Maggie ou le contre-emploi de Schwarzenegger qui NE parvient PAS à sauver le monde ni sa fille?




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Maggie ou le contre-emploi de Schwarzenegger qui NE parvient PAS à sauver le monde ni sa fille?

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Avis aux mordus de Schwarzie qui attendaient un nouveau film d’action dopé aux stéroïdes : Maggie ne s’adresse pas à vous. La bande-annonce mensongère est le produit d’une équipe de marketing qui essaie de vendre un film d’épouvante, alors qu’il n’en est rien. Ce genre de stratégie devrait rester loin des drames intimistes comme celui-ci, de peur d’encourager la propagation du virus Pecuniariis Appetitus au-delà de son foyer d’origine situé à Hollywood…

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Il s’agit du premier film réalisé par Henry Hobson, bien que ce dernier ait déjà participé à plusieurs films où il était, entre autres, chargé de l’incrustation des titres dans les génériques. Son travail sur des superproductions états-uniennes telles que Sherlock Holmes, Robin Hood et Snow White and the Huntsman a été très apprécié.

Prenant place dans un univers apocalyptique et non post-apocalyptique comme la majorité des films du genre, le long métrage de Hobson se distingue aussi par un processus de zombification plus lent que la normale, par l’absence quasi totale de sang et par le recensement à l’écran d’à peine une poignée de morts-vivants. Il met ainsi à mal des codes établis par l’œuvre de George A. Romero (Night of the Living Dead, Dawn of the Dead, Day of the Dead, Land of the Dead) qui fait habituellement figure de Tables de la Loi.

Voici le synopsis de Maggie :

Des mois après son éclosion à l’échelle mondiale, les gouvernements locaux et nationaux commencent à endiguer l’épidémie causée par le Necroambulist, un virus zombificateur. Il impose de placer les contaminés en quarantaine. Wade Vogel (Arnold Schwarzenegger), agriculteur de profession, récupère à l’hôpital sa fille Maggie (Abigail Breslin), infectée, pour la ramener dans sa maison de campagne et la défendre coûte que coûte du reste du monde.

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« C’est l’histoire la plus humaine que j’ai jamais racontée, et c’est le personnage le plus humain que j’ai jamais incarné »

Arnold Schwarzenegger parle ainsi du film et de son rôle qui semblent avoir laissé une trace indélébile dans son esprit, ce qui explique qu’il ait accepté de baisser son salaire exorbitant (son cachet pour Terminator 3: Rise of the Machines était de 30 millions de dollars en 2003!) afin de se transformer en père de famille bourru et protecteur. L'acteur de 67 ans a enfin l'occasion de montrer autre chose que ses muscles flétris, à l’image de Sylvester Stallone avec Cop Land ou de Jean-Claude Van Damme avec JCVD.

Grâce à The Last Stand, Escape Plan, Sabotage et la trilogie The Expendables, l’ex-Governator retrouve son appétit pour le feu des projecteurs et tente, pour ainsi dire, de ressusciter une carrière incinérée depuis 2003 en raison de deux mandats comme gouverneur de la Californie. Schwarzie reviendra le 1er juillet 2015 dans Terminator Genisys et jouera pour une quatrième fois le cyborg qui a lancé sa carrière en 1984.

Abigail Breslin (Little Miss Sunshine, My Sister’s Keeper, Zombieland, No Reservations) s’en sort « presque » indemne dans la peau d’une adolescente qui connaît une dégénérescence physique semblable à celle de Linda Blair dans The Exorcist. Difficile de jouer un personnage malade sans tomber dans la caricature, et encore plus dur quand la maladie transforme ce personnage en zombie, mais l’actrice de 19 ans y parvient grâce à son talent et à la maggie magie du maquillage.

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Ce film à petit budget est donc un hommage caché à toutes ces personnes qui acceptent d’accueillir un proche malade sous leur toit et refusent de les placer dans un hôpital froid et déshumanisé. Le réalisateur explique d’ailleurs son premier-né comme suit :

« Au lieu d’évoquer la crise mondiale comme tant d’autres le font déjà, ce film se déroule dans un cadre intime et nous touche en mettant en scène un père et sa fille dans une ville anonyme. Cela permet au public de se projeter dans une situation identique et de se demander ce qu’il ferait s’il y était confronté. Le rythme lent du film permet aussi de mettre en lumière le véritable sens de la notion d’humanité. En se servant des zombies comme d’une maladie mortelle, l’évolution funeste de cette histoire s’articule autour d’une famille éclatée. Quand tout le monde autour de soi est touché, il devient difficile de ressentir de l’empathie et de la compassion. J’étais intrigué par l’idée de montrer comment cela pouvait affecter une famille et une communauté. »

Appuyé par une musique larmoyante et une photographie fade, Maggie permet à Schwarzenegger de livrer sa moins pire performance à ce jour et d’affronter son pire ennemi : la maladie!

Verdict : 7 sur 10

Voici la chanson Maggie d’Oscar Brown Jr. que les personnages du père et de sa fille écoutent au milieu du film :

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Louis-Philippe Coutu-Nadeau

Véritable cinéphile, Louis-Philippe Coutu-Nadeau est un scénariste-réalisateur-monteur qui a une cinquantaine de contrats à son actif en tant que vidéaste (mariages, captations d'événement, publicités, vidéoclips). Il s'occupe d'ailleurs de toutes les vidéos du concessionnaire Alix Toyota depuis juin 2013. Il a aussi été pigiste pour trois boîtes de production, soit le Studio Sonogram, VLTV Productions et Ikebana Productions. Sa filmographie personnelle présente pas moins d'une vingtaine de titres dont le film Khaos et la websérie Rendez-vous. Il possède un baccalauréat en études cinématographiques à l'UdeM et un baccalauréat par cumul de certificats à l'UQÀM (en scénarisation cinématographique, en création littéraire et en français écrit). Vous pouvez visionner son expérience contractuelle et son expérience personnelle sur son site officiel : www.lpcn.ca