Accueil » Nouvelles » À la Une » Nikola Tesla : entrevue avec Michael Anton, le réalisateur du film biographique Tesla

Nikola Tesla : entrevue avec Michael Anton, le réalisateur du film biographique Tesla

Cet article est une traduction intégrale d’un texte paru sur The Wild Rooster

Le vif désir de dire la vérité et d’encourager une nouvelle génération de jeunes à jeter un regard nouveau sur la science : voila ce qui a inspiré le scénariste et réalisateur Michael Anton à faire un film sur la vie et l’oeuvre du pionnier scientifique Nikola Tesla.

Branko-as-TESLA-poster

En dépeignant la vérité sur l’homme derrière la science, Michael espère remédier au peu de reconnaissance du travail révolutionnaire de Tesla, et nous informer sur l’impact constant de ses découvertes sur nos vies en ce moment.

La fierté envers l’héritage de Tesla a créé une frustration chez plusieurs Serbes à propos de la méconnaissance de ses réussites, puisque la majorité des élèves à l’extérieur des pays balkaniques ne savent peu, ou rien sur ce grand homme. «Ils ont raison d’être frustrés, et même insultés», croit Michael. «J’ai dû défendre le titre de mon film à quelques occasions depuis qu’il est devenu public.»

«Je respecte les inquiétudes de certains Serbes concernant la production d’un film sur Nikola Tesla appelé « The Mad Scientist » par un cinéaste américain, la même étiquette qui lui a été collée par ses rivaux américains durant son séjour ici. Je crois que les titres sont des portes, pas des slogans. Nous voulions élargir la porte d’accès du film avec un titre qui attirerait plus que des partisans de Tesla au cinéma. J’aimerais que tout le monde voit réellement combien cet homme était brillant et inspirant.»

«En ayant grandi en Amérique dans un système scolaire enseignant l’histoire de Thomas Edison tout en ignorant Tesla, j’ai cru important de garder l’histoire aussi réelle que possible», a dit Michael. «Le public américain ne se contente plus d’informations distillées, alors le mystère derrière Tesla sera l’attraction principale. À mon avis, son histoire est beaucoup plus intrigante que le mystère entourant l’homme.»

Selon Michael, il est évident que le peu d’appréciation pour l’impact important du travail de Tesla, enraciné dans nos vies quotidiennes, a créé un vide dans l’éducation de plusieurs jeunes. «Il est le plus grand cerveau de notre époque, et mes enfants devront apprendre son histoire sur Internet et les films comme les miens plutôt que dans leurs écoles puisque ces dernières ignorent toujours les succès de Tesla», a-t-il affirmé. «Imaginez ce que la prochaine génération pourrait accomplir si elle croyait que tout est possible, comme Nikola Tesla le croyait.»

tesla

C’est ce sentiment d’injustice qui a poussé Michael à s’attarder à l’histoire de Tesla. «Le producteur Ti Bureau m’a approché avec l’idée de créer un film sur Nikola Tesla il y a un peu plus d’un an et demi», a-t-il déclaré. «L’histoire de Tesla m’a toujours intriguée, mais mes connaissances sur le sujet étaient relativement moindres avant que l’on ne commence nos recherches. Tout ce que je savais de lui était qu’il était un génie, et qu’il s’est fait flouer par Edison, au sens figuré.»

«Je connaissais quelques détails, mais en creusant jusqu’au fond de son histoire, je suis devenu un de ses plus grands admirateurs. J’ai commencé à pousser mes recherches au-delà de ce que je connaissais déjà, et c’est devenu une obsession instantanée et une passion pour moi. Plus je découvrais et apprenais des choses sur cet homme brillant et ses réalisations n’ayant reçu aucune reconnaissance, plus j’étais motivé à commencer ce projet.»

Il est possible que la vie de Tesla ait été remisée car elle est pleine de récits fantaisistes, de théories du complot, et de témoignages de tours de force par certains des plus grands noms de l’époque. Cependant, Michael n’a pas reculé en constatant l’ampleur du projet. Le film The Mad Scientist, qui sera produit par Silvermask Productions et North Shore Pictures, abordera l’entièreté de la vie de Tesla, de son premier pas en Amérique en 1884 à sa vision d’une énergie gratuite et universelle dans son laboratoire de Wardenclyffe, et il se terminera avec ses derniers jours de vie solitaire dans un hôtel de New York.

«Il m’était important de garder l’histoire aussi authentique que possible sans la tourner en documentaire», a affirmé Michael. «Il y a plusieurs oeuvres littéraires sur Testla, mais je voulais m’en tenir aux archives plutôt qu’à une version de sa vie dans les yeux d’autrui.»

