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Le jeu de la mort: l’homme et son éternelle soumission.

Ce soir je vous décris l’un des meilleurs moments de télévision que j’aie vécu cette année. Je vais être franc avec vous, les derniers jours sur ce blogue n’ont pas été des plus plaisants. J’ai décidé d’aller à contre-courant, parce que je crois qu’il y a une mollesse dans la société québécoise quant à la question de sa propre identité.

Il y a du beau dans cette mollesse, parce qu’elle émerge en réalité d’un sentiment de culpabilité. C’est le « et si on n’était pas assez tolérant? » qui fait tick-tack dans la tête des québécois, et qui les empêchent de voir que leur naïveté est mise à profit par une bande d’extrémistes religieux. Cette culpabilité et cette bonté du québécois moyen est tellement profonde et viscérale qu’elle s’est érigée en système médiocratique dans lequel l’expression d’une opinion allant contre le dogme multiculturaliste ou contre les religions est vu comme un cancer raciste que l’on doit ablater. C’est suite à une discussion que j’ai eue avec le blogueur Michel Monette que mon découragement a atteint son apogée. Je défendais sur son blogue les idées que je défend souvent ici, à savoir que les demandes répétées d’accommodements raisonnables mèneraient (et mènent déjà) à la pollution des milieux de travail par les consciences politiques et religieuses du personnel et qu’il deviendra très vite soit un terrain de guerre pour la diffusion agressive de diverses signes idéologiques, soit un terrain d’injustice où le symbole religieux a priorité absolue sur les symboles non-religieux. J’avais l’impression de discuter avec un zombie. Les réponses de Michel Monette me décourageaient toutes un peu plus les une que les autres, mais une de ses déclarations me choqua particulièrement:

Qu’un groupe de parlementaires de toutes tendances appellent à la tolérance ne vous émeut même pas.

Michel Monette faisait ici référence au groupe de parlementaire qui ont définit la tolérance à l’occasion de la Journée internationale 2009 de la démocratie. Peu importe. La première question qui m’est venue à l’esprit c’est depuis quand est-ce que les gens seraient obligés de s’émouvoir de ce qu’une bande de parlementaires font ? Quelle est cette crédibilité soudaine que l’on accorde aux parlementaires quand il vient question d’une soi-disant tolérance (remarquez que l’on pourrait discuter longuement à savoir si une tolérance qui tolère le voilement du visage de la moitié de l’humanité peut vraiment se qualifier comme tolérance) ? Depuis quand est-ce que l’acceptation aveugle des dictats d’une élite est présentée comme plus vertueuse qu’un refus, une résistance et un combat contre ce totalitarisme ? Mais ensuite j’en suis venu à une question beaucoup plus générale qui résultait de l’ensemble de mes expériences des dernières semaines à être qualifié de raciste sur mon blogue par la moitié de mon lectorat: Pourquoi le québécois est-il incapable de se sortir du marasme intellectuel multiculturaliste présent, pourquoi se conforme-t-il à ce point aux dictats de l’intelligentsia anti-raciste québécoise qui, n’ayant pas de racistes à combattre en nombre suffisant, s’est lancée dans une chasse aux sorcières des « possiblement racistes », des « seront peut-être un jour racistes » et des « ses propos ne sont pas racistes mais ils pourraient être interprétés comme tel alors c’est un raciste ».

C’est par pur hasard que je suis tombé sur un documentaire français diffusé il y a une semaine sur France 2 que j’ai découvert la clé à mes interrogations. Ce documentaire s’appelle Le jeu de la mort. Il démontre de manière méthodique et inquiétante que l’homme, au fond, n’est qu’un suiveux cherchant à sa conformer socialement. Et qu’il irait jusqu’à tuer pour ne pas décevoir, pour ne pas déranger et pour faire comme tout le monde.

Le documentaire a recréé l’expérience de Milgram en version télé-réalité. L’expérience originale est un classique de la psychologie sociale. Deux sujets sont placées dans des pièces séparées. Un sujet pose des questions à l’autre et le punit par des chocs électriques quand il répond incorrectement. Il ne sait pas que le deuxième sujet est en fait un acteur et ne reçoit pas vraiment les chocs. Le scientifique donne l’ordre au premier sujet de lancer les chocs électriques, qui commence à 20V et se rendent à 480V. Rendu à environs 300 V, l’acteur dit qu’il souffre trop et qu’il veut arrêter l’expérience. Le scientifique dit au premier sujet de ne pas s’inquiéter et de continuer. La plupart des gens continuent. à 400V, le sujet simule la mort et ne répond plus rien. plus de 60% des sujets continueront tout de même de suivre les ordres, même s’il croit que le deuxième sujet est inconscient ou mort. 60% des sujets se rendent jusqu’au choc de 480 V, plusieurs d’entre eux ne questionnant même pas l’autorité.

L’expérience a à peine été modifiée pour le documentaire. La seule différence étant que l’ordre ne vient pas d’un scientifique mais plutôt d’une animatrice télé. 80% des sujets dans ces conditions ont ignoré les pleurs de l’acteur, ont ignoré la perte de connaissance de l’acteur à 400 V, et ont continué à donner des chocs de plus en plus grands, jusqu’à 480V.

Le jeu de la mort montre l’homme sous une de ses facettes les plus sombres. La musique est pénétrante. Les fast-forward du trafic urbain présentent une image terrifiante de l’humanité, comme si chaque automobile et chaque conducteur n’étaient que de petits globule rouge passant à travers les autoroutes comme à travers les vaisseaux sanguins, obéissant au doigt et à l’oeil au « système ».

Quand on s’aperçoit que 80% des sujets sont prêts à donner des chocs dangereux de 480V, et ce simplement pour ne pas déranger le cours de l’émission, pour ne pas avoir l’air fou à la télévision, pour ne pas interrompre le travail de l’équipe de télévision, on comprend plus facilement comment les québécois ont pu aboutir à l’aphasie idéologique dans laquelle ils se trouvent. On comprend facilement pourquoi des commentateux de blog se font bénévolement missionnaires du multiculturalisme et de la chasse aux sorcières anti-raciste sous les commandes des Gérard Bouchard de ce monde.

Comme le documentaire le démontre, le choix de la révolte est coûteux. Les 20% qui ont demandé d’arrêter l’expérience ont dû investir tout ce qu’ils avaient de courage pour dire « non, je ne suivrai pas vos ordres, ce jeu va contre mes valeurs ». Dans le débat d’une heure qui a suivi la diffusion du documentaire sur France 2, une psychiatre disait quelque chose qui m’est arrivé dans les oreilles comme une brise de fraîcheur: il faut commencer à éduquer nos enfants à la désobéissance. Il faut apprendre aux gens à contester les ordres. Il faut cultiver la résistance, le questionnement et l’intelligence. Pendant que la France réfléchit à apprendre aux enfants à réfléchir, nous ici on crée et on défend un cours dit d’éthique et culture religieuse, conçu spécifiquement dans le but d’implanter le dogme du multiculturalisme dans la tête des enfants, sans qu’il puisse le questionner. Il y a ça de rassurant qu’au cas où le Québec continue sur la voie de l’acceptance aveugle de l’inacceptable, on pourra prendre un bateau en direction d’un pays avec des gens qui auront appris, eux, à dire « non ».

le TViste, article original

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