa blonde alors que s’il y a une blonde du Canadien de Montréal qui mérite son sketch c’est celle qui anime La maison de Maxim Lapierre. L’imitation de Falardeau, très mauvaise et sans contenu. Falardeau avait sa personnalité, il donnait en masse de stock à l’humoriste qui aurait voulu le parodier. De le dépeindre simplement comme un gars qui sacre, ça donne rien, Falardeau c’était plus que ça. C’était un révolté. C’était un insoumis, et il méritait mieux comme imitation. Il y avait aussi moyen de faire un meilleur sketch sur Stephen Harper. Il y avait aussi un bien plus gros travail à faire avec Michaelle Jean. Mauvaise idée que de cacher sa personnalité sous un sketch à chanson. Les références à Earl Jones, sans intérêt fait comme ça. Il faut vite s’affairer à trouver de la relève québécoise en écriture de sketchs humoristiques, sinon on se retrouvera devant rien quand les gars de RBO décéderont.

Puis il y avait le CIAO 2009, qui s’appelaient d’abord ByeBye2009.com et qui ont reçu des menaces légales de Radio-Canada pour qu’ils cessent d’utiliser le nom Bye Bye. Si Radio-Canada voulait se montrer à la hauteur du Bye Bye, qu’ils en produisent un. S’ils ne veulent pas en produire, qu’ils laissent les gens libres d’en créer un. Ceci étant dit, le CIAO 2009 traîne aussi de la patte, tout comme l’Adieu 2009 des Super Matozoides. La personnification des années 2008, 2009 et 2010 par des acteurs, pas intéressant. Il y avait des fautes d’orthographes assez primaires comme ‘Véronique Cloutier et Louis Morissette tentes de se sortir de la merde’. Le temps passé sur les questions de mise en demeure de la part de Radio-Canada était beaucoup trop grand. On peut faire un clin d’oeil, mais faire 2-3 sketchs là-dessus, c’est ridicule. C’est la même chose qui s’est passé avec Pierre Côté au début, il passait tellement de temps à parler de trucs techniques qu’il oubliait de produire un vrai contenu. Les producteurs de contenu web doivent s’enlever de la tête que les gens sont intéressés à entendre leurs complaintes quant aux aspects techniques auxquels ils sont confrontés. Les imitations d’Anne-Marie Losique auraient pu être combinées à un propos intelligent, mais ça n’a pas été le cas. Les références à la politique québécoise passait à côté de la track. La première étape pour écrire un sketch d’humour à saveur politique, c’est de comprendre la politique et de comprendre la société québécoise, ce qui fait visiblement défaut chez les jeunes écrivains d’humour québécois. Les réalisateurs qui étaient filmés entre chaque sketch, ça ne menait nulle part. L’hommage aux militaires canadiens morts à la fin, ça faisait pitié. Les Bye Bye de RBO se moquaient de l’armée canadienne, ils ne leur rendaient pas hommage. Et le retour constant des mêmes personnages fictifs tout au long du vidéo n’apportait rien. Aussi, comment peut-on prendre 5 minutes pour parler de Lady GaGa, alors que plusieurs sujets importants concernant la société québécoise n’ont pas du tout été abordés ? Tiger Woods, Lady GaGa, Michael Jackson, le Québec sera dépouillé de toute sa spécificité culturelle lorsque cette génération dénationalisée écriront les sketchs d’humour de demain.

Pourtant ces initiatives étaient bien filmées et les bouts musicaux étaient biens faits. Le problème de la télévision du web n’est pas tant la qualité technique que l’intelligence du propos. On voit clairement le résultat du système d’éducation québécois, qui a été très bon à former des jeunes qui donnent l’impression qu’ils s’intéressent au monde; des jeunes qui recyclent gentiment leur canne de jus, qui disent avoir des valeurs, mais qui sont incapables d’exprimer le pourquoi, le comment, et qui sont incapables d’intégrer ces valeurs à un propos intelligent, choquant, ou même simplement intéressant. On a formé une génération à être très agile avec l’ordinateur, capables d’utiliser Adobe Premiere Pro, mais incapables d’avoir leur propre opinion sur le monde autre que le je veux sauver la planète qu’on leur a rentré dans la tête.

Ceci étant dit à propos de la télévision du web, la télévision traditionnelle n’a pas été à la hauteur non plus cette année. Les sketchs de RBO à Tout le monde en parle était peut-être ce qu’il y avait de meilleur, mais c’était trop peu. C’est sans parler du pathétique Dieu Merci! spécial avec la même formule ridicule qui font de cette émission l’une des pires du cortège télévisuel québécois actuel. Jamais l’improvisation n’aura-t-elle été autant dépouillé de son intérêt.

L’avenir est sombre pour l’humour québécois. J’attends une lumière.

le TViste

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