Jean-François Chartrand-Delorme

Seed: le film Starbuck se transforme en série télé à Citytv

Seed: le film Starbuck se transforme en série télé à Citytv
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Seed est la nouvelle sitcom canadienne produite par Force Four Entertainment diffusée sur les ondes de Citytv depuis février 2013.

Le tout commence alors qu’Harry (Adam Korson), un barman dans la trentaine, reçoit la visite d’un jeune garçon prénommé Billy (William Ainscough) qui lui apprend qu’il est son père biologique. Plus tard, c’est une adolescente du nom d’Anastasia (Abby Ross) qui vient lui faire cette même révélation. En fait, il y a quelques années, Harry avait fait don de son sperme dans une clinique. Son dossier du nom XC-3000, on ne sait trop comment, a été découvert par Billy qui a transmis les informations à Anastasia et c’est ainsi qu’ils ont pu entrer en contact avec leur géniteur.

Au même moment, Harry fait la rencontre de Rose (Carrie-Lynn Neales) et commence à flirter avec elle, mais cette femme indépendante n’a pas la tête à la romance puisqu’elle décide d’avoir un enfant par insémination artificielle et choisit le donneur XC-3000… Dès lors surviendront diverses péripéties entre Harry, ses enfants et les familles concernées, remettant en perspective tout le concept de paternité et de la famille.

Un bel héritage et l’importance de l’humour

Un petit mot sur l’origine de la série. Seed est inspirée du film québécois Starbuck (2011) de Ken Scott. Présenté la même année au Festival de films de Toronto, ce fut le film le plus lucratif en terme de recettes au Québec avec un profit de plus de 3 millions $. Starbuck est lui-même inspiré d’un fait vécu alors qu’entre 1980 et 1990, un Canadien a fait don de son sperme plus d’un millier de fois. Depuis, le film ne cesse de faire des petits (si je puis me permettre l’expression!). Les droits pour en faire un remake américain ont déjà été achetés par Steven Spielberg. Sous le nouveau titre The Delivery Man, celui-ci sera distribué partout à travers le globe. Deux remakes en Inde et en France sont aussi en cours et dans ce dernier cas, c’est José Garcia qui tiendra le rôle principal.

Pour en revenir à Seed, ce qui est pratique avec les sitcoms, c’est qu’on peut se permettre d’exagérer les situations entourant l’histoire, même si elles sont quelques fois tirées par les cheveux, puisque le but principal est de faire rire le téléspectateur. Aussi, en regardant le premier épisode, on se sent un peu dépassé par les événements. En effet, Harry apprend en une journée qu’il a deux enfants et s’en accommode très bien. Du côté des enfants, pas de grosses remises en questions. Billy est élevé par un couple de lesbiennes et cherche une présence masculine dans son entourage alors qu’Anastasia, en pleine adolescence, essaie de s’affranchir d’une mère contrôlante et d’un père qui n’a aucune autorité. Puisqu’on est dans l’humour, on peut traiter tous ses sujets avec légèreté. Voici un exemple de blagues que l’on retrouve dans la série : Rose vient de passer un test de maternité et annonce la nouvelle à Harry, alors que les deux mamans de Billy (Michelle et Zoey) se trouvent sur place.

– Rose (qui sort de la salle de bain avec son test à la main) : smiley face!

– Harry (qui ne sait ce que ça signifie) : Oh my gosh.

– Michelle : Smiley face means pregnant idiot.

– Harry : Why would they make smiley face pregnant? That doesn’t make any sense.

– Rose : So, I took two tests and they both came positive.

-Harry : We’re having twins?

Donc, on rit, mais sans plus d’autant que parfois, le jeu des acteurs est un peu exagéré. Comme il est écrit sur le blogue The Medium is Not Enough à propos de l’humour de la série :« a show that’s amiable and trying really hard to be funny, but which ultimately fails to raise more than a wry grin and an « Awe, isn’t that nice? » out of the whole affair». À défaut d’être hilarante, la série contient au moins plusieurs moments qui font sourire et sa trame narrative a le mérite d’être originale.

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Remise en question de la parentalité

Si on se donne la peine de lire entre les lignes de Seed, on comprend vite que le thème  de la parentalité est au cœur du récit. Dans la série, il y a une certaine déresponsabilisation de la part des adultes. Lorsque leurs enfants les déçoivent, que ce soit par leurs résultats scolaires ou leurs comportements, les parents blâment évidemment Harry, leur bouc-émissaire. En même temps, Billy et Anastasia se servent de l’attitude parfois irresponsable d’Harry pour justifier leurs excès. Enfin, la figure du père est vivement écorchée dans la série. Absente dans le cas de Billy, faible dans le cas d’Anastasia, et désinvolte quand on analyse la personnalité de Harry. On comprend aussi que les mères, bien qu’elles affirment gérer la situation, sont aussi dépassées par les événements et il leur semble pénible d’admettre qu’elles n’ont pas la science infuse.

En terminant, Seed ne peut prétendre égaler des séries cultes comme Seinfeld (1990-1998), Friends (1994-2004) ou Will & Grace (1998-2006). À défaut d’un humour soutenu, les liens qui se tissent entre les différents personnages et la complicité entre Harry et ses « nouveaux » enfants en feront sourire plus d’un. De plus, le rythme très rapide des événements et des dialogues permet d’éviter l’ennui. À regarder assidûment? Non, mais la série vaut le coup d’œil.


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