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The strain (2014) : recette gagnante pour l’insomnie

The strain est une nouvelle série de 12 épisodes diffusée sur les ondes de FX aux États-Unis et au Canada depuis la mi-juillet.

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Tout commence dans un avion à destination de l’aéroport JFK de New York alors qu’un être étrange s’en prend aux passagers, n’en épargnant en apparence que quatre et tuant les 206 autres. Une fois le l’appareil atterri, l’épidémiologiste Ephraim Goodweather (Corey Stroll)  et son assistante Nora Martinez (Mia Maestro) du CDC (centre de contrôle et de protection des maladies) sont dépêchés sur place pour enquêter sur les cadavres, mais se retrouvent rapidement dépassé par les événements. La situation se complique alors que les morts disparaissent de la morgue et qu’ils se mettent à transmettre le virus dont ils sont atteints, menaçant par le fait même l’humanité.

Création de Chuck Hogan et de Guillermo del Torro, lequel est maître de l’horreur (les films Hellboy, entres autres), The strain est effroyable à souhait. Ici, le mythe du vampire et des  morts-vivants atteint son paroxysme et que l’on soit adepte ou non du genre, force est d’admettre que la série est très convaincante dans ce chaos qu’elle met tranquillement, mais sûrement, en place.

D’origine inconnue

Après le drame, il reste officiellement quatre survivants : le pilote, une star du hard rock, un père de famille et une avocate. C’est cette dernière qui fait pressions sur les autorités pour que s’arrête la quarantaine dans laquelle le Dr Goodweather les a placés. Et comme ils ont tous l’air en santé, ils sont relâchés. Seulement, leur état ne tarde pas à se dégrader. Ils entendent des vrombissements, leurs yeux rougissent à la clarté, leur peau perd de l’éclat, ils perdent leurs cheveux et bien plus…. En fait, l’épidémie se propage par de petits asticots qui entrent dans leur corps et les vident de tout leur sang. Bientôt, ces zombies ne vivent que pour ce précieux liquide et tuer autrui est le moindre de leurs soucis.

Mais quelle est l’origine de ce mal? Pour le moment, nous n’en savons rien, si ce n’est qu’on nous présente une brochette de protagonistes qui jouent très certainement un rôle important dans cette affaire. Il y a d’abord le professeur Abraham Setrakian (David Bradley), un survivant de l’holocauste et familier d’une autre épidémie du même genre survenue plusieurs années auparavant. Le problème est que personne ne le prend au sérieux, mis à part Thomas Eichorst (Richard Sammel) un être maléfique, lui-même un monstre, mais déguisé en riche homme d’affaires. Viennent aussi s’ajouter Eldritch Palmer (Jonathan Hyde), un vieux milliardaire obsédé par l’immortalité et Vasilly Fet (Kevin Durand), un exterminateur de rat de descendance ukrainienne.

À la fin du troisième épisode, on se questionne toujours sur la pertinence de certains protagonistes et The strain aurait peut-être gagné à nous les présenter plus en profondeur. Le seul sur lequel on tente le coup est le Dr Goodweather. En instance de divorce, son but est d’obtenir la garde de son jeune fils. On apprend qu’il était alcoolique et qu’il peine toujours à maîtriser ses émotions.

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Mais c’est surtout le fait qu’il soit trop absorbé par son travail qui joue contre lui dans le procès l’opposant à sa femme. Cette facette du personnage n’apporte pas grand-chose à l’histoire et en coupant quelques-unes de ces scènes, on aurait pu prendre davantage de temps pour nous expliquer les origines du virus, mais comme le dit ce même docteur durant le pilote : « a virus exists only to find a carrier and reproduce, that’s all it does and it does it quickly. It has no political views, no religious beliefs, no cultural hang-ups; it has no respect for a badge, it has no concept of time or geography. » Et puisque la série semble vouloir se baser sur ce concept, reste les dommages que cause ce virus pour nous garder en haleine; et voilà où justement elle excelle.

