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Les vérités qui dérangent… ou exemple d’un féminisme désarçonné.

OK… Voilà ma réponse à ce texte: La misogynie a-t-elle eu raison de Pauline Marois? (ELLE EST LONGUE).

Affirmer que le Québec est misogyne pour expliquer la défaite de Pauline Marois, c’est comme blâmer McDonald pour l’épidémie d’obésité qui sévit en Occident. On cherche un bouc émissaire qui a le dos large et on peinture au rouleau. Pas besoin de finesse. Pas besoin de nuance dans les tons. Il faut vraiment être tarée et avoir une piètre opinion du Québec pour avancer une telle sottise.

La défaite du PQ est due à plusieurs facteurs. Mais avant de s’y attarder, je concède à Madame Faguy (l’auteure du texte) qu’en 2013, la population du Québec a voté contre Jean Charest et non pour Pauline Marois. La preuve, c’est que, malgré toutes les allégations et le climat malsain à l’Assemblée Nationale (fomenté par le PQ, Madame Marois en tête, carré Rouge et casseroles en mains), le PLQ a quand même su faire élire 54 députés. La lecture de cette élection était relativement simple : « Exit Jean Charest, il a été usé par dix ans de pouvoir. Le PQ ? Ok, vous brassez la cage depuis 3 ans sans arrêt. Montrez ce que vous pouvez faire… mais on vous avertis, on a la mèche pas mal courte », de dire des électeurs passablement cyniques. Le PQ n’a pas compris cela et a gouverné en troufion syphilitique. Le pétard a fini par sauter.

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Rappelons-nous de quelques éléments.
D’abord, les promesses de la campagne électorale non-respectées.
Taxer les minières et revoir les redevances ? RIEN. Établir une exigence de 2e et 3e transformation pour les produits miniers en territoire québécois ? RIEN. Abolition de la Taxe Santé ? Rien. Révision de la fiscalité à l’égard des gains en capitaux ? NIET. Abolition de l’augmentation des tarifs d’électricité sur le bloc patrimonial ? NADA. Abolition du Fonds des générations ? NOTHING. Abolition de la hausse des droits de scolarité ? OUI, ce fut fait… mais remplacé par des modifications au régime fiscal MOINS AVANTAGEUSES pour les étudiants et leurs parents que ce qui était proposé par le PLQ. Augmentation du personnel professionnel et des employés de soutien dans les écoles ? RIEN. Modification du financement des écoles privées ? RIEN. Chantier d’alphabétisation ? RIEN. Une place pour chaque enfant en CPE ?

RIEN de nouveau, seulement l’investissement déjà prévu par le budget présenté par le PLQ. Plateforme d’information régionale pour Télé-Québec ? RIEN. Création d’Espaces Québec afin de faire rayonner le savoir-faire québécois dans les pays où nous avons des intérêts économiques, politiques, scientifiques et culturels ? RIEN. Un médecin de famille pour chaque québécois ? On garde le cap sur la politique mise en place par les Libéraux. Autonomie de gestion et réforme du financement des établissements de santé ? RIEN. Instaurer des congés familiaux qui permettront aux parents de faire face à leurs obligations auprès des enfants ou aux proches de prendre soin des personnes vulnérables, handicapées ou âgées ? RIEN NON PLUS. Assurance Autonomie ? RIEN. Logement sociaux (Rénovation et construction) ? RIEN à courts termes. Élargissement d’accès à l’Aide Juridique ? RIEN. Investissement pour le développement du transport en commun, notamment à Québec et Montréal ? RIEN. Stratégie de développement du secteur manufacturier ? NADA. Élargissement du mandat de la CDPQ ? RIEN. Programme d’aide à la relève entrepreneuriale ? RIEN. Branchement de toutes les municipalités à Internet Haute-Vitesse ? RIEN. Réorganisation (NOOOOONNN , c’est pas la même chose que « Réingénierie ») de l’État ? À part 2000 postes à Hydro-Québec, RIEN !

