The Librarians : magie blanche




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The Librarians : magie blanche

The Librarians est une nouvelle série de dix épisodes diffusés depuis le début décembre sur les ondes de TNT aux États-Unis et Space au Canada.

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Celle-ci débute alors que l’agente Eve Baird (Rebecca Romjin), spécialisée dans l’antiterrorisme, fait la connaissance lors d’une de ses missions de Fynn Carsen (Noah Wyle), un bibliothécaire hors du commun dont la mission est de mettre en sûreté les artefacts les plus célèbres de l’histoire qui sont aussi dotés de pouvoirs magiques. En effet, ceux-ci sont convoités par plusieurs malfrats qui planifient d’en faire usage pour de mauvaises raisons. Eve a en fait été choisie par des proches de Fynn afin qu’elle lui serve de garde du corps au cours de ses aventures. Ensemble, ils recrutent quatre autres experts aux talents variés, mais aux personnalités fort différentes. Reste à savoir s’ils seront à la hauteur des défis qui leur sont lancés.

The Librarians arrive à point nommé dans un univers télévisuel qui regorge (pour ne pas dire régurgite) de super héros signés DC, Marvel, etc. et dont les quêtes sont teintées d’un dramatisme suranné et pour la plupart du temps à l’allure visuelle très glauque. À l’opposé, la série de TNT se veut plus légère et a souvent recours à l’autodérision, ce qui permet de nous faire oublier, en partie, certaines lacunes narratives.

Originalité

Judson (Bob Newhart) est le gardien d’une immense bibliothèque qui se trouve cachée sous les rues de New York et dans laquelle sont entreposés moult artefacts. Âgé d’au moins 2000 ans, on ne peut entrer en contact avec lui que par le reflet d’un miroir, ce qui ne l’a pas empêché pour autant de transmettre tout son savoir à Fynn. Autrefois, il avait identifié une bonne centaine de bibliothécaires susceptibles de succéder à son pupille, mais voilà qu’au cours des dernières semaines, ils sont tour à tour assassinés. Eve est tombée dans l’œil de Judson : sa force de caractère et son courage font d’elle la candidate idéale pour servir de garde du corps à Fynn. In extremis, ils parviennent à rescaper les trois bibliothécaires survivants : Jake (Christian Kane), Cassandra (Lindy Booth) et Ezekiel (John Kim). Dès lors, tous se doivent de contrer la « fraternité du serpent », une organisation qui a pour but de retrouver la bibliothèque souterraine, s’emparer des trésors, notamment la couronne du roi Arthur ainsi que l’épée d’Excalibur pour ensuite les utiliser à mauvais escient. Fynn est absent dans le troisième épisode (l’acteur n’y fera dès lors que des apparences épistolaires), ce qui laisse toute la place aux recrues qu’Eve s’évertue à entrainer. Leur mission cette fois est d’anéantir un Minotaure qui chaque année a pour devoir de tuer sept hommes et sept femmes et qui se cache dans un labyrinthe mystérieux sous la tour à bureau d’une étrange corporation.

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The Librarians, c’est avant tout The Librarian : trois téléfilms diffusés tous les deux ans entre 2004 et 2008 dans lesquels on retrouvait aussi les personnages de Fynn et de Judson. Dans ce cas-ci, le pont entre le long métrage et le court s’effectue sans heurts parce que contrairement aux adaptations de bande-dessinées, il n’y a pas ici la pression de retransmettre le fantastique des pages illustrées à l’écran. Un être surnaturel ou des bandits viennent troubler le quotidien du groupe et c’est à eux de tout faire pour l’en empêcher. Si de la forme narrative se dégage le « déjà-vu », seules des mises en situation originale peuvent tromper notre ennui et The Librarians s’en tire assez bien jusqu’ici.

