Klondike : Nothing in your pocket, but full of hope




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Klondike : Nothing in your pocket, but full of hope

Klondike est la première minisérie scriptée du réseau Discovery Channel et a été diffusée du 20 au 22 janvier aux États-Unis.

Comme le titre l’indique, on nous transporte au Yukon dans la ville de Dawson en 1897 alors qu’une impressionnante ruée vers l’or est en train de s’effectuer. Cette quête de la richesse instantanée est vécue à travers les yeux de Bill Haskell (Richard Madden) et Byron Epstein (Augustus Prew), deux Vermontois venus aussi tenter leur chance. Après un périple pour le moins mouvementé, la « terre promise » se révélera tout sauf accueillante. La compétition entre les chercheurs d’or y est féroce, sans compter les températures extrêmes qui dictent leur loi dans ce désert blanc. Klondike est une épopée merveilleuse, avec des paysages à couper le souffle et des personnages principaux attachants. Elle a surtout le mérite de mettre en scène une page de notre histoire pour le moins méconnue, sans complaisance et en évitant soigneusement un ton trop propagandiste ou pompeux.

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Une histoire en deux temps

C’est avec 750 $ en poche que Bill et Byron, des amis de toujours, décident de quitter New York où ils étudiaient pour se diriger vers la côte ouest, sans plans précis. Lors d’un arrêt au Colorado, ils rencontrent un homme qui leur parle du Yukon et de la quantité impressionnante d’or qui s’y trouve, laquelle l’a rendue richissime. Les deux compères décident qu’ils seront désormais chercheurs d’or, sans vraiment savoir dans quoi ils s’embarquent. En effet, ils doivent faire face à des conditions extrêmes : de la neige du col de Klikoot, à la descente du mouvementé fleuve Yukon, tout en transportant avec eux du matériel et des vivres qui est sensé leur durer tout au plus six mois. Ils aboutissent finalement à la ville de Dawson, point de ravitaillement des aventuriers. C’est en périphérie qu’ils achètent un lopin de terre qui est si prometteur qui suscite la convoitise, voire, la jalousie des autres, si bien qu’une nuit, Byron sera assassiné par on ne sait qui. Dès lors, le ton change, Bill cherche à venger son compagnon et se trouvera associé de force avec Bellinda Mulrooney (Abbie Cornish), propriétaire d’une lucrative scierie. Ensemble ils devront faire face à celui qu’on appelle « le comte » (Tim Roth), qui avec sa fortune fait la loi dans cette ville privée de toute justice.

Discovery était la chaîne idéale pour diffuser Klondike. Bien qu’il s’agisse d’une fiction, toute la première partie s’apparente au genre documentaire. De cette longue traversée, on retient les tempêtes, une impressionnante avalanche qui extermine au moins la moitié des aventuriers, les courants d’eau destructeurs et les forêts dans lesquelles pullulent des loups affamés. De ce périple vers Dawson, le scénario est quasiment absent, mais loin d’être ennuyeux puisque c’est la nature ici qui raconte, qui fascine avec des prises de vues qu’on n’est pas prêt d’oublier.

Une fois à Dawson, c’est le côté fiction qui prend le pas. On nous dépeint dans la série un véritable Far-West canadien, mais sans tomber dans les clichés. On apprécie surtout dans Klondike l’habilité d’intégrer dans l’histoire à la fois des personnages de fiction et d’autres ayant réellement pris part à cette ruée. En fiction, outre le personnage de Bill, on retrouve aussi le père Judge (Sam Shepard) qui envers et contre tous veut implanter une église à Dawson et Sabine (Conor Leslie), une prostituée notoire qui joint plus tard ce dernier dans ses activités de charité. Du côté fait vécu, le personnage de Bellinda a bel et bien existé, tout comme le surintendant de la police montée Sam Steele (Marton Csokas) qui peine à faire respecter la loi. Enfin, petite mise en abyme : quelques scènes où l’on retrouve le jeune auteur Jack London (Johnny Simmons) qui prend des notes sur ce qu’il voit, lequel dans la vraie vie a connu une brillante carrière, notamment pour son roman « The call of the wild » dont l’action se déroule durant cette période mouvementée, mais éphémère.

