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Downton Abbey saison 4 : le répit des années 20

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La quatrième saison de Downton Abbey de Julian Fellowes a été diffusée sur les ondes d’ITV1 en Angleterre à l’automne 2013 et sur les ondes de PBS en Amérique au début de 2014.

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La série débute six mois après l’accident d’auto qui a causé la mort de Matthew (Dan Stevens), plongeant dès lors Lady Mary (Michelle Dockery) dans une profonde dépression. Néanmoins, la vie suit son cours et les Grantham doivent s’adapter à un nouveau mode de gestion s’ils tiennent à conserver leur domaine intact. La vie des domestiques n’en sera pas moins mouvementée alors que la plupart rêvent à de meilleures conditions. Sans être la saison la plus spectaculaire de la série, ce quatrième opus nous réserve tout de même des surprises (bonnes et mauvaises). a depuis longtemps trouvé son erre d’aller et l’exploite à fond sans pour autant sortir des sentiers battus. Souhaiterions-nous plus d’audace? Oui. Sommes-nous déçus? Absolument pas.

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Le quotidien toujours en parallèle entre domestiques et maîtres

Peu de gens du château sont parvenus à faire leur deuil de Matthew, à commencer par Lady Mary qui n’a plus goût à la vie et même le petit George ne réussit pas à la faire sortir de sa torpeur. Reste que selon le testament du défunt, c’est elle qui doit prendre la relève pour gérer le domaine avec son père (Hugh Bonneville) et ces nouvelles responsabilités lui redonnent goût à la vie. Côté cœur, deux aristocrates viennent lui faire la cour : Anthony Gillingham (Tom Cullen) et Tim Drew (Andrew Scarborough). Sinon, dans le même registre Lady Edith est toujours aussi peu chanceuse. Michael Gregson (Charles Edwards), l’éditeur commercial du magazine The Sketch dont elle s’était amourachée,tente d’obtenir non sans quelques difficultés le divorce et doit s’absenter pour une durée indéterminée en Allemagne. Enfin, les Crowley accueillent une cousine, Lady Rose MacClare (Lily James), une jeune femme pétillante qui aime défier les conventions…

Tout savoir sur la série Downton Abbey

Du côté des domestiques, le roulement de personnel continue. Sarah O’Brien (Siobahn Finneran) a quitté ses fonctions pour travailler au service de Lady Flintshire et pour la remplacer, on choisit de reprendre Edna (MyAnna Buring), laquelle avait eu une aventure avec Tom (Allen Leech) alors qu’il était encore chauffeur. Ce sera ensuite Baxter (Raquel Cassidy) qui est entré en fonction grâce à Thomas (Rob James-Collier). Le valet Alfred (Matt Milne) rêve de devenir chef cuisinier et demande l’aide de Daisy (Sophie McShera) afin de se perfectionner. Et comme cela semble être le leitmotiv de chaque saison, les relations entre Anna et John (Brendan Coyle) seront tout sauf au beau fixe.

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Langage et mise en scène

À une ère où les séries rivalisent d’effets spéciaux, de cascades, de scènes de violence et de sexe, il est fascinant de constater que Downton Abbey tire très bien son épingle du jeu (et même mieux) en ne misant sur aucun de ces aspects. En effet, presque tout l’intérêt repose sur le langage. Que l’on parle de l’Europe qui se redessine ou d’un précieux coupe-papier qui a peut-être été volé (cet incident occupe la moitié d’un épisode!), on est toujours suspendu aux lèvres des protagonistes. Parmi les meilleures citations : Violet : « I’m afraid Tom’s small talk is very small indeed » Lord Grantham :« Not everyone is Oscar Wilde » Violet : « That’s a relief! ». / Isobel : « You take everything as a compliment » Violet : «I advise you to do the same. It saves many an awkward moment.» / Mrs. Patmore: « Ooh I like that Rudolph Valentino. He makes me shiver all over. » Carson: « What a very disturbing thought.»