Mais c’est aussi les membres du groupe qui retiennent notre attention, à commencer par Eve. Il est assez rare dans les séries qu’une femme soit engagée comme garde du corps pour assurer la sécurité d’un homme. Fynn, sans être faible, est tout simplement trop téméraire et inconscient du danger pour assurer sa propre sécurité et on a droit à une dynamique intéressante. Même chose lorsqu’elle se retrouve seule avec les recrues et qu’elle cherche à les endurcir parce que leurs compétences respectives n’ont rien à voir avec les dangers qu’ils auxquels ils sont confrontés. Ainsi, Jack, en plus d’avoir un QI de 190, est un spécialiste de l’histoire de l’art. Cassandra à une mémoire sensorielle, visuelle et auditive phénoménale tandis qu’Ezekiel est un voleur de génie doté de connaissances en informatique. De prime à bord, ces nerds ou laissés pour compte ne sont pas sans nous rappeler les protagonistes de Scorpion, mais à la différence de la série de CBS, les bibliothécaires sont dotés de savoirs qui n’ont rien à voir avec l’informatique, ce qui détonne agréablement.

Du fantastique magique

Marvel : Agents of S.H.I.E.L.D.S, The Flash, Constantine, Gotham et bientôt Agent Carter : on ne compte plus le nombre de productions tirées des Marvel ou des DC Comics. En règle générale, ces adaptations n’ont pas remporté le succès espéré. D’une part, la barre est haute pour les fans du genre et d’autre part, avec l’accumulation, elles finissent toutes par se ressembler; la mise en scène est glauque et les méchants, d’une cruauté sans nom, se doivent de nous laisser une impression d’effroi. Dans The Librarians, on est davantage confronté à un univers magique que surnaturel, c’est-à-dire qui prend davantage l’aspect du conte que de la BD.

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On y retrouve une certaine innocence, accentué par la jolie bande sonore, sans pour autant rendre les histoires infantilisantes. Que certains effets spéciaux laissent à désirer ou que les acteurs en mettent un peu trop parfois ne nous dérange pas outre mesure parce que comme l’explique Pierre Sérisier dans son article : « La magie, qui règne en maîtresse de l’histoire, possède la vertu de laisser aux scénaristes la possibilité de renverser n’importe quelle situation aussi désespérée soit-elle. C’est le principe même du conte et du rêve. » Mieux encore, on tombe rapidement dans le méta où l’on se moque à plusieurs reprises du genre fantastique comme en témoignent ces dialogues : « (Ezekiel) I was really expecting a better secret door » ou encore : « (Fynn) I’m offering you the opportunity to make a difference and to save the world every week. Twice before Friday. » Bref, on se divertit fort et sans s’attendre à plus.

The Librarians a connu un bon départ puisque les deux premiers épisodes présentés le même soir ont attiré en moyenne 5,4 millions de téléspectateurs. Par contre, le troisième épisode a chuté à 3,4, ce qui est probablement dû à l’absence de Fynn. Il est vrai que sur le coup, on se sent un peu orphelin, mais le personnage reviendra et entre-temps, espérons que les autres protagonistes prendront la place qui leur est destinée.

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Jean-François Chartrand-Delorme

Ayant étudié en cinéma et en communications, depuis longtemps je suis habitué à l'évaluation, à l'analyse et à la critique de films. Au fil des ans, cette passion s'est davantage transférée vers les séries télé. La fiction m'intéresse davantage, mais les séries documentaires me fascinent aussi. Chacun de ces deux genres nous offrent un portrait de la société, son évolution et parfois sa régression. De plus, je me suis rendu compte assez vite qu'outre les séries québécoises et américaines que nous connaissons davantage, plusieurs autres pays dans le monde représentent une compétition sérieuse... au grand plaisir des téléspectateurs. Depuis quelques mois, je me suis mis à écrire des critiques, tout en travaillant dans les médias à temps plein. Ma règle d'or est de ne jamais juger une série par un seul épisode. Dans mon cas, la règle de trois s'applique, question de laisser la chance au coureur. En espérant pouvoir partager avec les lecteurs mes appréciations, découvertes et déceptions du petit écran et surtout échanger avec ceux-ci. Venez me lire!