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L’ADISQ en 2010

En ce 7 novembre a eu lieu le 31e Gala de l’ADISQ, la soirée de prédilection des amateurs de musique québécoise… mais est-ce bien le cas?

Si la télévision se voit renaître de ses cendres grâce à l’arrivée des nouveaux médias, la musique, elle, semble connaître une transformation qui dépasse les limites des déboires des marchés musicaux mondiaux. Un gala musical a-t’il toujours sa place à la télévision? Devrait-t’il y avoir une réforme du format des choix des nominés et des gagnants?

Un article de Melissa Maya Falkenberg paru dans la section musique du Devoir plus tôt aujourd’hui relevait la non-pertinence des catégories ainsi que des nominations. En effet, qui n’a pas levé le sourcil en voyant Daniel Bélanger nominé dans la catégorie pop-rock, lorsque la jeune chanteuse Marie-Mai l’était dans la catégorie rock?  Tous deux ont été lauréats de leur catégorie respective, mais qui a décidé de la sélection des nominations, et du choix des catégories? Est-ce leur classement dans les radios commerciales? Hormis le vote du public pour la chanson de l’année, le consommateur n’a aucun impact sur l’attribution des prix. Bien souvent, un artiste passant à la radio commerciale figurera parmi la liste des gagnants au dépourvu d’un artiste moins connu, qui dans la majorité des cas n’a pas pu se permettre la dispendieuse cotisation d’entrée. Y-a-t’il une place pour les groupes indépendants et émergents dans un gala de l’industrie, qui se vante d’être une «fête de la musique québécoise» en projetant une telle image d’élitisme? Il est important de noter que la plus grande célébration musicale télévisée chez nos voisins du Sud, les Grammys, n’impose aucune cotisation de la part d’éventuels nominés, un phénomène qui se répète sur tous les continents.

En 2009, une rumeur courait que l’empire Québécor se désiste complètement des nominations dans le but de créer son propre gala, un complément musical au Gala Artis, qui est lui-même le rival direct du Gala des Prix Gémeaux à Radio-Canada. Pierre Marchand, ex-propriétaire de Musique Plus à une certaine époque, déplorait le manque de variété et la participation minime du public dans l’élection des gagnants. Il faut rappeler que le Gala Artis, contrairement au Gala Gémeaux, se base entièrement sur le vote populaire pour désigner le vainqueur dans chaque catégorie. Est-ce que l’apparition d’un tel gala pourrait avoir un impact sur le format actuel des Félix et le forcer à s’ouvrir au reste du marché, notamment aux groupes anglophones et indie?  Une chose est sûre: l’ADISQ a pris un coup de vieux et l’industrie doit s’adapter aux changements du marché.

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Annabelle Thibault

Annabelle Thibault

Je suis traductrice et rédactrice d'articles dans les domaines de la télévision et du cinéma. Les traductions que je publie ne reflètent pas nécessairement ma pensée.