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Grève sociale, enflure verbale

Quels sont vos souvenirs de la grève étudiante de 2012 ?

Personnellement, je me souviens d’un conflit qui s’était éternisé et enlisé, pendant lequel le civisme légendaire du peuple québécois avait fait place aux déchirements, engueulades et foires d’empoigne jadis associés principalement à nos cousins français. Les réseaux sociaux, qui sont perpétuellement le théâtre d’échanges acerbes, n’avaient évidemment pas échappé à cette tendance.

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Si vous vivez au Québec et êtes ne serait-ce qu’un tout petit peu au courant de ce qui se passe par les temps qui courent, vous n’êtes pas sans savoir que nous sommes sur le point de replonger tête première dans ce genre de conflit.

En effet, des associations étudiantes disant représenter près de 38 000 étudiants ont obtenu des mandats de grève de la part de leurs membres. Celles-ci invitent les citoyens de tous les horizons à venir les rejoindre dans la rue à compter de samedi, le 21 mars. Et pour les amateurs de débats corsés, la suite s’annonce prometteuse…

Cette semaine, le Huffington Post Québec rapportait les propos de François Lambert, célèbre homme d’affaires québécois. Le Dragon exprimait son rejet du mouvement de contestation annoncé par les associations étudiantes:

S’il est vrai que M. Lambert n’a pas péché par excès de délicatesse, il faut également noter la totale absence de retenue dans certaines réactions aux propos du millionnaire.

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Ce ne sont que quelques-uns des commentaires les plus grinçants retrouvés sous l’article du HuffPost. Or, si nous en sommes déjà arrivés au point où il convient de qualifier l’autre de «dictateur» et de «parasite», que nous réserve la suite des choses ? Rappelez-vous que le fameux débrayage étudiant n’a même pas encore officiellement commencé ! Si tout se passe comme le prévoient les associations étudiantes et que le mouvement étudiant s’élargit jusqu’à devenir une véritable grève sociale, que nous restera-t-il de sérénité dans les débats ? Dans l’esprit de certains contestataires, il est clair qu’il s’agit là d’une préoccupation mineure, voire futile. Il s’en trouvera même pour nous dire que de tels débats ne doivent justement pas être sereins.

Il est fort possible, à la lumière d’une telle entrée en matière, que nous soyons tous et toutes condamnés à déraper plus ou moins joyeusement pendant encore un certain temps. Il nous reste encore à voir ce que deviendra réellement cette contestation grandissante. Est-ce le retour de 2012 ?

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Evan J. Demers

Evan J. Demers

Né à Montréal, en 1985, je suis titulaire d'un baccalauréat de l'Université du Québec à Montréal en Animation et Recherche Culturelles. Je suis aussi et surtout chanteur métal, parolier, passionné de musique, de culture populaire, de politique, d'enjeux sociaux et d'humanité.