«Nous avons le privilège d’avoir obtenu la permission de voir la collection de Leland Anderson quand elle était au Heinz History Center, en plus des nombreux articles publiés à son époque. Je ne peux qu’insister sur l’importance de garder l’histoire authentique : les gens sont excités par l’aura entourant son travail, mais sa véritable histoire était remarquable.»

Avec autant d’épisodes de vie et de personnages à couvrir, tout film sur Nikola Tesla se doit s’être chargé de détails. «Le film durera près de 105 minutes lorsqu’il sera complet», croit Michael. «Par ailleurs, le film se déroule plus rapidement qu’attendu d’un film biographique car la vraie histoire de l’homme était si fascinante que nous avons pu adopter ce rythme sans sacrifier l’intégrité de l’histoire. Bien que j’apprécie les réactions des gens concernant le script, je pense toujours que l’histoire de Tesla s’écrit d’elle-même.»

En Serbie, Nikola Tesla est vénéré tel un héros et une inspiration par chaque enfant. Il y a une affiche de lui dans plusieurs salles de classe, des bâtiments ont été nommés en son honneur, et les inventions du scientifique sont bien connues de tous. De plus, on peut affirmer que Tesla attire un grand nombre d’admirateurs suivant de près tout ce qui se dit sur lui et désirant promouvoir et protéger sa réputation fortement.

En mettant à l’écran la vie de Nikola Tesla, qui sera interprété par Branko Tomovic, un germano-serbe de Londres, Michael Anton assume aussi la responsabilité de pallier partiellement à quelques injustices ayant été faites à ce grand scientifique dans l’histoire.

Il est aussi vrai qu’il devra faire face à une analyse critique de la part de la population de la Serbie et des immigrants serbes qui passeront le script au peigne fin. Michael trace clairement la ligne de son mandat : «C’est une grande responsabilité, mais ressens-je de la pression? Absolument pas», a-t-il avoué. «Autant mon équipe de production que Branko et moi sommes engagés à 100% à amener Tesla au grand écran.»

«Les théoriciens du complot seront peut-être contrariés que je n’aie pas inclus chaque sous-entendu ou récit tierce disponible sur Internet, mais ils seront bons pour d’autres films et d’autres réalisateurs. Je suis là pour raconter l’histoire de Nikola Tesla aussi fidèlement et de manière aussi intéressante que possible.»

En plus de raconter l’histoire humaine derrière ses plus grands travaux scientifiques, le film suit le combat de Tesla contre son ennemi juré, Thomas Edison, et contre d’autres noms célèbres, dont certains ont fait de l’ombre à sa gloire.

«Je pense que la meilleure façon de décrire quelques personnages tels que présentés dans le script est la suivante : Mark Twain est une bouffée d’air frais, Thomas Edison est l’homme accompli le moins sûr de lui-même, et JP Morgan est un sociopathe manipulateur», a dit le réalisateur Michael Anton. «On mentionne Marconi, mais il n’apparaîtra pas dans le film. Il y a un nombre important de personnages colorés qui ont fait partie de la vie de Tesla, comme George Viereck, Katherine Johnson, Kolman Czito, H.P Brown et Lord Kelvin. Je pourrais continuer comme cela pendant des heures. Ils semblent s’intégrer parfaitement au parcours de vie de Tesla.»

Michael-Anton-Tesla-movie

L’acteur britannique Julian Shaw interprétera George Sylvester Viereck, un écrivain et propagandiste germano-américain pour qui Tesla a composé le poème Fragments of Olympian Gossip. «Il y a une certaine ironie dans la distribution du rôle de Tesla à un Serbe et celui de Viereck à un Anglais, mais j’ai vu un potentiel sérieux en Julian», a assuré Michael Anton. Qu’un acteur soit international ou américain, l’engagement envers le personnage la chose que je recherche en distribuant un rôle. Bien que l’apparition de Viereck soit brève, je n’ai aucun doute que Julian lui rendra justice.»

Bien que la majorité du dialogue sera en anglais, le réalisateur a décidé que certaines scènes seront tournées en serbe. «C’est simple», a-t-il lancé. «Quand Tesla est avec sa famille, il parle serbe. Quand il accompagne ses collègues serbes qui l’aidaient dans son travail de creusage de fossé pendant les deux ans qu’il y travaillait, il parlera serbe. Je pense qu’on doit se demander pourquoi on ne fait pas cela dans la majorité des films historiques.»

Michael offre également la chance aux nombreux admirateurs de Tesla partout dans le monde de participer au film avec le générique, des DVDs autographiés, des visites organisées, et même un repas avec la distribution du film via une campagne sur le site de financement participatif indiegogo.com. Ce même site a ramassé plus d’un million de dollars pour un musée sur Nikola Tesla à New York. Depuis, Michael et les producteurs du film se sont engagés à donner 10% des recettes du film à ce musée.