Sans compter l’augmentation des taxes de 0,50$ sur le tabac, 0,03$ par bouteille de bière, 0,17$ par bouteille de vin et 0,26$ par bouteille de spiritueux.
Ensuite, on semble oublier que ce fut le Gouvernement des reculs. Pas d’étalement de la hausse des salaires des médecins. Pas de transformation du MTQ en « Agence » indépendante. Pas de refonte des redevances minières alors qu’on avait BLOQUÉ le projet de refonte du PLQ et qu’on en avait fait un vaste plat lors des élections. Pas non plus de réforme des CÉGEP, alors qu’on avait promis d’appliquer les mêmes normes qu’aux primaire et au secondaire en matière linguistique. C’est une excellente chose que d’avoir reculé sur ce point, mais c’est tout de même un recul sur une promesse qui n’aurait jamais dû être faite au départ. D’ailleurs, on avait promis une loi 101 plus contraignante face aux immigrants. Là-dessus aussi, on avait reculé. Que dire aussi des coupures « paramétriques » de 5% dans le secteur universitaire annoncées par le Ministre Pierre Duchesne en décembre 2013… alors que Pauline Marois avait, à quelques jours du Sommet sur l’Enseignement supérieur tenu le 25 et le 26 février précédent, annoncé un investissement de 800 millions de dollars sur 5 ans.

Et les bourdes ? On oublie les bourdes ? Comme la nomination d’André Boisclair comme Délégué Général du Québec à New-York ET sa nomination parallèle comme sous-ministre adjoint au Ministère des Relations internationales. Un scandale ? Pas certain. Un précédent ayant toutes les apparences de favoritisme ? Amplement.

Sous le même thème, rappelez-vous de tout le bruit que Madame Marois avait fait au sujet des nominations partisanes du PLQ. Elle avait même mis sur pied un « Comité des Sages » chargé de se pencher sur les nominations partisanes… mais dont le mandat ne serait limité qu’aux 9 ans du Gouvernement Charest… Sérieusement ? Alors qu’en même temps, on fout à la porte de l’Agence Métropolitaine de Transport le PDG par intérim, Paul Côté pour le remplacé par l’ancien député Nicolas Girard… qui RÉEMBAUCHE Paul Côté comme « PDG adjoint », ne connaissant rien aux transports.

Pauline Marois

Et le voyage de Mme Marois en Écosse. Le Premier Ministre écossais, Alex Salmond ne sachant plus comment dire à Madame Marois comment se mêler de ses affaires, a fini par la rencontrer et a émis un communiqué platonique dans lequel on pouvait lire que « l’avenir des peuples Québécois et Écossais allait être déterminés par… eux-mêmes! » Arrêtez-moi quelqu’un avant que je te ne me fasse une crise cardiaque face à cette surprise ! Avait-on vraiment besoin de dépenser des fonds publics pour ça ?
Ah oui, j’oubliais… L’entrée au pouvoir du PQ était tellement chaotique que l’exécutif complet de la circonscription de Maskinongé a choisi de démissionner en bloc ! Probablement parce qu’ils sont… quoi ? Misogynes ?

Et que dire de la promesse tenue d’abolir les hausses des droits de scolarité mais l’imposition d’une indexation de 3% par année ? Je revois encore Madame la Première Ministre Marois se contorsionner pour expliquer comment une « indexation » des droits de scolarité était tellement différente d’une « augmentation », devant des représentants d’associations étudiantes subjugués. Est-il possible que certaines personnes qui croyaient au PQ durant le fameux conflit étudiant se soient senties trahies par cet exercice de gymnastique intellectuelle ? Non ?

Et l’augmentation des taxes scolaires, vous vous en souvenez ? Alors qu’elle était Ministre de l’Éducation, Madame Marie Malavoy, en réponse à la comparaison des mesures « favorables » adoptées pour donner un peu d’air aux universités de la part des Commissions Scolaires qui devaient absorber 200 millions $ en coupures, avait indiqué qu’il y avait beaucoup de marge de manœuvre dans le champ de taxation des contribuables et que la Loi permettait de taxer jusqu’à 0,35$ par 100$ d’évaluation… mais que, accessoirement, les CS pouvaient aussi couper dans leurs dépenses. Qu’est-il arrivé, d’après-vous ?

