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Vancouver 2010 en Europe

Les JO de Vancouver tirent présentement à leur fin et ils auront été les jeux d’hiver les plus regardés de l’histoire selon le CIO. Mais qu’est-ce ça a eu l’air ailleurs?


D’abord, la télédiffusion des Jeux Olympiques en Europe est avant-tout un domaine réservé à l’audiovisuel public. L’Union Européenne de Radiodiffusion achète les droits pour tous ses membres, constituant ainsi le deuxième acheteur de droits après NBC. Après, c’est à chaque diffuseur national de déterminer comment il compte utiliser la couverture rendue disponible. Au niveau continental, la chaîne Eurosport présente de nombreuses heures de matériel chaque jour et, par le biais d’internet, les téléspectateurs européens ont accès au streaming vidéo de toutes les chaînes présentant les JO sur le continent ainsi que du contenu supplémentaire au cas où l’épreuve désirée ne serait pas diffusée par aucun des membres.

À noter également une différence fondamentale avec ce que nous connaissons au Canada. En Europe, on programme généralement une épreuve dans l’horaire et on la passe entièrement. Par exemple, un coup d’oeil à l’horaire télé allemand vous dira qu’à 18:00 c’est du ski, à 21:15 du hockey féminin, à 00:00 du curling… vous voyez le genre.

La Scandinavie:

Vancouver 2010, c’est presque la « revanche » pour le diffuseur public norvégien NRK, qui ne partage plus la télédiffusion avec son concurrent privé TV2. Pour la première fois de son histoire, les émissions seront entièrement produites à Vancouver et non à Oslo. Dès le 12 février à 20:05, NRK1 émet en HD spécialement pour les jeux. La plus vieille chaîne de Norvège a également fait du jamais vu, les Olympiques occupant une moyenne de 22 heures d’antenne par jour. Plusieurs épreuves sont également présentées sur NRK2 et sur la station de radio NRK P1. C’est le premier « mur-à-mur olympique » pour la Norvège, alors qu’au Canada c’est la norme depuis 1976.

À côté, Sveriges Television suit sensiblement le même modèle qu’au cours des dernières années. En soirée et au cours de la nuit, jusqu’à trois évènements peuvent être présentés simultanément sur SVT1, SVT2 et la chaîne numérique SVT24. Le signal de SVT1 est disponible en HD. Les blocs nocturnes sont également en reprise pendant la journée. Stockholm et Vancouver sont en duplex entre deux plateaux.

Bilinguisme oblige, la finlandaise YLE TV2 diffuse les descriptions sur deux canaux audio (finnois et suédois) mais n’offre qu’une chaîne vidéo en continu contrairement à ses voisins (à certains moments, YLE FST5 – le canal suédois – offre une épreuve alternative). Le bloc de programmation olympique est présenté sans interruption pendant 12 heures et repris intégralement, par satellite, sur TV Finland.

Moins friands de sports d’hiver et n’ayant que pour seules chances de médailles le curling, les Danois devront syntoniser les canaux de leurs voisins car DR et TV2 consacrent moins de temps d’antenne aux JO que NRK ou SVT. DR1, DR2, DR HD, TV2 , TV2 Zulu et TV2 Sport ont plutôt tendance à alterner les épreuves entre elles plutôt qu’offrir différentes compétitions aux mêmes heures comme c’est le cas au Canada ou en Suède. Sur internet, les deux sites sont inférieurs à l’offre norvégienne et suédoise également. Enfin, une petite point d’ironie: Go’ Morgen Danmark déménage à Vancouver sous le titre « Go’ Morgen Danmark i sneen » (dans la neige), alors que cette année il y a plus de neige au Danemark qu’à Vancouver.

Les régions autonomes danoises, comme toujours, ne produisent pas elles-mêmes la couverture mais reprennent sur leur chaîne de télévision celle du continent et ce malgré la différence linguistique. Au Groenland, KNR choisit les épreuves et s’alimente à la chaîne danoise correspondante. Peut-être par mécontentement envers DR et TV2, SVF, la télévision des Iles Féroé, a plutôt choisi l’intégrale de NRK1 qu’elle rejoint dès la fin de ses propres émissions.

Ce n’est pas tant le faible intérêt de son public que ses faibles moyens qui font que la télévision islandaise ne peut offrir plus. À l’exception du résumé quotidien, en studio à Reykjavik, toutes les épreuves présentées sont décrites par une seule voix off et, au lieu d’un long bloc continu avec un peu de tout, ce ne sont que quelques sports dont les compétitions sont diffusées en intégralité en fin de soirée et une partie de la nuit. Le canal « Extra », qui sert rarement, est mis à contribution afin de permettre la diffusions d’épreuves en direct en soirée. Et, s’ils en veulent plus, les Islandais peuvent toujours regarder une chaîne étrangère sur le câble.

On dit que les sports de montagne (ski, biathlon, etc) sont les plus populaires, de même que le curling et le tournoi de hockey. Et laissez moi vous dire qu’en plus d’avoir leurs voisins comme adversaires, l’autre « gang à battre », c’est le Canada et les États-Unis!

