Rachel Dolezal: le triomphe du délire




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Rachel Dolezal: le triomphe du délire

Au Québec, nous sommes fréquemment tiraillés entre différents éléments de notre identité: francophone, nord-américain, canadien ou britannique par colonisation interposée. Mais rassurez-vous, chers Québécois, il existe des gens sur cette planète qui sont franchement plus confus que vous, sur le plan identitaire.

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En effet, il existe présentement aux États-Unis une affaire qui frappe l’imaginaire collectif et engendre de houleux débats. Rachel Dolezal, femme blanche et blonde aux yeux bleus, née de parents blancs, s’est fait passer pour une noire pendant une bonne partie de sa vie adulte. L’affaire est loin d’être anodine, puisque Mme Dolezal a même occupé d’importantes fonctions au sein de la NAACP, principal organisme de défense des droits civiques de la communauté afro-américaine, aux États-Unis. Depuis la révélation au grand jour de sa véritable identité, elle a été forcée de démissionner.

Rachel Dolezal

Rachel Dolezal

Afin de passer pour noire, la femme portait une perruque foncée et frisée, et aurait fait un savant usage d’auto-bronzant et de maquillage.

Mais l’absurdité de l’affaire ne s’arrête pas là: Mme Dolezal aurait totalement inventé certains passages de sa biographie, afin de crédibiliser son personnage. Pire, elle s’était plainte à la police d’avoir reçu des messages haineux sur le web, sauf que l’enquête des autorités a depuis révélé que ces messages avaient été rédigés à partir de l’ordinateur de madame. Il s’avère donc qu’elle a fabriqué de A à Z des crimes haineux à son endroit.

Aujourd’hui forcée de s’expliquer, Rachel Dolezal affirme «s’auto-identifier» en tant que femme noire, se disant «transrace» et affirmant s’être toujours sentie noire en son for intérieur. Elle explique que la race n’est qu’un construit social et sous-entend que personne n’a le droit de lui demander si elle est véritablement noire.

Bien entendu, ces concepts d’auto-identification et d’identité «transrace» sont directement calqués sur la théorie du genre et plus précisement sur l’identité transgenre. Dans sa plus récente entrevue, Rachel Dolezal affirme même ressentir un certain lien émotif avec Caitlyn Jenner (née Bruce), nouvelle icône de la communauté transgenre.

Il s’agit donc ni plus ni moins d’une déconstruction radicale du concept de race, semblable en tous points à la déconstruction du genre à laquelle nous assistons depuis quelques décennies. On nous dit encore une fois que le fait d’être noir n’a rien de biologique. On nous souligne qu’il existe des personnes métissées, comme Barack Obama, tout comme on nous soulignait hier l’existence des hermaphrodites pour nous faire accepter la déconstruction du genre. On nous dit que tout cela n’est qu’une autre fabulation sociale et que tout individu est libre d’auto-déterminer la vraie couleur de sa peau.

Mais si, en tant qu’individu, je peux toujours faire fi de la biologie à ma guise, qu’est-ce qui m’empêche d’aller un peu plus loin dans une telle démarche et d’affirmer, par exemple, que je suis en fait un lézard enfermé dans le corps d’un humain ? Qu’est-ce qui m’empêche, dans les faits, d’être trans-espèce ? S’il n’existe plus aucune limite à ce qu’un individu peut faire de son identité, qu’est-ce qui m’empêche d’affirmer que je suis un chien né avec le corps d’un homme ? Et surtout, si je pense ainsi, qu’est-ce qui me distingue réellement d’un schizophrène ?

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Evan J. Demers

Né à Montréal, en 1985, je suis titulaire d'un baccalauréat de l'Université du Québec à Montréal en Animation et Recherche Culturelles. Je suis aussi et surtout chanteur métal, parolier, passionné de musique, de culture populaire, de politique, d'enjeux sociaux et d'humanité.