The Theory of Everything ou comment concilier l'infiniment grand d'un génie et l'infiniment petit de sa lampe?




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The Theory of Everything ou comment concilier l’infiniment grand d’un génie et l’infiniment petit de sa lampe?

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Comme le dit si bien l’adage, il y a une femme derrière chaque grand homme. Ainsi, derrière la sommité physicienne et cosmologiste qu’est Stephen Hawking se cache sa première femme, Jane Hawking (née Wilde). Les mémoires de celle-ci, intitulés Travelling to Infinity: My Life with Stephen (2008), ont été transposés au grand écran par le réalisateur James Marsh (Project Nim), une adaptation rendue possible grâce au scénariste Anthony McCarten qui, après trois longues années, a réussi à convaincre la principale intéressée de lui concéder les droits.

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Vous souvenez-vous, au fort de l’été 2014, de ces dizaines de vidéos Ice Bucket Challenge qui ont envahi quotidiennement votre fil d’actualité sur Facebook? Les fonds recueillis étaient destinés à la recherche pour la sclérose latérale amyotrophique, communément appelée « maladie de Lou Gehrig » aux États-Unis et « maladie de Charcot » en France. C’est précisément cette SLA qui a causé la dystrophie neuromusculaire dont souffre Stephen Hawking depuis son vingt-et-unième anniversaire.

Les médecins lui donnaient une espérance de vie d’environ deux ans, certes, mais il est toujours en vie et actif au moment d’écrire ces lignes. Âgé de 73 ans, Hawking a donc déjoué les pronostics et confondu les sceptiques. Ses fonctions cognitives étant épargnées, « Dieu merci », il va sans dire que son apport à la physique cosmologiste demeurera incommensurable, entre autres, en raison de son ouvrage de vulgarisation scientifique sur l’origine et l’évolution de l’Univers, A Brief History of Time: From the Big Bang to Black Holes (1988).

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L’acteur Eddie Redmayne (Les Misérables, Jupiter Ascending) ne forme qu’un avec son personnage, au point de devenir l’éminent physicien et non de le jouer/singer. Pour y parvenir, il a rencontré des patients atteints de cette maladie dégénérative, notamment Hawking lui-même, et entraîné son corps à se distordre. Si la communauté scientifique retient le rayonnement de Hawking, lequel soutient que les trous noirs devraient émettre des radiations, la communauté cinématographique se souviendra du rayonnement de Redmayne.

Sa performance est telle qu’elle a été récompensée de l’Oscar du meilleur acteur. Stephen Hawking l’a d’ailleurs félicité sur sa page Facebook : « Congratulations to Eddie Redmayne for winning an Oscar for playing me in The Theory of Everything Movie. Well done Eddie, I’m very proud of you. » Ironiquement, Benedict Cumberbatch, nominé dans la même catégorie pour son rôle d’Alan Turing dans The Imitation Game, avait incarné Hawking dans un téléfilm diffusé sur la chaîne BBC en 2004…

Cela dit, Felicity Jones (Like Crazy, The Invisible Woman) n’est pas en reste sous les traits de Jane Hawking, une femme forte dont le courage et l’abnégation auront permis à leur couple de surmonter les épreuves et de donner naissance à trois enfants (Robert, Lucy, et Timothy). Elle s’est méritée une nomination pour la véracité de son jeu.

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Plus souvent qu’autrement, les critiques s’évertuent à qualifier certains films d’être trop « académiques » à l’aube de la cérémonie des Oscars. Unbroken, The Imitation Game et American Sniper (trois biopics respectivement sur Louis Zamperini, Alan Turing et Chris Kyle) ont tous été la cible de cette étiquette calomnieuse. The Theory of Everything n’y échappe pas, ne serait-ce qu’à cause de son histoire d’amour nimbée d’un sentimentalisme qui prend le pas sur les succès théoriques d’Hawking. Or, il s’agit du point de vue de Jane Hawking, opposant, d’un côté, le combat de l’homme pour s’adapter à sa maladie et, de l’autre, celui d’une femme pour rester à son chevet le plus longtemps possible.

Pour ma part, cet « académisme » ne m’a pas le moins du monde dérangé tellement la dégénérescence de ce personnage m’a entraîné de force dans une spirale d’émotions, à l’image d’un objet qui franchit l’horizon des événements d’un trou noir. Impossible de rester de marbre. Je considère plutôt que « ces caresses dans le sens du poil » de l’AMPAS (Academy of Motion Picture Arts and Sciences), organisation remettant les statuettes convoitées, facilitent l’immersion dans l’univers filmique. Les regards, les non-dits, les attentes, les silences, les gros plans, tous des petits détails qui font en sorte que je me suis laissé prendre au jeu (de Redmayne). Bref, il est fort intéressant de découvrir la vie personnelle de Stephen Hawking, ce génie dont la lampe corporelle a été mise en échec en 1963 et qui est toujours en attente du mat…

Verdict : 7 sur 10

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Louis-Philippe Coutu-Nadeau

Louis-Philippe Coutu-Nadeau

Véritable cinéphile, Louis-Philippe Coutu-Nadeau est un scénariste-réalisateur-monteur qui a une cinquantaine de contrats à son actif en tant que vidéaste (mariages, captations d'événement, publicités, vidéoclips). Il s'occupe d'ailleurs de toutes les vidéos du concessionnaire Alix Toyota depuis juin 2013. Il a aussi été pigiste pour trois boîtes de production, soit le Studio Sonogram, VLTV Productions et Ikebana Productions. Sa filmographie personnelle présente pas moins d'une vingtaine de titres dont le film Khaos et la websérie Rendez-vous. Il possède un baccalauréat en études cinématographiques à l'UdeM et un baccalauréat par cumul de certificats à l'UQÀM (en scénarisation cinématographique, en création littéraire et en français écrit). Vous pouvez visionner son expérience contractuelle et son expérience personnelle sur son site officiel : www.lpcn.ca