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Pionniers ou bandits?

La réflexion que provoque la série Klondike est fort intéressante, à savoir ce que l’œuvre de ces hommes nous inspire. Durant cette ruée qui n’a duré que trois ans (http://en.wikipedia.org/wiki/Klondike_Gold_Rush » target= »_blank »>1896-1899), des 100 000 prospecteurs partis tenter l’aventure, environ 35 000 se sont rendus à destination et seulement 4 000 s’y sont enrichis. Il faut dire que l’aventure avait de quoi faire saliver. En 1897 provenaient de cette lointaine contrée une quantité d’or d’une valeur de 1 139 000 $, ce qui équivaut aujourd’hui à plus d’un milliard $. Et bien après cette ruée, l’extraction s’est poursuivie par intermittence si bien qu’en 2005, les tonnes d’or extraites ont rapporté presque 30 milliards $.

On ne peut que louer le courage et la ténacité de ces hommes, mais moins leurs intentions. À l’opposé des colonies, les nouveaux arrivants n’ont pas cherché à s’établir au Yukon, à peupler une terre et la développer, mais bien à la piller. L’appât du gain est leur seule motivation et Dawson en sera le témoin direct : passant de 500 habitants à 30 000 entre 96 et 98, pour ensuite de devenir une véritable ville fantôme. Dans son article, Mary McNamara écrit : « The Klondike is not just a place, it’s a fever dream. Far beyond the reaches of civilization, grubbing in the mud and slush as they burn with fear, envy and greed, men lose much of what makes them human. » Les quelques agents de la police montée sont loin de suffire à la tâche et la mine de Bill est tantôt convoitée, tantôt l’objet de vandalisme. Cet aventurier a déjà perdu son meilleur ami et se transforme peu à peu en être aigri et soupçonneux. Seul le père Judge, par la force du culte, pourrait inspirer entraide et respect entre ses ouailles, mais pour son plus grand malheur, la religion à Dawson, c’est l’or. Quant aux « Indiens » de la région, leur bien-être compte très peu dans la balance, encore moins leurs droits.

On est ravi que de plus en plus de chaînes câblées se lancent dans la fiction. Il y a un an, History nous offrait Vikings, puis, c’était au tour de Sundance Channel avec les excellentes Top of the lake et Rectified. Bien qu’il n’y aura pas de deuxième saison à Klondike, on est ravi que Discovery se mette aussi de la partie. La série a attiré en moyenne 3,1 millions d’auditeurs et ce succès a été suffisant pour les producteurs qui ont garanti que d’autres fictions pour la chaîne pourraient voir le jour prochainement.

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Jean-François Chartrand-Delorme

Ayant étudié en cinéma et en communications, depuis longtemps je suis habitué à l'évaluation, à l'analyse et à la critique de films. Au fil des ans, cette passion s'est davantage transférée vers les séries télé. La fiction m'intéresse davantage, mais les séries documentaires me fascinent aussi. Chacun de ces deux genres nous offrent un portrait de la société, son évolution et parfois sa régression. De plus, je me suis rendu compte assez vite qu'outre les séries québécoises et américaines que nous connaissons davantage, plusieurs autres pays dans le monde représentent une compétition sérieuse... au grand plaisir des téléspectateurs. Depuis quelques mois, je me suis mis à écrire des critiques, tout en travaillant dans les médias à temps plein. Ma règle d'or est de ne jamais juger une série par un seul épisode. Dans mon cas, la règle de trois s'applique, question de laisser la chance au coureur. En espérant pouvoir partager avec les lecteurs mes appréciations, découvertes et déceptions du petit écran et surtout échanger avec ceux-ci. Venez me lire!