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Le cirque olympique

On peut dire qu’on en a pour notre argent cette année avec la couverture pathétique des olympiques de Vancouver. J’avais d’abord prédit en Décembre que la couverture par l’ensemble des médias allait tendre vers la propagande canadienne et c’est ce à quoi nous assistons. Cependant je n’aurais pu prédire que les olympiques de Vancouver allaient tourner à un tel cirque.

D’abord V se montre complètement inapte à diffuser un évènement sportif de cet envergure. Aujourd’hui ils nous ont joué en boucle pendant toute la journée leur petit remix des moments les plus importants avec l’insignifiante musique de Marie-Mai. Plutôt que de cultiver une pseudo-fierté canadienne et nous montrer seulement les compétiteurs canadiens, pourquoi ne pas nous montrer l’ensemble des compétitions ? Ça vaudrait certainement mieux que de rejouer la descente de la skieuse canadienne et de ses plus proches compétitrices 10 fois dans la journée. Ensuite on a entouré ces jeux de pleins de gugusses sans intérêts qui ne font que nuire à la qualité des émissions. On a appelé l’émission du matin Le Réveil Olympique et les chroniqueurs qui interviennent se souhaitent Bon Réveil Olympique avant de commencer leurs chroniques. Comme si on voulait pousser avec trop de force l’idée que pendant les jeux olympiques, on change complètement de style de vie.

Mais c’est du côté de Radio-Canada que les efforts de propagandes auront été les plus marqués. Hier soir, on diffusait un spectacle qui s’appelait D’un océan à l’autre. Le spectacle était à la hauteur du titre, qui aurait aussi très bien pu être le titre d’un exposé oral d’un ontarien de 6 ans. Le but était de célébrer la culture francophone au Canada, un peu comme on aurait pu célébrer la culture indienne ou la culture grecque au Canada, pas plus. D’abord l’évènement était triplement commandité par nos taxes: il y avait une grande bannière à gauche de la scène qui disait ‘Canada’, une autre qui disait ‘Air Canada’, et le tout était filmé par un équipement mobile impressionnante et diffusé par ‘Radio-Canada’. Strike 3, batter’s out; avec autant de symboles canadiens les organisateurs ont dû se limiter à inviter des artistes clairement non-indépendantistes, pour ne pas dire ouvertement fédéralistes. Il y avait Yann Perreault, Damien Robitaille, Radio Radio. Si ce que j’ai vu hier représente la ‘francophonie canadienne’, aussi bien inscrire le peuple québécois comme culture en voix de disparition. Si seulement toutes ces ressources avaient été dépensées pour quelque chose d’utile, mais non, il y avait plus de gardes de sécurité que de gens du public. La foule devait être constitué d’environs 200 personnes au début du show, probablement des gens qui passaient par là et qui étaient attirés par le bruit que l’on présentait comme de la musique. Les efforts de Yann Perreault pour faire applaudir la foule plus fort auront été vains; on entendait rien.

L’une des constantes du cirque olympique qui ne manque pas à chaque 2 ans, c’est la stupidité tout à fait particulière des athlètes. Le corps humain a ses limites; quand vous choisissez de le pousser à son maximum au niveau physique en l’entrainant 8 heures par jour pour qu’il puisse descendre une pente de ski 10 millisecondes plus rapidement qu’un autre, c’est autant de temps que vous ne passez pas à vous cultiver. Ainsi on a droit aux beaux discours à la fin des performances, mais aucune réflexion. Aucune évolution. Comme l’athlète d’il y a 2 an, puis celui d’il y a 4 ans, celui de cette année est aussi content du support qu’il a reçu de sa famille, de ses parents, de son entraîneur, et du Canada. L’une des athlètes anglophones avait de la difficulté à articuler d’autres phrases que ‘Je suis fière d’être canadien’ (non tu n’es pas canadien tu es canadienne) ou ‘Je remercie le Canada merci beaucoup.’. Savent-elles au moins ce qu’elles remercient ? Et les animateurs jouent le jeu en nous disant qu’ils trouvent ça tellement beau cette jeunesse, cet espoir. Si nos espoirs reposent sur des gens qui descendent des pentes ou qui patinent vite, ça va mal.

Mais il y a quand même de l’espoir. Il y a ces manifestations pour on ne sait trop quelle raison, et c’est ce qui fait que c’est intéressant. Ces groupes qui manifestent dans les rues sont probablement très hétérogènes; il y a des communistes, des amérindiens, des alter-mondialistes, ou simplement des gens qui n’aiment pas la société comme elle est présentement et qui veulent du changement dans n’importe quel sens. C’est drôle parce que les olympiques deviennent le diviseur, l’évènement par lequel on distingue le révolté du mouton. Les olympiques, c’est comme le bouton d’ordinateur sur lequel il fallait appuyer à chaque 108 minutes pour sauver le monde dans l’émission Lost: Vous y croyez, ou vous n’y croyez pas. Il n’y a pas vraiment d’argumentation valable; il y a deux côtés et vous joignez celui que vous préférez. Bienvenue dans le cirque olympique.

le TViste, article original

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