Outlander : carte postale historique écossaise




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Outlander : carte postale historique écossaise

Outlander (Le Chardon et le Tartan) est une nouvelle série de 16 épisodes diffusés depuis le début août sur les ondes de Starz aux États-Unis et Showcase au Canada

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Alors que la Deuxième Guerre mondiale vient tout juste de s’achever, Frank Randall (Tobias Menzies) et son épouse Claire (Caitriona Balfe) décident de partir faire un deuxième voyage de noces en direction de l’Écosse. Après quelques jours de tourisme, cette dernière se rend près d’un parc comprenant plusieurs dolmens qui, on ne sait comment, la propulse au XVIIIe siècle alors que le pays est en guerre contre l’Angleterre. Entouré de toute sa bande, c’est Jamie Fraser (Sam Heughan) qui la prend sous son aile et ensemble, ils vont s’installer un moment au Manoir du seigneur Colum MacKenzie (Gary Lewis), lequel est aussitôt fasciné par ses dons de guérisseuse. Dès lors, Claire tente de s’acclimater à cette nouvelle époque sans rien raconter de son aventure, tout en cherchant un moyen de retourner dans le temps présent.

Adaptation du bestseller éponyme de Diana Gabaldon, Outlander est une série très lente, quelques fois à la sauce Harlequin, mais bien à l’image du roman. Et si l’on apprécierait un peu plus d’intrigues, force est d’admettre qu’elle parvient à capter notre attention, en particulier pour sa recréation d’époque et la magnifique mise en scène qui nous donnent envie d’aller s’acheter tout de go un billet d’avion pour les Highlands.

Une lenteur qui a la cote

Après avoir passé la quasi-totalité de la guerre séparé (Claire en tant qu’infirmière, Frank dans l’armée), le couple décide d’aller en voyage en Écosse, notamment pour revenir sur les lieux où les ancêtres de Frank ont grandi. Un beau matin, Claire se promène dans les environs et des bruits étranges provenant de dolmens captent son attention. Sitôt qu’elle touche les pierres, elle s’évanouit et se réveille en 1743. Des soldats anglais la trouvent et alors qu’ils s’apprêtent à la violer, elle est sauvée par Jamie, une jeune Écossaise appartenant au clan des MacKenzie.

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Claire étant anglaise dans une période qui oppose les deux nations, c’est grâce à sa protection qu’elle parvient à s’intégrer aux habitants du bourg. Colum, est le seigneur du clan et l’oncle maternel de Jamie. Il souffre du syndrome Toulouse-Lautrec et refuse de laisser partir Claire, parce qu’elle parvient grâce à ses dons en médecine à soulager ses douleurs. Son frère et bras droit, Dougal (Graham McTavish) est persuadé que la nouvelle venue est une espionne à la solde des Anglais et la fait surveiller jour et nuit. Cette surveillance continuelle ne l’empêche pas de se lier d’amitié avec des gens de la communauté, notamment sa femme de chambre Mrs. Fitzgibbons (Annette Baldand) qui la tient au courant de la vie des habitants et de Geillis Duncan (Lotte Verbeek), la femme du procureur fiscal qui grâce à sa beauté, réussit à envoûter tout le monde.

Étonnement avec un tel synopsis, l’histoire avance très lentement, sûrement à l’image des huit nouvelles à l’origine de l’adaptation d’Outlander. Pour preuve, Claire ne demande que très tardivement au deuxième épisode en quelle année elle a atterri! De plus, la série à plusieurs égards fait beaucoup penser aux romans de type Harlequin. On est loin du sang et des guerres fratricides de Game of thrones alors que l’on privilégie la romance et les bons sentiments. En ce sens, Outlander fait penser à Cedar Cove créée en 2013 par Hallmark Channel. Bien que pour plusieurs raisons énoncées ici, la série se révélait exécrable, reste que ces « fictions lentes » ont leur public. Pour preuve, la première saison de celle-ci a rassemblé en moyenne 2,1 millions de téléspectateurs. À titre d’exemple, c’est beaucoup plus que Ray Donovan (Saison 1 : 1,5 million), Les Borgias (moyenne des trois saisons : 0,67 million) ou Banshee (moyenne des deux saisons : 0,5 million); des séries hautement plus médiatisées.

Pourtant…

Ce n’est pas parce qu’Outlander prend son temps qu’elle est nécessairement ennuyeuse, bien au contraire. La force ici, c’est de réussir à nous imprégner de l’espace dans laquelle elle se déroule. Le calme somme toute ambiant dans lequel évoluent les personnages est à l’image des magnifiques prises de vue des Highlands. Et cette série de Starz s’harmonise bien mieux que New Worlds ou Reign par exemple. Ces deux séries (la première au temps de Charles II et la seconde au temps de Marie Stuart) avaient pour principal défaut de déformer des faits historiques importants seulement pour des fins télévisuelles; capter davantage l’auditoire. Ces grandes libertés notamment avec celle de CW discréditaient complètement le produit, ce qui n’est pas le cas avec Outlander. Celle-ci a l’avantage de ne pas se centrer sur les arcanes du pouvoir, mais bien sur la vie quotidienne d’une seigneurie.

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Ainsi, on assiste minutieusement Claire, assistée de Mrs Fiztgibbons, qui doit le matin enfiler une myriade des vêtements qu’il faut pour avoir l’air d’une dame de son rang. Plus tard, ce sont les concerts à la cour ou encore, les potions que concoctent les femmes avec des herbes naturelles sensées soigner toutes sortes de maux. Même chose pour les paysans qui travaillent dans les champs ou l’importance que revêtent la religion et les superstitions pour la population. Enfin, on apprécie aussi qu’à plusieurs reprises, les personnages parlent entre eux en gaélique, quelquefois avec, quelques fois sans sous-titres, ce qui apporte de l’authenticité et permet de nous mettre aisément à la place de Claire, laquelle non plus ne comprend pas tout ce qui se trame.

Outlander a attiré 0,72 million de téléspectateurs lors du premier épisode et au troisième, ils étaient un million. Alors que les huit derniers épisodes de la saison seront présentés en 2015, une seconde a d’ores et déjà été annoncée par la chaîne. Bien qu’on souhaiterait plus de rebondissements, la représentation du folklore écossais capte à coup sûr notre attention.

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Jean-François Chartrand-Delorme

Ayant étudié en cinéma et en communications, depuis longtemps je suis habitué à l'évaluation, à l'analyse et à la critique de films. Au fil des ans, cette passion s'est davantage transférée vers les séries télé. La fiction m'intéresse davantage, mais les séries documentaires me fascinent aussi. Chacun de ces deux genres nous offrent un portrait de la société, son évolution et parfois sa régression. De plus, je me suis rendu compte assez vite qu'outre les séries québécoises et américaines que nous connaissons davantage, plusieurs autres pays dans le monde représentent une compétition sérieuse... au grand plaisir des téléspectateurs. Depuis quelques mois, je me suis mis à écrire des critiques, tout en travaillant dans les médias à temps plein. Ma règle d'or est de ne jamais juger une série par un seul épisode. Dans mon cas, la règle de trois s'applique, question de laisser la chance au coureur. En espérant pouvoir partager avec les lecteurs mes appréciations, découvertes et déceptions du petit écran et surtout échanger avec ceux-ci. Venez me lire!