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55ième Eurovision: Allemagne 246 points

La première fois que j’ai regardé le Concours Eurovision de la chanson, le Danemark a gagné avec « Fly on the wings of love » des frères Olsen. France 3 avait transmis sa cassette à TV5, ce qui n’est plus arrivé depuis.

Mais comme c’était entré dans ma liste de plaisirs coupables, il n’y a pas eu une année où je n’ai pas regardé au moins 10 minutes sur internet. Et aussi stupide que ça puisse paraître, ma partie préférée est l’annonce des résultats en direct de chaque pays. Après tout, combien de fois dans l’année pouvons-nous voir de charmantes présentatrices de Roumanie, Chypre ou d’Azerbaïdjan!

S’il faut prendre le concours avec un grain de sel, on peut très bien comprendre l’intérêt massif qu’il suscite dans les pays à faible rayonnement (lire: attention whore!). Si la Géorgie gagnait, ce serait probablement la seule fois de l’histoire où une chanson géorgienne passerait à la radio espagnole.

Lorsque j’étais en Allemagne en mai 2008, personne, même pas les médias, ne parlait du concours avant le samedi après-midi. L’Angleterre finit dernière dans l’indifférence totale. Quel contraste avec l’Islande où, chaque année, les journaux passent un mois à dire « Cette fois, c’est la bonne ». J’y étais ce mois-ci et la chanson jouait sur toutes les radios à chaque heure, Hera Björk était sur toutes les revues… même les épiceries avaient des spéciaux sur tout ce qu’il faut pour bien réussir son party de l’Eurovision! Avec ça, j’accorde le bénéfice du doute aux auteurs de Iceland Review qui affirment, chaque année, que le concours vide les rues de Reykjavik.

Je l’avoue, j’ai succombé au lavage de cerveau de FM957: j’étais certain que l’Islande allait gagner, encore plus quand je l’ai vu terminer première à la demi-finale de mardi soir. Mais, il n’en est rien: l’Allemagne a rapidement atteint la première place, avec la chanson en anglais « Satellite ». Chanson que je n’aimais pas, trop « cul cul »…mais immensément mieux que la grecque!!!! Ceci dit, la télévision allemande est certainement la seule qui a les moyens d’organiser le concours l’an prochain alors plusieurs directeurs des programmes sont certainement très soulagés de ne pas avoir remporté la palme!

Des jurys professionnels ont pondéré le vote par téléphone, question d’atténuer les votes en bloc réalisés par le public. Au fil des ans, on a remarqué que voter pour son voisin sans égard à la chanson a plutôt nui aux plus grands pays, l’Angleterre au premier plan. Ceci dit, rien n’a empêché les traditionnels 12 points de la Grèce à Chypre (et vice-versa) de même que l’impact des communautés immigrantes, par exemple l’Allemagne et la Turquie, la Pologne et l’Islande.

Point de vue télévisuel, la NRK a produit un bon show dans l’amphithéâtre Telenor de Fornebu. La présence du français aurait probablement fait gricher des dents nos bons nationaleux (tout comme les performances en anglais), tout comme il risque d’avoir quelques échos à ce sujet dans la presse française (la Gazette de Berlin a d’ailleurs commencé le bal « les Allemands ont gagné mais les Français ont chanté en français »). Mais, dans l’ensemble, il y avait un bon enchainement, une bonne chimie entre les trois animateurs. Pas trop de costumes ou de coiffures extravagants, les années 80 sont terminées! Reste à voir si le concours a été un succès d’audience. En effet, nous ne sommes plus en 1980 où il n’y avait que cela à regarder…

Petit mot en terminant sur les jubilations de la presse allemande, très ironique quand on connait son indifférence face au concours (mais quand on gagne…). Pendant que 40000 personnes accueillaient la chanteuse Lena dans sa ville natale de Hanovre, les politiciens locaux ont déjà commencé à réclamer la tenue de l’évènement 2011 dans leur ville. On saura dans quelques mois qui aura séduit NDR…

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derteilzeitberliner

Né au Saguenay il y a bientôt 27 ans, j’ai toujours eu la “tête ailleurs”. À 5 ans, j’avais déjà les deux yeux sur le globe terrestre. À l’époque, parce que j’aimais ça, je passais beaucoup de temps chez mes grands-parents maternels et c’est avec mon grand-père que j’ai commencé à lire les journaux et regarder les bulletins de nouvelles.