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The Flash : une course qui risque de durer longtemps

The Flash est une nouvelle série diffusée depuis le début octobre sur les ondes de CW aux États-Unis et CTV au Canada.

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Elle a pour protagoniste Barry Allen (Grant Gustin) qui travaille en tant qu’assistant aux enquêtes judiciaires. Un jour, une explosion se produit dans les laboratoires de la S.T.A.R., ce qui génère une immense tempête qui s’abat sur la ville. Barry est frappé par la foudre provenant de ces amoncèlements de nuage et tombe dans le coma. Neuf mois plus tard, il se réveille avec un super-pouvoir : il devient l’homme le plus rapide de la terre. Il est vite pris en charge par les membres de la S.T.A.R. et est appelé au cours des épisodes à affronter des malfrats dotés de pouvoirs magiques qu’ils ont aussi hérités de la tempête, mais qu’ils utilisent à mauvais escient.

Dérivée de la série Arrow qui en est à sa troisième saison sur la même chaîne, et énième série basée sur les DC Comics, The Flash est un bon divertissement beaucoup moins caricatural et plus puéril que les dernières productions signées CW. On apprécie surtout le personnage de Barry (et bien sûr l’interprétation qu’en fait Grant Gustin) qui détonne avec les super héros conventionnels.

Enfin un peu de maturité

La foudre qui s’est abattue sur Barry a considérablement modifié son organisme, si bien qu’il peut maintenant courir à la vitesse de l’éclair. Ce sont les membres des laboratoires S.T.A.R. qui veillent sur lui et à sa tête, on retrouve le docteur Harrison Wells (Tom Cavanagh) qui est devenu paraplégique (conséquence de la tempête) et ses deux assistants Caitlin Snow (Danielle Panabaker) et Cisco Ramon (Carlos Valdes). Ensemble, ils confectionnent un costume pour Barry et suivent de très près les incidents relevant du surnaturel qui se produisent dans la ville. Le coureur éclair doit affronter dans le premier épisode, un voleur de banque qui ne se fait jamais épinglé parce qu’il a la capacité de contrôler la météo. Dans le second, Barry parvient à neutraliser un homme capable de se dédoubler autant qu’il veut et qui veut la peau de son ancien employeur Simon Stagg (William Saddler), lequel s’est approprié toutes ses recherches concernant le clonage. Dans le troisième, il affronte un dangereux meurtrier qui a la capacité de se transformer en gaz toxique et de tuer en un rien de temps quiconque le respire.

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Outre sauver le monde chaque semaine, Barry a un objectif suprême : retrouver le meurtrier de sa mère. Dans le pilote, on nous le montre plus jeune alors qu’une tempête pénètre dans la maison familiale. Un tourbillon enrobe sa génitrice et la tue. On accuse et condamne alors son propre père Henry (John Wesley Shipp), lequel croupit toujours en prison. Après l’incident, Barry a été recueilli par le détective Joe West (Jesse L. Martin) qui l’a élevé aux côtés de sa fille Iris (Candice Patton) et avec qui il travaille désormais.

À chaque nouvelle série de CW, on craint le pire. En gros ces dernières années, elle s’est montée peu inventive envers son jeune public malgré les apparences. Qu’on mette en scène des extra-terrestres venus sur terre cohabiter avec les hommes (Star-crossed) ou qu’on fasse un bond dans l’histoire à l’époque de Mary Stuart (Reign), ces séries n’étaient qu’un prétexte pour nous offrir d’insipides ménages à trois ou encore des amours impossibles. Avec The tomorrow people ou The 100, peu importe les pouvoirs magiques des protagonistes ou les voyages interplanétaires, on ne cherchait qu’à nous montrer une bande d’ados exclus voulant à tout prix éviter toute forme d’autorité parentale. Dans The Flash, on s’y est pris autrement.