Un seul but, faire peur

En règle générale, le genre d’horreur tire davantage son épingle du jeu par ses effets spéciaux que pour son scénario et The strain ne fait pas exception à la règle. La plupart des critiques américaines étaient plus ou moins impressionnées par le scénario, mais reconnaissaient en même temps l’efficacité sans bornes de del Torro à nous effrayer. C’est toute l’atmosphère des épisodes qui nous envoûte avec sa musique macabre, ses lieux mal éclairés et un rythme où l’on passe du calme le plus complet à une attaque-surprise qui nous fait bondir. Sur un ton badin, le critique Matt Zoller Seitz écrit avec raison: « at certain points it was, in fact, quite scary, so much that you should probably not start watching an episode too late ». Revers de situation à la morgue, agression dans une baignoire et surtout la dégradation du chanteur survivant (la fin du troisième épisode est pour le moins… marquante); ces scènes restent gravées dans nos mémoires un certain temps. De plus, certaines des plus horrifiques scènes, comme la transformation d’Eichorst (de vampire à être humain) sont accompagnées d’airs d’opéra ou de chansons joyeuses comme « Sweet Carolina » de Neil Diamond offrent un contraste saisissant; la même technique était d’ailleurs utilisée dans Hannibal.

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Autre qualité indéniable de la série, on nous présente des vampires pour ce qu’ils sont à l’origine de leur création en littérature : des monstres et rien de plus. Dracula diffusée à la fin de l’automne 2013 avait fait cette erreur de mettre en scène un vampire en mal d’amour, cherchant par-là à nous le rendre sympathique, mais peine perdue. Pas non plus de ces pseudovampires à la True blood qui vivent bon an mal an en marge de la société, et qui sont davantage attirés par les expériences sexuelles et les salles de gym. Dans The strain, les monstres sont tout simplement diaboliques. Dans le cas des quatre survivants, cette transformation physique est accompagnée d’une transformation mentale. Jamais ils ne demandent de l’aide et peu à peu, ils perdent leur âme. Si seulement on nous les avait fait mieux connaître avant leur infection, l’effet aurait été encore plus envoûtant.

Pour une chaîne câblée, la nouvelle série est en forme puisqu’elle a rassemblé 2,99 millions de téléspectateurs au cours de sa première, 2,12 et 2,30 pour les épisodes suivants. Pour le moment, The strain fait beaucoup parler d’elle, notamment pour ses affiches promotionnelles (ci-haut) qu’elle a dû retirer dans plusieurs villes américaines à la suite de plusieurs plaintes. Comme on peut le constater, les séries traitant de l’horreur à la télévision ne sont pas au goût de tous, mais celle-ci a déjà trouvé sa niche et parions qu’elle obtiendra le feu vert pur un second opus.

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Jean-François Chartrand-Delorme

Ayant étudié en cinéma et en communications, depuis longtemps je suis habitué à l'évaluation, à l'analyse et à la critique de films. Au fil des ans, cette passion s'est davantage transférée vers les séries télé. La fiction m'intéresse davantage, mais les séries documentaires me fascinent aussi. Chacun de ces deux genres nous offrent un portrait de la société, son évolution et parfois sa régression. De plus, je me suis rendu compte assez vite qu'outre les séries québécoises et américaines que nous connaissons davantage, plusieurs autres pays dans le monde représentent une compétition sérieuse... au grand plaisir des téléspectateurs. Depuis quelques mois, je me suis mis à écrire des critiques, tout en travaillant dans les médias à temps plein. Ma règle d'or est de ne jamais juger une série par un seul épisode. Dans mon cas, la règle de trois s'applique, question de laisser la chance au coureur. En espérant pouvoir partager avec les lecteurs mes appréciations, découvertes et déceptions du petit écran et surtout échanger avec ceux-ci. Venez me lire!

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