Accueil » Nouvelles » À la Une » Tash ma Tash – une satire qui irrite le monde Saoudien

Tash ma Tash – une satire qui irrite le monde Saoudien

Il n’y a pas de tabou – y compris la tradition de la polygamie chérie par de nombreux hommes musulmans – dans la série télévisée la plus populaire en Arabie au cours du mois de jeûne du ramadan.

Abordant les croyances islamiques conservatrices Tash ma Tash a de nouveau suscité rires et polémiques ce mois-ci en présentant une femme musulmane qui ne veut pas être mariée à quatre maris, mais qui veut aussi divorcer de l’un d’eux afin d’en épouser un autre.

L’épisode fût acclamé par les femmes saoudiennes, mais a été accueillie avec colère par les érudits religieux, l’un d’eux a même demandé l’arrestation de producteurs de l’émission.

« Je lance un appel au Serviteur des Deux Saintes Mosquées (le roi saoudien Abdullah) pour amener les producteurs et la chaîne qui diffuse cette série à un procès », s’est exclamé le cheikh Saad al-Buraik sur la chaîne religieuse saoudienne Dalil quelques heures après la diffusion de l’épisode.

Plonger dans l’interdit et provoquer la colère des religieux ultraconservateurs de l’Arabie saoudite n’a rien de nouveau pour Tash Ma Tash – nommé d’après un jeu similaire à notre « Pile ou face » en Arabie.

Diffusé annuellement aux heures de grande écoute durant la période du ramadan par la station de télévision située à Dubaï, en Arabie et appartenant diffuseur satellite MBC, les progressistes et les conservateurs attendent avec impatience de voir ce que les auteurs de la série vont diffuser.

Cette année, il aborde tout, de la relation entre l’islam et le christianisme à la tradition des hommes musulmans d’avoir jusqu’à quatre épouses. « Les créateurs voulaient donner une vison inversé en montrant ce que la femme mariée à un mari avec plusieurs femmes peut vivre » a expliqué l’acteur Abdullah al-Sadhan au journal local, Okaz.

Mais le Sheikh Saad al-Buraik a quand même décrit l’épisode comme «dégoûtant». La série « utilise la comédie comme un outil pour se moquer d’enseignant et de la religion », dit-il.


Tash Ma Tash a été diffusé à chaque Ramadan depuis 1992 et il est régulièrement décrié par les conservateurs en colère qui veulent que l’émission soit interdite.


Certains acteurs disent avoir reçu des menaces de mort

Dans un autre épisode délicat cette année nommé My Uncle Butros deux frères saoudiens voyagent au Liban pour rencontrer des oncles éloignés, pour constater qu’ils sont chrétiens.

Après un long dialogue entre les hommes musulmans de l’Arabie saoudite – qui interdit la pratique de toute autre religion sur son sol – et de leurs oncles libanais chrétiens, ils finissent par conclure que toutes les religions monothéistes portent un message similaire.

Mais l’influent prédicateur Salman al-Ouda est en désaccord. « Il est faux de considérer qu’il n’y a que des différences mineures entre les religions ». Meshal Ahmed, 42 ans et enseignant, a décrit la série comme « peu profonde et provocante », ajoutant qu’elle doit être interdite pour « avoir blessé les Saoudiens ».

Dans ses débuts, Tash ma Tash mettait en lumière des problèmes sociaux réels avec une certaine ‘créativité’, a déclaré Ali al-Nafaie, 65 ans. Mais « au cours des dernières années, son mépris pour la religion est devenu évident », dit-il. « L’émission décrit les Saoudiens comme des ignorants, extrémistes, ne respectant pas les lois et opprimant leurs femmes. Ce n’est pas vrai » a-t-il ajouté.

Cependant, il n’a rien à redire concernant l’épisode sur les oncles chrétiens. « L’épisode ne contenait rien contre la religion. Nous étions appelés à soulever la question du dialogue interreligieux et l’importance de la coexistence », at-il dit.

« Tash ma Tash a un impact social, parce que l’émission défi les tabous » selon ce qu’a dit l’acteur Nasser Qasabi lors d’une émission récente sur MBC.

« Ils ne touchent pas le sexe et la politique, mais consciemment lutte contre la conduite religieuse qui s’éloignent des fondements de la foi, en livrant un message que le clergé religieux ne sont pas des anges, mais es humains exposés à l’erreur » conclue-il.

Articles connexes

Jean-François Cloutier

Je suis le fondateur de TVQC.com. Vous êtes passionnés de séries télévisées et vous trouvez que les médias de masse traditionnels font piètre figure à ce niveau? Soyez sans crainte, nous aussi!