L’autre aspect qui donne un cachet unique à Downton Abbey est le côté historique. Les deux premières saisons étaient en symbiose avec les événements marquants de l’histoire (le naufrage du Titanic et la Première Guerre mondiale). Cette fois, on se trouve dans les années 20 qui offrent une pause avant la crise économique et le prochain conflit armé. Le facteur historique est toujours aussi présent, mais abordé plus subtilement dans le quotidien des protagonistes. Par exemple, l’électricité envahit Downton, notamment avec les appareils électroménagers, ce qui effraie Miss Patmore (Lesley Nicol), mais pas la jeune Daisy. Du côté des mentalités, les relations sont toujours les mêmes entre maîtres et domestiques, sauf que ces derniers cherchent encore plus à s’émanciper qu’à la saison précédente.

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Des soirées nocturnes s’organisent et certains se cherchent carrément un autre emploi; ce qui laisse entendre que le « serment de fidélité » envers les propriétaires qui sont plus souvent issus de l’aristocratie, perd tranquillement de son importance. Quantà la mode et aux décors, le faste est toujours au rendez-vous. Les robes à traîne (les tournures) et les immenses chapeaux cèdent le pas à des robes plus courtes allongeant la silhouette et des chapeaux « cloche ». L’an dernier, le dernier épisode nous faisait voyager en Écosse le temps de plusieurs festivités. Cette fois-ci, les Crawley se déplacent à Londres afin que Lady Rose soit présenté à nulle autre que le prince héritier. D’un point de vue purement esthétique, c’est le plus bel épisode de la série jamais créé.

Quelques ratées…

On comprend que pour qu’une série se renouvelle, il faut quelquefois éliminer des personnages, mais lorsque les acteurs décident de partir de leur plein gré, c’est encore plus frustrant pour le téléspectateur. Ainsi nous ont quittés dernièrement Jessica Brown Finlay (Lady Sybil), Dan Steven et Siobhan Finneran alors que d’un point de vue scénaristique, leurs personnages nous offraient encore beaucoup de potentiel. À l’opposé, certains protagonistes qui restent à Downton n’ont tout simplement rien à apporter à la fiction. Du côté des domestiques, la timide Daisy est plus effacée que jamais alors que les complots du méchant Thomas sont devenus insignifiants et ne donnent aucun résultat. Dans l’aristocratie, trop peu d’importance est accordé à Cora (Elizabeth McGovern) qu’on aime pourtant voir à l’écran. Quant à Tom, depuis que son épouse est décédée, il est devenu d’un ennui alors qu’on aurait aimé des intrigues moins répétitives pour le personnage d’Edith.

La diffusion de la quatrième saison aux États-Unis sur PBS, une chaîne publique, est un incontestable succès. 15,5 millions de téléspectateurs ont répondu présent lors du premier épisode et 8,5 millions y étaient encore pour la finale. Avec une telle popularité, on pourrait facilement affirmer que cette saga en a encore pour plusieurs saisons. Seulement, ces chiffres mirobolants ont attiré l’attention des grands networks américains et NBC a déjà signé un contrat avec Julian Fellowes pour une série d’époque du même genre intitulée « The Gilded Age ». Le créateur a affirmé ne pas vouloir écrire deux saisons en même temps, si bien que Downton ne dépasserait pas une sixième saison. Dossier à suivre…

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Jean-François Chartrand-Delorme

Ayant étudié en cinéma et en communications, depuis longtemps je suis habitué à l'évaluation, à l'analyse et à la critique de films. Au fil des ans, cette passion s'est davantage transférée vers les séries télé. La fiction m'intéresse davantage, mais les séries documentaires me fascinent aussi. Chacun de ces deux genres nous offrent un portrait de la société, son évolution et parfois sa régression. De plus, je me suis rendu compte assez vite qu'outre les séries québécoises et américaines que nous connaissons davantage, plusieurs autres pays dans le monde représentent une compétition sérieuse... au grand plaisir des téléspectateurs. Depuis quelques mois, je me suis mis à écrire des critiques, tout en travaillant dans les médias à temps plein. Ma règle d'or est de ne jamais juger une série par un seul épisode. Dans mon cas, la règle de trois s'applique, question de laisser la chance au coureur. En espérant pouvoir partager avec les lecteurs mes appréciations, découvertes et déceptions du petit écran et surtout échanger avec ceux-ci. Venez me lire!

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