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ADISQ ou l’autoritarisme culturel made in Québec

Dimmu Borgir – Grotesquery conceiled live au Spellemannsprise, qui est l’équivalent de l’ADISQ en Norvège.

Plus ça change, plus c’est pareil. Les bonzes de l’ADISQ récidivent encore une fois avec des déclarations-chocs et à la limite de l’indécence.

Un artiste décidant de créer et chanter sa musique en anglais est encore une fois ostracisé par l’organisme qui est censé le défendre et l’aider dans son cheminement créatif. Voyez-vous, selon la directrice générale de l’Association « québécoise » de l’industrie du disque, du spectacle et de la vidéo, Solange Drouin, si vous chantez en anglais vous n’êtes pas vraiment québécois, vous n’avez pas le bon « ADN » selon ses dires et l’ADISQ ne vous défendra pas, car pour eux la culture québécoise se passe en français avant tout. En gros, si vous rêvez d’une carrière internationale, ne vous fiez pas aux services culturels locaux, car à leurs yeux, vous êtes presque l’ennemi.

Non, mais excusez moi, cette mentalité n’a aucun sens dans un monde ou internet est branché partout et où les barrières linguistiques sont de moins en moins présentes. Un chanteur comme le québécois Bobby Bazini n’a pas sa place dans le ghetto culturel québécois pour la simple et unique raison que le jeune homme a de l’ambition et qu’il chante en anglais! Pour ma part c’est une absurdité totale cette histoire. Le chanteur a du succès, il vend 75000 albums, il chante en anglais, Bobby Bazini représente un espoir international pour le Québec et peut avoir un impact au niveau local à moyen et long terme, et quelle est la réaction de l’ADISQ? Elle l’ostracise au lieu de le féliciter et l’inviter au Gala annuel!

La saviez-vous? DJ Billboard est de Montréal et « Wash Away » joue présentement dans les clubs du monde entier et non seulement en France.

Au fait, pourquoi n’y a-t-il pas de catégorie danse ou musique électronique à L’ADISQ? Les catégories sont les même depuis des décennies, les artistes présentés se suivent et se ressemblent, les nouveaux artistes ressemblent aux anciens, ont un son similaire, un look similaire. Il n’y a aucune surprise, rien qui ne brasse, rien d’énergique ou tendance. Seulement des valeurs sûres et des artistes pop mièvre sans saveur, ni couleur, formatés pour la pop radio Québécoise afin d’être diffusés autant à NRJ qu’à rock détente ou CKOI et jouer dans les salles d’attente de CLSC ou dans certains commerces au détail. Après écoute, Bernard Adamus n’est qu’un autre Daniel Bélanger un peut plus moderne , Marie-Mai une autre MCT ou Marjo au gout du jour.

Daedalean Complex un groupe de Québec qui vise international

Phénomène bizarre… Je suis DJ depuis plusieurs années dans différents clubs et j’ai une profonde culture musicale, j’écoute toutes sortes de styles musicaux, de tous les pays et de toutes tendances, et voulez vous que vous confie quelque chose? Je n’ai aucune foutue idée de qui est Maxime Landry, qui a gagné quatre Felix!! J’ai vérifié sur YouTube et Cache-Cache ressemble à une version poche d’une chanson de dessin animé à la Le roi Lion . Même chose pour Bernard Adamus, j’ai dû chercher sur YouTube pour connaître sa musique, car je n’ai aucune idée de qui il est, à mon profond « désarroi ». De plus, à ma grande surprise le Québec et l’ADISQ viennent de découvrir le blues..100 ans plus tard, je nous croyais arriérés au niveau musical, mais pas à ce point :p

Vous aimez les Duos? En voici un vrai! Timo Raisanen est un chanteur local populaire en suède et il fait l’intro et la sortie d’un groupe de death metal suédois qui remporte un succès international du nom de In Flames. Cette prestation a lieux lors de la remise des Grammisgalan qui se veut le penchant suédois de l’ADISQ. Dimmu Borgir un groupe black metal norvégien ont fait une prestation au Spellemannsprise (l’ADISQ norvégien) en 2001. Pour ma part, je n’aurais aucun problème à voir un chanteur très pop à la Yann Perreau (que je ne connaissais pas, encore une fois) faire un duo avec un groupe beaucoup plus rock québécois anglophone comme disons Ex-Deo à l’ADISQ.

