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How to get away with murder : Thank god it’s Thursday!

How to get away with murder est une nouvelle série de 15 épisodes diffusés sur les ondes d’ABC aux États-Unis et CTV au Canada depuis la fin septembre.

BACKGROUND: MATT MCGORRY, KATIE FINDLAY, ALFRED ENOCH, KARLA SOUZA, AJA NAOMI KING, JACK FALAHEE, BILLY BROWN, LIZA WEIL, CHARLIE WEBER;  FOREGROUND: VIOLA DAVIS

On nous transporte à Philadelphie à l’université de Middleton où l’avocate en droit criminel, Annalise Keating (Viola Davis) enseigne à temps partiel à des étudiants. Concernant une affaire judiciaire qui est en cours, elle met au défi toute la classe de trouver des éléments de preuve pouvant innocenter l’accusée. Cinq d’entre eux se démarquent et deviennent ses assistants : Wes Gibbins (Alfred Enoch), Connor Walsh (Jack Falahee), Michaela Pratt (Aja Naomi King), Asher Millstone (Matt McGorry) et Laurel Castillo (Karla Souza). À chaque épisode, ces étudiants rivalisent entre eux pour s’attirer les faveurs de l’implacable et glaciale avocate, ne passant pas toujours via les voies légales. Deux meurtres dont un qui nous est montré par bribes durant des flashforward (technique qui a fait ses preuves dans Revenge) ponctuent la fiction.

Création issue du tandem Shonda Rimes et Peter Nowalk (tous deux derrière Grey’s Anatomy et Scandal), HTGAWM (pour faire plus court) est un thriller qui regorge de potentiel avec des personnages pas tout à fait sympathiques, mais qui ont beaucoup de poigne. Le scénario, tout comme la mise en scène nous garderont à coup sûr captifs jusqu’à la fin de la première saison. À voir.

Une histoire en trois temps

Le scénario de How to get away with murder se divise en trois histoires contenant chacune leurs intrigues, mais toutes inter-reliées. Dans la première, nous nous retrouvons dans le procédural puisqu’à chaque épisode, Annalise doit défendre un client avec l’aide de ses assistants. Ainsi, dans les quatre premiers épisodes, elle innocente une secrétaire accusée d’avoir voulu tuer son patron, un mari qui aurait tué sa seconde épouse, une mère de famille soupçonnée d’avoir appartenu à un groupe terroriste dans une ancienne vie et la présidente d’une firme de courtage accusée de délit d’initié.

getaway

Dans la deuxième histoire, on revient sur le meurtre d’une étudiante qui a été commis durant le premier épisode. C’est son petit ami Griffin (Lenny Platt), un joueur de football de l’université qui est accusé de même que Rebecca (Katie Findlay) qui couchait avec lui et cette dernière est finalement défendue par Annalise. Mais voilà que l’avocate soupçonne son propre mari, Sam (Tom Verica) qui lui enseignait. Elle demande à son amant qui est policier, Nate (Billy Brown) de vérifier son alibi… qui justement ne tient pas la route. La confrontation ne tarde pas lorsqu’elle aborde Sam à la fin du quatrième épisode avec cette phrase qui marquera peut-être le petit écran : « Why is your penis on a dead girl’s phone? »

Reste la troisième histoire, de loin la plus intrigante : dans un flashforward (se déroulant trois mois plus tard), on voit qu’un cadavre git sur le sol du bureau d’Annalise et Wes, Connor, Michaela et Laurel s’y trouvent. À quel point sont-ils impliqués? On ne le sait trop à ce stade, mais les spéculations sont infinies étant donné l’identité de la victime.

Ces trois temps du récit s’agencent à merveille. Les cas qui nous sont présentés chaque semaine sont tout simplement captivants puisque les accusés sont des êtres hauts en couleur (interprétés par des acteurs chevronnés tels Steven Weber, Ana Oritz et Elizabeth Perkins) qui ne sont pas nécessairement innocents… une zone grise plane autour de chacun d’eux et leur acquittement dépend de preuves qu’Annalise et son groupe fournissent au jury, à défaut de discréditer la partie adverse. Et l’avocate est très créative… On évacue vraiment toute morale, ce qui nous offre un contraste intéressant avec Scandal dans lequel les « gladiateurs » d’Olivia s’évertuent à faire le bien et triompher la vérité. Quant aux deux autres histoires, il apparait clair que les meurtres sont inextricablement reliés. Et si ces deux éléments scénaristiques sont si poignants, c’est en partie à cause de l’ambiguïté planant sur tous les protagonistes, dont une profondeur nous est efficacement révélée au compte-goutte.