Un chiffre: 1485000 Norvégiens ont vu la performance du biathlète Emil Hegle Svendsen, ce qui représente 70% de parts de marché pour NRK1 à ce moment et une des 30 plus grandes audiences de l’histoire de la télévision norvégienne. Au premier weekend des jeux, NRK avait déjà 4 évènements en haut du million de téléspectateurs et 7 des émissions les plus regardées de la semaine (donc les 3 premiers jours des JO) étaient des retransmissions de Vancouver 2010. En fait, les Norvégiens regardent tellement les Jeux que les chaînes concurrentes ont préféré faire une pause de programmation originale en ne présentant que des reprises pendant 2 semaines. À l’inverse, la plus haute audience danoise est de 341000 pour du curling féminin – score très respectable considérant l’heure: 23:00 à 01:50!

Allemagne, Autriche et Suisse

S’il est présent depuis environ 2 ans dans les deux pays alpins, c’est avec la cérémonie d’ouverture que l’Allemagne passe au HD. En effet, l’intégralité de la couverture olympique d’ARD et ZDF sera offerte en HD sur les canaux gratuits Das Erste HD et ZDF HD.

Les deux chaînes publiques allemandes, qui alternent chaque jour la présentation d’une vingtaine d’heures sur leur signal principal, se font régulièrement reprocher par la presse leurs grandes dépenses pour les jeux. Rien de moins que des centaines d’employés, en plus de tout le matériel, sont transportés sur le site sans aucun souci apparent d’économie. Nul doute qu’on se souvient encore de Pékin 2008, où ZDF a rapatrié toute une équipe vers l’Allemagne pour 24 heures en raison de la télédiffusion d’un match de football.

Si Das Erste et ZDF alternent chaque jour, le contenu « secondaire » reste toujours sur EinsFestival et ZDFinfokanal – rendant ainsi possible la présentation de 3 évènements en même temps. La journée typique de télédiffusion olympique débute vers 18:00 pour ce terminer le lendemain à l’heure du midi. Conformément aux dispositions allemandes sur la publicité, les téléspectateurs n’en voient qu’avant 20 heures et après 5:30 le matin.

En Autriche, où le ski remporte tous les honneurs, ORF1 consacre au moins une douzaine d’heures aux Olympiques tous les jours. C’est donc Eurosport, ainsi que les chaînes allemandes, qui permettent aux Autrichiens de voir autre chose que ce que leur télévision publique veut leur montrer. Ceci dit, ils sont habitués: comme la Suisse et la Belgique, l’Autriche est un genre de Canada anglais télévisuel, où l’offre du plus gros voisin domine le marché.

Les polyglottes amateurs d’Olympiques sont plus que servis en Suisse. Des environs de 18:00 jusqu’aux matin, TSR2 (français), SF2 (allemand) et TSI La 2 (italien) diffusent les épreuves en direct et en différé (pas nécessairement simultanément non plus). De quoi ravir les connaisseurs, qui peuvent plus s’approvisionner chez les voisins: France Télévisions, ARD/ZDF et la Rai.

Un chiffre: En chiffres absolus comme en parts de marché, les chiffres sont moins impressionnants qu’en Norvège (plus de concurrence) mais c’est aussi le biathlon qui remporte la palme des téléspectateurs en Allemagne avec plus de 7 millions. Depuis le début, les JO sont un succès auprès des Allemands au point où, lorsque c’est « son » jour, ZDF atteint des audiences au-delà de ses habitudes et que l’on dépassé la Ligue des Champions. Par contre, en Autriche, à l’exception du ski, les téléspectateurs restent peu longtemps à l’écran quoiqu’il est très probable que plusieurs préfèrent la couverture d’ARD ou ZDF à l’ORF et qu’il s’agit donc uniquement d’une défaite pour l’ORF et non les JO en général.

Grande Bretagne et France

Si les critiques des tabloids britanniques sur les installations ont fait le tour du monde, c’est envers la BBC que les amateurs de sports d’hiver du Royaume Uni doivent diriger leur déception. BBC Two n’a programmé que 160 heures de compétitions à l’antenne (2 heures en début de soirée, plus la nuit), ce qui est inférieur à ce qui se fait ailleurs, mais toutefois le Red Button ainsi que l’internet vient à leur rescousse (sans oublier quelques trucs sur BBC Three). Cependant, le site internet de la BBC est impeccable et peut même concurrencer le site officiel Vancouver 2010.

C’est déjà « mieux » dans l’Hexagone, par contre ça ne se compare toujours pas avec l’Allemagne ou le Canada ni avec les Jeux d’été. En alternance, France 2 et France 3 (France 4 à d’autres moments) présentent environ 12 heures de direct quotidiens en plus des résumés – pour un total d’environ 200. Les habitants des départements et territoires d’outre-mer, de Tahiti à Saint-Pierre-et-Miquelon, peuvent voir l’intégralité de la retransmission sur Tempo. Avouons que c’est un peu spécial dans les îles du Pacifique, les Antilles ou l’Océan Indien!

Un chiffre: Selon Médiamétrie, 4741000 Français (19%) ont suivi le combiné nordique sur France 3 dimanche 14 février. Au nord de la Manche, BBC Two n’atteint même pas 10% de parts de marchés (et seulement quelques millions) avec ses directs de soirée.

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derteilzeitberliner

Né au Saguenay il y a bientôt 27 ans, j’ai toujours eu la “tête ailleurs”. À 5 ans, j’avais déjà les deux yeux sur le globe terrestre. À l’époque, parce que j’aimais ça, je passais beaucoup de temps chez mes grands-parents maternels et c’est avec mon grand-père que j’ai commencé à lire les journaux et regarder les bulletins de nouvelles.