Barry a beau avoir le béguin pour Iris (elle est déjà en couple), on relègue cette histoire sans grande importance à l’arrière-plan. Certes, notre héros cherche à venger la mort de sa mère, mais ce n’est pas une obsession puisqu’il veut avant tout à aider les gens dans le quotidien, qu’il s’agisse d’incendies, de vol à main armée ou de criminels en cavale. Et qui dit super-héros dit effets spéciaux, mais ici, ils n’occupent pas toute la place; à défaut d’éclipser un scénario bancal. En effet, quoi de plus simple qu’un protagoniste qui ne fait que courir plus vite que les autres? Avec ce don, Barry parvient néanmoins à avoir raison de ses ennemis, et ce, sans qu’on ait droit à des scènes de violence ou de gore, si bien que la série peut rassembler un public de tous âges, sans pour autant nous paraître enfantine. Oui, on peut reprocher à The Flash d’être un peu trop du type procédural, mais d’autres éléments scénaristiques comme la personnalité on ne peut plus ambiguë de Wells constitue une intrigue intéressante pour le long terme (il feint d’être paraplégique, peut voir dans le futur, tue Stagg supposément pour protéger son Pygmalion).

Barry Allen

Ce qu’il y a de plus surprenant dans The Flash, c’est tout simplement Barry qui n’entre dans aucun des moules des héros traditionnels. Ce n’est pas le faux nerd qui change complètement de personnalité lorsqu’il est en mission, pas plus qu’un matador aux muscles d’acier qui dissimule ses sentiments et on doit attribuer le mérite à la production. Lorsqu’on regarde les sketchs des bandes dessinées, the flash est très musclé; ce qui n’est pas du tout le cas de Barry (à l’occurrence, Grant Gustin). Celui-ci a un corps étonnamment « normal » selon les standards télévisuels, surtout lorsqu’on met en scène un super héros.

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Qu’on en juge par l’autre série The Flash, celle-là diffusée en 1990 sur les ondes de CBS et qui mettait en vedette un John Wesley Shipp gonflé à bloc (à ce sujet, très judicieux clin d’œil que d’avoir confié à cet acteur le rôle du père du héros de la nouvelle génération). Dans l’actuelle version, Barry n’est pas vengeur et fait même tout pour éviter de tuer ceux qui viennent troubler l’ordre. Il cherche seulement à les neutraliser. Il est empreint de naïveté et chose encore plus inédite, on le voit pleurer à quelques reprises durant les trois premiers épisodes, notamment lorsqu’il visite son père en prison. Ça fait justement du bien de voir à l’écran un super héros masculin un peu naïf, plus « doux » et surtout authentique.

The Flash est un succès d’écoute puisque son pilote a rassemblé près de 4,9 millions de téléspectateurs; la meilleure audience enregistrée depuis 5 ans chez CW pour le lancement d’une série. Les chiffres depuis sont quelque peu à la baisse, mais rien de drastique si bien que la chaîne a commandé une saison complète de 23 épisodes. On a surtout évité de tomber dans le piège d’Agents of S.H.I.E.L.D.S. qui trop souvent s’adressait aux initiés de Marvel, laissant pour exclu le téléspectateur peu familier avec cet univers.

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Jean-François Chartrand-Delorme

Ayant étudié en cinéma et en communications, depuis longtemps je suis habitué à l'évaluation, à l'analyse et à la critique de films. Au fil des ans, cette passion s'est davantage transférée vers les séries télé. La fiction m'intéresse davantage, mais les séries documentaires me fascinent aussi. Chacun de ces deux genres nous offrent un portrait de la société, son évolution et parfois sa régression. De plus, je me suis rendu compte assez vite qu'outre les séries québécoises et américaines que nous connaissons davantage, plusieurs autres pays dans le monde représentent une compétition sérieuse... au grand plaisir des téléspectateurs. Depuis quelques mois, je me suis mis à écrire des critiques, tout en travaillant dans les médias à temps plein. Ma règle d'or est de ne jamais juger une série par un seul épisode. Dans mon cas, la règle de trois s'applique, question de laisser la chance au coureur. En espérant pouvoir partager avec les lecteurs mes appréciations, découvertes et déceptions du petit écran et surtout échanger avec ceux-ci. Venez me lire!

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