Tombent les masques

Comme mentionné plus tôt, ce sont les deux meurtres dans How to get away with murder qui retiennent davantage notre attention et Kayla Kumari Upadhyaya dans son article nous en explique la raison : « Part of the reason why the back-and-forth between the two timelines works so well this week is because it’s even more clear that all of these characters have gone through major transformations in between. » En effet, on s’empresse de rapidement démentir les premières impressions dans HTGAWM, à commencer par Annalise. Certes, c’est une femme forte, qui a à priori une vision cynique du Droit, mais elle se porte tout de même volontaire pour défendre Rebecca qui n’a pas un sou à l’opposé de Griffin dont les parents sont d’importants donateurs de l’université. C’est aussi une femme dont le couple est dysfonctionnel. Juste avant qu’elle ne confronte Sam à propos de la photo de son « membre » sur le téléphone de la victime, la caméra la filme en gros plans devant son miroir en train de se départir de sa perruque et se démaquillant. Dans ce qui s’avère être un très très bon moment de télé, c’est une femme vulnérable et trompée qui confronte son mari et qui laisse le téléspectateur sans voix.

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La même chose s’applique aux étudiants. Outre Asher dont on sait très peu de choses pour le moment, tous sont transformés. La perfectionniste Michaela se réfugie dans le mutisme. Connor, un être égoïste qui multiplie les conquêtes masculines, adopte un comportement qui frôle la folie et le plus triste est que personne ne lève le petit doigt pour lui venir en aide. Il a causé son propre malheur, en somme. À l’inverse, Wes semble plus fort et bien déterminé à protéger Rebecca (est-elle la meurtrière?). Ces changements drastiques sont appuyés dans la mise en scène par une chronologie qui peu à peu rapproche le présent du futur, telle une bombe à retardement. Au départ, on est trois mois avant le drame, puis à l’épisode suivant c’est deux mois et demi, deux mois, etc. Ajoutons les tons de vert et de noir qui accompagnent toutes les scènes de flashforward qui donnent un aspect cauchemardesque au présent; tous les ingrédients sont réunis pour pour nous donner des sueurs froides, et ce, jusqu’au 15e opus.

Succès scénaristique, mais succès d’écoute aussi. Le pilote de How to get away with murder a battu des records d’audience autant en termes de chiffres (14,34 millions d’Américains) que sur la tranche des 18-49 ans (3,9%). Et bien que ce nombre diminue de semaine en semaine, la baisse n’est pas drastique et les scores encore très impressionnants. Maintenant, la série aura un défi de taille : celui de répondre aux attentes qu’elle a créées en début de saison, tout en pensant à un plan pour la prochaine dont l’annonce prochaine ne pourrait être qu’une formalité.

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Jean-François Chartrand-Delorme

Ayant étudié en cinéma et en communications, depuis longtemps je suis habitué à l'évaluation, à l'analyse et à la critique de films. Au fil des ans, cette passion s'est davantage transférée vers les séries télé. La fiction m'intéresse davantage, mais les séries documentaires me fascinent aussi. Chacun de ces deux genres nous offrent un portrait de la société, son évolution et parfois sa régression. De plus, je me suis rendu compte assez vite qu'outre les séries québécoises et américaines que nous connaissons davantage, plusieurs autres pays dans le monde représentent une compétition sérieuse... au grand plaisir des téléspectateurs. Depuis quelques mois, je me suis mis à écrire des critiques, tout en travaillant dans les médias à temps plein. Ma règle d'or est de ne jamais juger une série par un seul épisode. Dans mon cas, la règle de trois s'applique, question de laisser la chance au coureur. En espérant pouvoir partager avec les lecteurs mes appréciations, découvertes et déceptions du petit écran et surtout échanger avec ceux-ci. Venez me lire!

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