L’élitisme culturel vs le peuple.
Tenez-vous le pour dit, l’élite et les décideurs culturels québécois n’ont rien à cirer de vos goûts personnels, ce qu’ils veulent, c’est vous assommer à coup de musique répétée à tour de rôle sur plusieurs plateformes en simultanée. De cette, façon ils peuvent broyer votre esprit en passant par les stations de radio et télévision mélangées aux médias écrits et électroniques, pour finalement réussir à vous vendre leurs produits.

Vous savez quoi? Comme si ce n’était pas assez, L’ADISQ a entrepris de porter plainte contre 11 stations de radio, pour arrêter la pratique courante de passer un long extrait mixé de plusieurs chansons anglophones, comme s’il ne s’agissait que d’une seule pièce, afin de contourner les quotas. Les radios ciblées sont CKOI (Montréal), CKMF (Montréal), CHIK (Québec), CFEL (Québec), CFOM (Québec), CJMF (Québec), CHXX (Québec), CKTF (Gatineau), CFTX (Gatineau), CIGB (Trois-Rivières), CJDM (Drummondville).

Si ces stations veulent jouer de la musique anglophone, pourquoi ne pas inclure les artistes anglophones québécois dans ces quotas? De cette façon si une station joue une chanson de Arcade Fire, elle sera considérée comme du contenu local. En fait, c’est ici le bobo! l’ADISQ, et autres organismes, devraient arrêter de faire une fixation sur le contenu francophone et devraient plutôt élargir leur éventail de possibilités, en parlant de contenu local, toutes langues confondues, parce que le but ultime dans cette histoire est de promouvoir les artistes locaux, et non une langue, qui n’est qu’un vernis couvrant une culture.

Your Favorite Enemies est un groupe de rock alternatif de Montréal qui vise le monde!

Mais vous savez pourquoi ça n’arrivera jamais? Parce que l’ADISQ défend ses membres, qui paient une grosse cotisation annuelle, et ne défend pas la culture ni ne défend la langue, cet organisme joue plutôt aux gros bras et veut mettre au pas les stations de radio, afin de bien lessiver l’âme culturelle des Québécois. L’ADISQ veut forcer les stations de radio à jouer ses artistes, et non des artistes francophones. Je me demande ce qui arriverait si en bloc, toutes les stations se mettaient à respecter les quotas francophones, mais en ne jouant aucun artiste faisant partie de l’ADISQ. Ils ne veulent pas que leurs artistes soient meilleurs et compétitifs, ils veulent vous gaver de force comme des canards avec LEURS artistes et décider quel artiste entrera dans le vedettariat québécois. Ne vous laissez pas avoir par la machine!

Comme si ce délire de l’ADISQ n’était pas assez, maintenant c’est SOCAN qui veut vous faire payer les écoutes préalables de musique. Pensez-y bien, si vous voulez écouter un échantillon de 30 secondes, la SOCAN veut vous faire payer!! Non, mais c’est du délire total, n’y a-t-il personne d’assez lucide pour leur dire « Hey wo! » c’est assez!!! Vous êtes en train de dérailler?!!

Un bon texte à ce sujet: Redevances pour l’écoute préalable de musique: la Cour suprême tranchera

Pour conclure, voici un groupe du nom de Ex-Deo. Ils sont montréalais et produisent des vidéoclips totalement éclatés avec une thématique romaine et une esthétique à la Zack Snyder du film 300. Les lettres S.P.Q.R. que vous voyez partout dans le vidéo représentent la devise Senatus Populusque Romanus (signifiant Le sénat et le peuple romain), souvent abrégée sous la forme du sigle S.P.Q.R., était l’emblème de la République romaine, puis par tradition de l’Empire romain. Plus encore que tout autre symbole, ces quatre lettres représentaient le pouvoir politique romain. Encore ici aucun média n’en parle….

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Jean-François Cloutier

Je suis le fondateur de TVQC.com. Vous êtes passionnés de séries télévisées et vous trouvez que les médias de masse traditionnels font piètre figure à ce niveau? Soyez sans crainte, nous aussi!