Kendall Jones : de «cheerleader» à chasseuse en Afrique




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Kendall Jones : de «cheerleader» à chasseuse en Afrique

Cet article est une traduction intégrale d’un texte paru sur First For Hunters

Si vous avez allumé votre télé, écouté la radio, lu un journal ou êtes allé sur Internet dans les dernières semaines, vous avez probablement entendu parler de Kendall Jones.

Kendall Jones lion

Kendall Jones est une «cheerleader» de 19 ans et étudiante à Texas Tech ayant soulevé une controverse récemment. Elle est une chasseuse d’expérience ayant eu la chance d’avoir voyagé en Afrique pour chasser les «Big five», les cinq animaux représentatifs de la savane africaine, ainsi que pour travailler auprès d’organismes pour fournir de la viande à des communautés locales et pour soigner des animaux blessés.

Récemment, elle a été la cible d’attaques sur les médias sociaux par des agences de presse pour avoir publié des photos de chasse sur Facebook. Il y a beaucoup de désinformation circulant à propos de ses proies et du rôle spécifique de la chasse dans la conservation de la faune. Bill McGrath, le conseiller législatif de SCI, a eu le privilège de s’asseoir avec Kendall pour discuter du contrecoup médiatique et comprendre correctement l’histoire.

Kendall Jones

Bill : Bonjour Kendall, merci de prendre le temps de nous parler. Je sais que vous avez été sous l’oeil du public récemment et avez été critiquée pour vos publications Facebook. Quelle a été votre expérience avec les centaines de messages négatifs à votre égard, et qu’en pensez-vous?

Kendall : Merci de me recevoir! Je pense que c’était très blessant, et cela me fait de la peine autant qu’aux autres de me faire appeler ainsi. C’est assez inquiétant de voir des gens déplorer la vie d’un animal décédé et de souhaiter ma mort du même souffle. Je ne vois pas la logique dans cela. Je suis pour les opinions divergentes. C’est une chose positive qui encourage le dialogue sur la conservation, mais la réaction de ces gens ne fait que d’arrêter la discussion et empêche le progrès.

Si vous n’êtes pas d’accord avec moi, ne criez pas et ne me traitez pas de noms, montrez-moi de la recherche et des arguments logiques. Je crois en la chasse, et en la conservation, et ni les menaces de mort, ni la cruauté ne me convaincront.

kendall jones cheerleaders

Bill : En plus des commentaires sur les réseaux sociaux, vous avez aussi été attaquée par des groupes de défense des droits des animaux, plus particulièrement par Jeffrey Flocken du Fonds international pour la protection des animaux. Il vous a dit : «J’espère que le petit nombre d’Américains qui se délectent toujours de l’exploitation et du meurtre vaniteux d’êtres vivants comme divertissement disparaîtront avant tous les animaux.» Ça sonne un peu menaçant. Quelle est votre réaction à cela?

Kendall : Je trouve un peu étrange que seulement des femmes aient été ciblées par ces organismes. Pourquoi ces gros et puissants organismes me poursuivent, moi, une femme, une minorité dans la communauté des chasseurs, et pourquoi m’attaquent-ils avec leur rhétorique contre la chasse? Je ne suis pas la première à faire des safaris africains, mais ces groupes m’attaquent malgré cela. Quant à M. Flocken, je pense qu’il est assez minable de s’abaisser autant et de souhaiter ma «disparition».

Est-il vraiment le représentant des droits des animaux? Non seulement son article est-il insultant, mais il est incorrect à un point où c’est gênant. Il se contredit dans son propre article. Il n’a pas raison d’insinuer que la population de rhinocéros noirs décline quand elle ne l’est pas. La Namibie fait l’élevage des rhinocéros et les protège. Elle possède 35% des rhinocéros en Afrique! Je suis ouverte à écouter les idées et les opinions des autres, mais le fait que quelqu’un puisse manipuler de l’information aussi confortablement et mentir si évidemment sur ce sujet controversé me laisse tout simplement perplexe.