Et les décisions impopulaires, notamment l’augmentation des taxes de 0,50$ sur le tabac, 0,03$ par bouteille de bière, 0,17$ par bouteille de vin et 0,26$ par bouteille de spiritueux. Ça aussi, on semble sous-estimer l’attachement des Québécois à leurs vices. Sans parler de l’odieux projet de la Charte des Valeurs québécoise, polarisant l’électorat québécois autour du plus petit dénominateur commun, les préjugés les plus bas, institutionnalisant une bigoterie sans précédent. Tellement que l’on tenta de la camoufler par un voile de vertu si ténu qu’il constituait, en lui-même, une fumisterie indigne d’un grand parti politique québécois.

Puis, la campagne électorale de 2014.
Campagne que le PQ a perdue, net. Pourquoi ? Quatre raisons principales. D’abord, comme je viens de l’établir, une gouvernance inacceptable. Un nombre incalculable de reculs. De l’improvisation carabinée. Des bourdes ministérielles idiotes, comme celles de Maka Kotto et de Daniel Breton. Un manque de leadership si flagrant qu’il aura fallu le drame inimaginable de Lac Mégantic pour que la Première Ministre Marois puisse se ressaisir aux yeux des Québécois. Et elle l’a fait. Très bien même. La guerre du bilan était perdue.

Ensuite, une stratégie électorale viciée, parce que principalement basée sur un seul enjeu : la répugnante Charte des Valeurs québécoise (CVQ). C’était le seul enjeu qui dominait dans les sondages, plus fort même que les appuis au PQ. On décida d’en faire le « centre » de la stratégie électorale. Le vent dans les « voiles », aurait-on pu dire… Mais survint PKP, le poing dans les airs, insufflant une nouvelle vie dans la jeune campagne à l’enjeu que l’on souhaitait garder en sourdine : l’indépendance du Québec. À partir de ce moment, l’agenda de la campagne échappe au PQ et devient dicté par le PLQ. On prend près de 10 jours à recentrer la campagne autour de la CVQ, ce qui est perçu comme une manœuvre de rattrapage par l’électorat. Et que dire des enjeux ? L’économie. C’est de ça dont voulait entendre parler le Québec. Car au printemps 2014, le Québec connaissait un taux de croissance deux fois plus faible que celui du Canada, subissant des pertes d’emplois massives. Ajoutons à cela de piètres performances de la Première Ministre Marois dans les débats et une solide performance de Françoise David. La guerre des stratèges était perdue.

De plus, les Québécois en avaient assez des querelles et des attaques gratuites. Or, la campagne fut l’une des plus détestables que j’ai suivie. Attaques personnelles, salissage en règle, insinuations douteuses de part et d’autre. Une campagne d’inélégance indigne, encore une fois, des débats réels que méritent les Québécois.
Enfin, les Québécois ont dit et redit qu’ils ne veulent plus rien savoir de la question de la souveraineté du Québec, n’en déplaise aux tenanciers de cette option. La déconfiture du PQ lors de l’élection du 7 avril dernier n’en est que l’expression la plus récente. Je ne crois pas que le PQ deviendra à court terme un parti marginal, quoique puissent en penser les supporters de la Coalition Avenir Québec. Mais l’option souverainiste, elle, l’est de plus en plus. Nous sommes encore prêt à considérer le Parti Québécois comme l’alternative au PLQ comme régent du pouvoir, tant et si bien qu’il opte pour une gouvernance économique, pas idéologique. Tant et aussi longtemps que l’on sera en mesure d’opposer l’option « Pays » à l’option « Économie et Stabilité » dans une campagne électorale, le PQ en fera les frais.

J’ai beaucoup d’admiration pour madame Marois. Elle a connu une carrière publique enviable, faisant du service aux Québécois le centre de son cheminement. Elle a droit à tout mon respect de manière non négociable. Mais elle a échappé sa chance. Vraiment.

Le Québec a bien des tors, bien des défauts. Mais de grâce, avant de formuler de telles inepties, relisez ce que je viens d’écrire et demandez-vous s’il n’y a pas là-dedans quelques raisons pour détrôner madame Marois qui vous auraient échappées…

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Martin Pouliot

Martin Pouliot

Animateur radio depuis plus de 12 ans, je commente l'actualité et analyse les décisions afin de mieux comprendre les grands enjeux qui nous touchent. Je ne suis ni de gauche, ni de droite, je tente de me ranger du côté du respect des différences et du respect de l'individu.

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