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Un prof de l’UQAM à Silfur Egils

J’en suis presque tombé en bas de ma chaise, ce dimanche le talk-show d’affaires publiques islandais Silfur Egils comptait parmi ses invités nul autre qu’un professeur de l’UQAM. Bien sûr, connaissant bien l’Islande, je sais que tout étranger de passage à Reykjavik pour y présenter un quelconque produit finit dans un des plateaux de la RUV mais, un Québécois à la télévision islandaise, mis à part moi-même (*), je n’avais jamais vu ça!

La coïncidence a de quoi faire sourire: le même jour où l’ADISQ nous offre son spectacle annuel d’auto-congratulations de la musique francophone du Québec, l’Islande ouvre toute grande ses portes à la traduction anglaise d’un livre des Presse Universitaires du Québec qui examine son image dans la presse internationale lors de la crise financière de 2008. Un livre qui vient avec le « gros kit » pour son auteur, reçu en entrevue à la télévision et au quotidien Morgunblaðið, invité à signer des exemplaires à la librairie Mál og Menning sur Laugavegur et qui donnera mardi une conférence à l’université d’Islande – le tout dans la langue honnie de l’ADISQ!

Je suis le premier à poser un regard sceptique sur « The End of Iceland’s Innocence » (titre français: « La spectaculaire déroute de l’Islande »), peu convaincu de la neutralité de Daniel Chartier, professeur d’études littéraires. Car, du Devoir à Radio-Canada (où il fut rien de moins que « livre du mois ») en passant par le site officiel, les résumés ne semblent qu’en retenir un avertissement sur les dangers du néo-libéralisme. Si c’est effectivement la ligne éditoriale du livre, ce n’est donc guère mieux que les reportages de Bertrand Hall au Téléjournal en juin dernier.

Ceci dit, Daniel Chartier n’a pas trop laissé paraitre un quelconque jupon, refusant même de se lancer lorsqu’on lui a posé des questions sur la politique islandaise actuelle. Il a probablement très bien fait parce que, à en juger par la lecture rapide d’une dizaine de blogues islandais, on lui dit d’aller se faire voir! Pauvre petit, une autre victime pour nos amis péquistes et bloquistes.

Aux ayatollahs de la langue qui lui reprocheront son passage au talk-show d’Egill Helgason en anglais, disons que le français d’Egill est assez limité, comme l’a démontré sa discussion avec Michel Rocard la semaine dernière. Ne paniquez pas, avant et après Daniel Chartier, le plus célèbre journaliste politique d’Islande a reçu ses invités en féroïen, danois et norvégien. Quand vous pourrez faire pareil, vous vous plaindrez de son français! Et tant qu’à chialer, demandez donc comment ça se fait qu’aucun éditeur islandais n’a voulu le traduire… Aussi, ne le dites pas au Mouvement Montréal Français mais leur chère UQAM est soudainement devenue Quebec-háskóli í Montreal 😀

« Silfur Egils », « L’argent d’Egils », fait partie du paysage télévisuel depuis la campagne électorale 1999. D’abord présentée les dimanches à 11:00 sur SkjárEinn, l’animateur, qui en possède tous les droits, la déménage sur Stöð 2 en mai 2005 où elle précède les nouvelles. Depuis déjà quelques saisons, elle a trouvé une nouvelle maison, la chaine publique RUV le dimanche à 12:30 et en reprise en fin de soirée. Il en existe de nombreux extraits sur YouTube. Avant de faire de la télévision, Egill Helgason écrivait dans le quotidien social-démocrate Alþýðublaðið.

L’émission du 7 novembre. Notre ami apparait à 59 minutes
Article Mbl.is

(*) En 2003, j’ai regardé pratiquement toute la soirée des élections et, un moment donné, les deux animateurs ont demandé aux gens qui regardaient le streaming vidéo depuis l’étranger d’envoyer un courriel. Mes salutations ont été lues. Les 15 secondes de gloire de derteil 😛

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derteilzeitberliner

Né au Saguenay il y a bientôt 27 ans, j’ai toujours eu la “tête ailleurs”. À 5 ans, j’avais déjà les deux yeux sur le globe terrestre. À l’époque, parce que j’aimais ça, je passais beaucoup de temps chez mes grands-parents maternels et c’est avec mon grand-père que j’ai commencé à lire les journaux et regarder les bulletins de nouvelles.