Bill : La plupart des gens qui ne chassent pas ne comprennent pas comment la chasse d’un animal peut faire de quelqu’un un écologiste. Vous avez été une écologiste active pour la majorité de votre vie. Pouvez-vous nous expliquer comment la chasse peut bénéficier à plusieurs espèces?

Kendall : Oui, je suis une chasseuse, mais je suis avant tout une écologiste. Les gens aiment sauter aux conclusions, et la plupart du temps, ce n’est pas de leur faute. La majorité des gens ne comprennent pas que la chasse est, et sera toujours un outil utile pour la conservation des animaux. Beaucoup ne tiennent pas compte des règles strictes entourant la chasse légale. Quand je voyage en Afrique pour chasser, je dois payer des frais de licence pour les espèces d’animaux spécifiques que je prévois chasser. Si le nombre d’animaux dans le pays ne justifie pas une chasse, les chasseurs n’obtiendront pas de licence. L’argent provenant de ces licences va directement aux communautés locales pour financer des mesures contre le braconnage, à la recherche, et à d’autres initiatives de conservation.

kendall jones leopard

Kendall : Pourriez-vous expliquer davantage l’aspect de conservation?

Kendall : Bien sûr. Les groupes de conservation élèvent des espèces en voie de disparition pour augmenter leur population. Prenez la Namibie, par exemple. Ils ne permettent que cinq chasses au rhinocéros par an. Normalement, ce sont de vieux rhinocéros qui ne sont plus capables de se reproduire, qui sont malades, ou trop dangereux pour coexister avec les autres rhinocéros. La Namibie a obtenu beaucoup de succès dans l’augmentation de ses populations et possède maintenant 1 750 des 5 000 rhinocéros noirs sauvages.

Les chasseurs contribuent plus de 200 millions de dollars annuellement à l’économie africaine en général. Dans les régions les plus rurales, où beaucoup de ces chasses ont lieu, les terres sont trop sèches pour l’agriculture et trop isolées pour l’éco-tourisme, mais la chasse créé des emplois et plusieurs communautés dépendent de ces safaris de chasse pour leur survie.

Bill : Vous vous prenez en photo avec vos proies, mais vous dites que vous aimez les animaux par la suite. Un chasseur peut-il vraiment aimer les animaux s’il est prêt à les tuer pour le sport?

Kendall : J’aime vraiment les animaux. En tant que chasseurs, nous avons une appréciation profonde pour les proies que nous chassons, mais nous comprenons aussi que la chasse contribue à prolonger l’existence des espèces chassées. La conservation moderne cherche à réduire les risques dans la population, à préserver l’habitat, et à s’assurer que les espèces seront durables dans le futur. La chasse fait cela.

Je comprends que les photos puissent être un peu déstabilisantes pour un chasseur peu expérimenté ou pour le public désinformé, mais elles ne sont que la documentation de mes expériences. Mon «sourire menaçant», comme CNN l’a appelé, n’est pas sur mon visage parce que je me réjouis de la mort d’une créature magnifique, mais plutôt parce que je sais que je contribue à l’amélioration des espèces et au financement très nécessaire de la conservation en général. En fait, je fais quelque chose qui bénéficie aux animaux qui m’importent, et j’en suis fière.

Bill : Pourtant, c’est un peu comme de la triche, élever un animal pour qu’il soit chassé dans un espace restreint. Considérez-vous cela comme de la chasse?

Kendall : Je suis contente que vous ayez parlé de cela, en fait. C’est une autre fausse idée que les gens semblent entretenir. L’Afrique est très grande. C’est le deuxième plus grand continent, représentant plus de 20% de la masse de la planète. Les réserves de chasse où les animaux sont élevés ne sont pas du tout petites, elles sont plutôt des énormes pistes de terre où les animaux se promènent en liberté. La largeur des parcs dépasse normalement 3 000 kilomètres carrés, et les animaux mènent des vies normales et heureuses.

Les chasses ne se déroulent pas à proximité. Les chasseurs doivent les suivre, les poursuivre, et provoquer l’animal activement pour une chasse fructueuse. C’est dangereux, périlleux, et difficile.

