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Xavier Dolan, centre de l’univers

J’ai bien peur que les chercheurs du CNRS qui font tourner le plus grand accélérateur de particules au monde, à la frontière Franco-Suisse, seront déçus du résultat de leur expérience lorsqu’ils verront sur leur scan final suite à la collision des particules les plus rapides de l’univers la face de Xavier Dolan. Effectivement je doute que l’énergie libérée lors du Big Bang a non seulement servie à la création de l’univers mais a aussi fournit l’énergie de base nécessaire à faire carburer l’égo de cet homme.

Il faut effectivement avoir tout un front pour penser que le reste de l’humanité peut s’intéresser aux caprices fous de l’adolescence de ce jeune enfant-roi obsessif et mésadapté socialement qu’il utilise comme personnage principal, qu’il soit fictif ou inspiré de lui-même (ce qui constituerait doublement de l’égocentrisme). J’aurais aimé avoir une idée de la quantité de temps pendant lequel on voit sa face dans le film. Ça doit représenter plus de 99% du temps. Y a-t-il une façon plus claire de démontrer la taille de son propre égo que d’écrire, réaliser, et interpréter un film qui ne parle que de nous-même ? Si seulement on avait senti que son personnage de grande folle frustrée sans raison contre sa propre mère représentait quoi que ce soit qui puisse toucher un certain pourcentage de la population, ou même un individu au Québec, on se serait dit que c’était un film illustratif d’une réalité sociale. Mais non. Si vous trouvez le moyen de vous identifier à quelque personnage que ce soit dans ce film, je vous conseille d’aller chez le psychologue tout de suite. C’est un des grands défauts de ce film, par-dessus l’égocentrisme évident, l’imbécilité du propos, et l’incompétence cinématographique généralisée, plutôt que de présenter une situation problématique et de la décortiquer, il présente cette situation en l’exaltant, en l’exagérant, et sans aucune sorte d’approche critique, même en l’appuyant du bout des lèvres et en la normalisant. Le personnage principal, Hubert, le dit à sa mère: « C’est normal que je sois comme ça, tu m’as mal éduqué. », comme pour justifier les comportements irréalistes qu’il adopte envers sa mère. Or s’il est si conscient que ses comportements sont anormaux et qu’il en connait même la source, qu’attend-il pour y mettre fin ? C’est un autre de ces films-psychanalyse qui servent beaucoup plus à leurs auteurs qu’au public, comme j’en ai décrit dans le passé.

Comme si on n’en avait pas assez d’entendre la voie de cette princesse capricieuse frustrée contre l’ensemble de l’univers pendant le film, Xavier Dolan a prit soin d’entrecouper les scènes par d’autres scènes où il offre ses opinions personnelles devant une caméra du style filmée-à-la-main. C’est bon Xavier, on a compris, n’en rajoute pas, épargne-nous et raconte-nous une vraie histoire.

Je m’inquiète pour ce jeune auteur. Je ne crois pas qu’il ait ce qu’il faut pour tourner les films qu’on lui demandera de tourner après tout ces prix. Une fois la folie passagère passée pour son émotivité à fleur de peau, je ne crois pas qu’il pourra trouver quoi que ce soit à raconter qui puisse satisfaire même les plus accommodants des « six dans la cité ».

Au-dessus de tout ça, il vaut la peine de noter deux scènes recyclées de classiques de la télévision. D’abord la scène où il se morfond sous une douche froide, puis la scène où ils font l’amour dans la peinture. On se croirait dans un film de Léa Pool tourné par un cinéaste incompétent.

La folie médiatique qui a entouré ce film m’a poussé à l’écouter, et c’était une erreur. Ce film restera probablement un film pour intellectuels du dimanche désirant se convaincre pendant 2 heures qu’ils comprennent quelque chose que le reste de la population ne comprend pas.

le  TViste, article original

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