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True Blood : analyse d’une série en pleine effervescence

C’est aujourd’hui, en ce dimanche 13 juin 2010, que reprend la troisième saison de True Blood. Déjà les fans salivent à l’idée de retrouver l’émission la plus décadente de l’heure.
Mais derrière toutes ces orgies, ces festins de sang et autres rituels sataniques, se cache un message politico-sociale qui vaut amplement la peine d’être exploré. À noter que les idées exprimées dans True Blood ne sont pas nécessairement représentatives des valeurs de l’auteur de l’article.


D’entrée de jeu, True Blood se veut une critique du racisme, de l’homophobie et de toute forme d’exclusion en général. Les vampires ne sont plus catégorisés uniquement comme de sales suceurs de sang, mais peuvent également être victimes d’une Amérique conservatrice. Mieux encore, ils revendiquent le droit de vivre avec les humains et ont constitué leur propre ligue de défense!

La première saison met en place les personnages, leurs pscychologies ainsi que les lieux où se déroule l’action. L’histoire se passe à Bon Temps, petit village fictif dans le sud des États-Unis. Un premier parallèle peut immédiatement être fait : pourquoi l’auteur initial de la légende, Charlaine Harris, a-t-elle choisi une petite ville au fin fond des États-Unis pour y développer son histoire? N’aurait-il pas été favorable de choisir une grosse ville comme Los Angeles ou New-York pour le déroulement des péripéties? Les vampires, ces êtres « décadents », n’auraient-ils pas davantage trouvé leurs comptes dans de grands centres urbains plutôt que dans une petite municipalité entourée d’arbres? Cette première constatation met en évidence une volonté claire et nette de vouloir créer une confrontation dans la série entre une idéologie dite progressiste et une plutôt conservatrice. Tout le génie du réalisateur Alan Ball (Six Feet Under) sera en mesure d’en rendre compte. Et ce n’est qu’un début.

Dès les premiers moments de la première saison, les vampires sont dépeints comme étant des étrangers, menaçants et certainement pas bienvenus parmi les habitants de Bon Temps. Il y’a nécessairement la présence d’une peur de tout ce qui est inconnu et différent. Certains parallèles peuvent immédiatement être dressés avec l’esclavage et le Ku-Klux-Klan, qui étaient jadis très présents en Lousiane (peut-être même l’état où ils étaient le plus dominant). La vidéo d’introduction, présent au début de chaque épisode, est une allusion très directe au Ku-Klux-Klan.
httpvh://www.youtube.com/watch?v=F8bGYvzU0EU
True Blood se veut également la représentation d’une opposition entre Chrétiens fondamentalistes et des gens qui pourraient plutôt êtres qualifiés de « progressistes ». Cet aspect de la série est davantage exploité au cours de la deuxième saison. À titre d’exemple, l’American Vampire League (la ligue américaine des vampires), une association de vampires et d’humains militant pour l’égalité entre les vampires et les humains, rappelle très clairement la lutte que menait Martin Luther King à l’époque pour l’égalité entre les noirs et les blancs. L’association des vampires souhaite que soit voté dans la constitution américaine le Vampire Rights Amendment, ce qui renforce encore plus le parallèle avec Luther King. Et tout ceci est très sérieux! Un site est même à la disposition des fans souhaitant se renseigner davantage! Les personnes de races noires et hispanophones prennent de plus en plus de places aux États-Unis et la série de Ball ne fait que rendre justice à ces phénomènes déjà en cours au pays.
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Mais le American Vampire League a également ses opposants, comme certains résidants de Bons Temps ainsi que la conservatrice Fellowship of the Sun (la communauté du soleil), menée par le Révérend Steve Newlin (Michael McMillian) et sa femme Sarah Newlin (Anna Camp) . La communauté est clairement orientée comme étant de droite, Chrétienne protestante et certainement anti-vampire.

Bref, True Blood se veut une série qui tire à boulet rouge sur une certaine Amérique conservatrice, celle où figure un haut taux d’appui au conservatisme religieux, cette même Amérique qui a élu le président Bush à deux reprises.

Le meilleur reste à venir.
httpvh://www.youtube.com/watch?v=Bd8Z7FfGKgM

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