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Big Hero 6 ou comment un simple Hiro peut aspirer à devenir un superhéros?

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Big Hero 6, une bande dessinée créée par Steven T. Seagle et Duncan Rouleau en 1999, est la toute première adaptation en animation 3D tirée de l’univers Marvel par les studios Disney, et ce, depuis son rachat en 2009 pour la somme considérable de 4 milliards de dollars. Les réalisateurs Don Hall (Winnie the Pooh de 2011) et Chris Williams (Bolt) peuvent se réjouir du succès de ce petit bijou qui ravit petits et grands : il a remporté l’Oscar du meilleur film d’animation et récolté près de 550 millions de dollars au box-office mondial!

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Lorsque son grand frère meurt dans un incendie criminel, Hiro Hamada (voix d’Alexis Plante) part à la recherche de l’auteur du sinistre. Il reçoit l’aide d’un robot gonflable nommé Baymax (voix de Paul Doucet), une invention de son aîné, et de quatre amis férus de science (Fred, GoGo Tomago, Wasabi et Honey Lemon). Alors qu’un individu maléfique menace d’assujettir la mégapole, Hiro transforme leur petit cercle de geeks en un groupe de superhéros armés de gadgets high-tech.

L’action se déroule à San Fransokyo (mot-valise combinant la ville états-unienne de San Francisco et la ville japonaise de Tokyo). Cet endroit s’inscrit comme étant un futur uchronique de ce qui aurait pu arriver si, le 18 avril 1906, les Tokyotes avaient traversé l’océan Pacifique pour prêter main-forte aux San-Franciscain à la suite du tristement célèbre séisme (magnitude de 8,2 sur l’échelle de Richter). Cette modification d’un point de départ historique engendre ce présent alternatif original dans lequel évoluent nos personnages animés.

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Les décors urbains et l’action en général bénéficient d’un souci du détail impressionnant, notamment en ce qui a trait au jeu d’ombre et de lumière, aux textures ainsi qu’à la richesse des couleurs (grâce au moteur de rendu graphique Hyperion). La scène de la course-poursuite dans les rues escarpées de San Fransokyo en est un excellent témoignage. L’équipe technique est d’ailleurs derrière le programme informatique Denizen Factory (l’usine à citoyens) destiné à fabriquer les 670 personnages uniques qui donnent vie à la mégacité à l’écran.

Big Hero 6 puise son inspiration un peu partout. Voici quelques exemples :

    La relation entre Hiro et son robot-soignant n’est pas sans rappeler celle entre Elliott et E.T. dans E.T. the Extra-Terrestrial, à commencer par les pouvoirs de guérison de ces deux « amis de passage » qui deviennent des figures paternelles/fraternelles de remplacement ayant une utilité cathartique.
    Leur relation imite aussi celle entre John Connor et son T-800 dans Terminator 2: Judgment Day, en ce sens que le robot obéit à son protégé et répète des gestes acquis (le « tope là » main dans la main de T2 devient ici un « check » poing contre poing).
    Hiro transforme Baymax en karatéka grâce à un simple téléchargement, exactement comme Morpheus qui apprend les arts martiaux à Néo dans The Matrix.
    Le télétransporteur semble sortir tout droit du film ou de la télésérie Stargate.
    Autant Baymax ressemble au Bibendum Chamallow de Ghostbusters avant sa transformation en superhéros, autant il ressemble à Iron Man dans le film éponyme une fois son armure sur le dos.

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Je ne ferai pas mention de tous les « easter eggs » qui font des clins d’œil à d’autres oeuvres de Disney, mais sachez qu’ils rendent hommage aux films Frozen, Wreck-It Ralph, Bolt, Tangled, Lilo & Stitch, The Incredibles ou encore WALL•E. Il y a même une figurine d’Oswald, l’ancêtre de Mickey Mouse, dans la chambre à coucher d’Hiro.

Stan Lee s’offre un énième caméo hitchcockien, en images de synthèse cette fois-ci. Il prend les traits du père de Fred, d’abord dans un cadre de sa gigantesque maison, ensuite dans une scène post-générique.

Une parenthèse pour mentionner que le personnage du Silver Samurai n’apparaît pas dans cette adaptation libre de Disney, en dépit du fait qu’il soit important dans la bande dessinée de Marvel, étant donné qu’il agissait déjà à titre d’antagoniste dans The Wolverine.

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Comme dans la quasi-totalité des films d’animation sortis des studios Pixar et Disney depuis Toy Story (il y a déjà vingt ans!), Big Hero 6 cache le mystérieux « A113 » à un moment du film. Visionnez la vidéo ci-dessous pour en connaître son origine.

Big Hero 6 est une réflexion sur le processus d’un deuil et sur l’importance de l’amitié. Il donne aussi une image positive de la recherche scientifique, en encourageant ses étapes importantes (quand Hiro construit l’amure de Baymax sous la musique Eye of the Tiger de Rocky III) et en applaudissant ses résultats.

Bref, même si ses grandes lignes scénaristiques ne révolutionneront pas l’histoire du cinéma, un petit je-ne-sais-quoi d’irrésistible ressort de sa forme.

Verdict : 7,5 sur 10

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Louis-Philippe Coutu-Nadeau

Louis-Philippe Coutu-Nadeau

Véritable cinéphile, Louis-Philippe Coutu-Nadeau est un scénariste-réalisateur-monteur qui a une cinquantaine de contrats à son actif en tant que vidéaste (mariages, captations d'événement, publicités, vidéoclips). Il s'occupe d'ailleurs de toutes les vidéos du concessionnaire Alix Toyota depuis juin 2013. Il a aussi été pigiste pour trois boîtes de production, soit le Studio Sonogram, VLTV Productions et Ikebana Productions. Sa filmographie personnelle présente pas moins d'une vingtaine de titres dont le film Khaos et la websérie Rendez-vous. Il possède un baccalauréat en études cinématographiques à l'UdeM et un baccalauréat par cumul de certificats à l'UQÀM (en scénarisation cinématographique, en création littéraire et en français écrit). Vous pouvez visionner son expérience contractuelle et son expérience personnelle sur son site officiel : www.lpcn.ca