Bill : Beaucoup de gens sont contre ce sport. Elles sont fondamentalement en désaccord. Plusieurs personnes sur Facebook ont exprimé, bien que fortement, leur désaccord. Alors, comment le comparez-vous à d’autres sports, et comment le justifiez-vous?

Kendall : J’ai de la difficulté avec le mot «justifier» parce que cela insinue que je fais quelque chose de mal et que je dois avoir une raison pour mes actions. La chasse n’est pas un sport pour tous, et j’en suis consciente. Le problème ici est la mauvaise communication. Les gens ne voient pas le lien entre la chasse et la conservation. La réalité est que les photo-safaris, les dons, et les autres sources de revenu n’équivalent pas à l’argent que les groupes de conservation font avec la chasse.

Les chasseurs peuvent pratiquer leur passe-temps préféré et les écologistes peuvent pratiquer leur travail positif. Nous devrions être des associés, pas des ennemis. J’ai confiance que lorsque les gens sur Facebook et Twitter comprendront cela, il y aura moins de haine et plus de coopération.

Kendall Jones school

Bill : Il y a une vidéo sur votre page montrant un groupe de personnes tirant la viande d’une de vos proies. Leur avez-vous vraiment donné cette nourriture? Combien de gens en ont bénéficié?

Kendall : Oui, dans cette vidéo, j’avais chassé un éléphant. Cette chasse en particulier a nourri plus de 100 familles. Si plus de gens chassaient et donnaient la viande comme je l’ai fait, des centaines, voire des milliers de personnes en Afrique pourraient être nourries comme sous-produit de la chasse.

Bill : Parlons de la chasse elle-même. Pourquoi l’aimez-vous autant?

Kendall : J’aime la chasse en raison du défi et de la force mentale nécessaire pour suivre et provoquer l’animal. Comme je l’ai dit plus tôt, c’est dangereux et difficile. La chasse n’est pas une partie de plaisir. Être chasseur demande beaucoup de force physique et d’endurance. Cela requiert beaucoup de patience et d’habileté pour utiliser un fusil, et encore plus pour manipuler un arc à flèches. C’est une expérience très connectée, et même spirituelle où l’on apprend beaucoup sur soi.

Cela m’a certainement aidé à grandir en tant que personne. J’aime la chasse, et j’y crois, et j’aimerais que plus de gens la pratiquent. Hormis cela, je l’aime parce que c’est un outil utile. Je suis une grande amatrice de The Walking Dead. Si cela arriverait dans la vraie vie, j’aurais confiance en mes chances de survie!


Bill : Ok, fini l’interrogatoire. Parlons de vous. Vous êtes une étudiante à l’université impliquée dans des activités parascolaires, et vous êtes une «cheerleader». Vous faites des activités universitaires très ordinaires. Vous êtes une chasseuse d’expérience en plus? Comment cela est-il possible? Pourriez-vous nous dire d’où provient votre amour pour la chasse?

Kendall : Bien sûr! J’ai grandi à Cleburne, au Texas. Mon père m’emmenait avec lui à la chasse. À neuf ans, j’étais déjà allée au Zimbabwe en Afrique avec ma famille et j’ai vu mon père chasser les «Big five». Là-bas, je suis devenue fascinée par la culture africaine. Avec l’aide de ma famille, nous avons visité des écoles primaires pour leur distribuer des bonbons, des livres et des ballons de soccer à des enfants défavorisés. Cela m’a ouvert les yeux sur la réalité dans le monde, et l’expérience a développé ma compassion et m’a fait me préoccuper des gens dans le besoin. Ma compassion est la raison pour laquelle je donne la viande de mes chasses aux villages.

Bill : Et ben, merci beaucoup de nous avoir accordé de votre temps, Kendall. Nous vous souhaitons bonne chance dans vos futurs projets. J’espère que ceci aidera à diminuer la désinformation et montrera les bénéfices de la chasse comme outil de conservation.

Source : First For Hunters

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Annabelle Thibault

Annabelle Thibault

Je suis traductrice et rédactrice d'articles dans les domaines de la télévision et du cinéma. Les traductions que je publie ne reflètent pas nécessairement ma pensée.