«Notre film est unique dans le sens que nous voulions donner l’occasion aux admirateurs de Tesla de voir leur nom apparaître dans le générique du film. Comme il était possible que nous ajoutions des centaines, voire des milliers de noms au générique de fin, nous avons mis en place une campagne de financement IndieGogo pour les rejoindre. Cela n’avait rien à voir avec le financement du film, mais c’était probablement plus important à mes yeux qu’à n’importe qui d’autre dans l’équipe. J’ai dit la même chose à chaque acteur, employé, et autre personne sur le projet. Si le générique de fin est un peu long en raison des remerciements, je serai le plus fièr dans la salle après la personne qui fait maintenant partie du film.»

Le tournage du film Tesla (The Mad Scientist) commencera à Pittsburgh, en Pennsylvanie en août, et une sortie dans les festivals de film et au cinéma est prévue pour 2014. En plus de tourner à Pittsburgh, Michael s’est engagé à recruter 90% des employés localement. «Il y a un talent d’excellence à Pittsburgh, et nous voulons le mettre en valeur», a-t-il déclaré. «La relation entre Westinghouse et Tesla est bien documentée, et il a vécu à Pittsburgh pendant une courte période. J’habite à 15 minutes de la ville et j’ai accès à des endroits de tournage incroyables fournis par la ville et ses environs. Honnêtement, je ne pourrais pas penser à tourner ce film ailleurs.»

L’accès à de tels lieux de tournage ainsi que travailler avec une équipe impliquée ont permis au réalisateur de réduire son budget à 400 000 $, comme il l’a expliqué : «IMDB dit que le budget est de 400 000 $, mais cela a changé depuis en raison de l’enthousiasme envers le film et le scénario. Au mois d’août, le budget de tournage sera beaucoup plus élevé. Nous discutons avec plusieurs agents de vente et de distribution internationale à propos du film, et il est incroyable de constater l’engouement autour du scénario. Les gens réunissent vraiment leurs efforts pour assurer le succès du film.»

branko-tomovic-1373109271-335547

«Bien que le budget de production sera plus élevé, les caméras et autre équipement de tournage nécessaires aujourd’hui sont à des années lumière de ce qu’ils étaient il y a dix ans, alors tourner un film rentable, et époustouflant visuellement pour 400 000 $ n’est pas qu’un rêve.» C’est même une amélioration importante par rapport au budget du dernier film de Michael, Potheads The Movie. Pour ce film qui a été écrit et réalisé par l’ancienne vedette de football universitaire et acteur, le budget n’était que de 20 000 $. Quoique ses critiques n’étaient pas uniformément favorables, il a apporté une attention positive à l’oeuvre de Michael, incluant une publication le déclarant comme l’équivalent de Monty Python du 21e siècle.

Comme il s’agit d’un film biographique historique, il est certainement très différent des oeuvres précédentes de Michael, dont font partie les films Dead in Texas et Kill Johnny. Néanmoins, cela ne semble pas l’intimider. «Puisque je n’avais que 21 ans lorsque j’ai réalisé mon premier film, je croyais un peu tout savoir car je pensais que je le devais», a avoué Michael. «Quand nous avons fait Potheads avec un budget de 25 000 $ et 35 jours de tournage seulement, la pression était astronomique. J’étais si déçu de mon produit final que j’ai arrêté de faire des films pendant cinq ans. Je me suis demandé: « Comment puis-je écrire sur la vie quand je ne l’ai même pas encore vécue? »»

«Durant cette pause ayant duré une moitié de décennie, j’ai vu mes deux filles naître, je suis tombé amoureux de la femme de mes rêves, et j’ai dédié une très grande partie de mon temps à assister les personnes âgées dans des foyers de soins personnalisés partout dans l’État de la Pennsylvanie.»

«Je me suis rendu compte que, dans la vie, tout est un effort collectif, et afin de raconter une bonne histoire, on doit avoir confiance en notre entourage pour nous aider à y parvenir. Les gens de mon équipe en savent plus sur leur discipline respective que moi, et c’est la raison pour laquelle nous sommes si sélectifs dans le processus de recrutement des acteurs et des employés. Je ne veux plus jamais répéter cette erreur.»

Source : Wild Rooster

Articles connexes
Annabelle Thibault

Annabelle Thibault

Je suis traductrice et rédactrice d'articles dans les domaines de la télévision et du cinéma. Les traductions que je publie ne reflètent pas nécessairement ma pensée.

Facebook Auto Publish Powered By : XYZScripts.com