Wayward Pines (2015): cette ville étrange




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Wayward Pines (2015): cette ville étrange

Wayward Pines est une nouvelle série limitée de dix épisodes diffusée sur les ondes de Fox aux États-Unis et City TV au Canada.

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Justement, l’action s’amorce dans cette petite ville de l’Idaho alors que l’agent secret du FBI Ethan Burke (Matt Dillon) se réveille dans un hôpital après avoir passé plusieurs jours dans le coma, dû à un accident de voiture, semble-t-il. Après s’être lui-même donné congé de l’établissement, il tombe sur Kate (Carla Gugino), une ancienne collègue qui feint de ne pas le reconnaître. En fait, il découvre assez tôt que tous les habitants de cette petite ville sont soumis à des règles très strictes et qu’il leur est impossible de s’échapper.

Adaptation du roman éponyme de Blake Crouch, Wayward Pines surfe sur cette vague de séries comme The Prisonner, Twin Peaks et plus récemment Under the Dome où la ville et ses étrangetés sont au cœur du récit et pour le moment, la tactique semble fonctionner. Et malgré quelques boulets scénaristiques, la série est assez accrocheuse pour qu’on ait envie de la poursuivre jusqu’à son dénouement.

Éviter le piège d’Under the Dome

Avant de se réveiller dans une chambre d’hôpital, Ethan avait pour mission de retrouver deux agents disparus : ce sera en partie chose faite à Wayward Pines puisqu’il retrouve le corps du premier agent sans vie dans une masure abandonnée. Quant à Kate, elle possède un magasin de jouets pour enfants et est mariée depuis peu. Le plus étonnant est qu’elle feint de ne pas se souvenir de lui alors qu’ils ont été amants; une relation qui a failli mettre en péril son propre mariage. Quand il se retrouve en tête à tête avec elle, elle reste évasive sur les événements qui l’on conduite ici, mais lui conseille de jouer la comédie et surtout de ne pas faire de vagues, d’autant plus que dans presque chaque recoin de la ville se cache un micro.

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En effet, c’est en partie le shérif Pope (Terrence Howard) qui tient les citoyens au pas et tout le monde se comporte comme s’il vivait dans le meilleur des mondes. À ce manque de réponse, Ethan cherche à tout prix à s’enfuir, d’autant plus qu’à Seattle, son épouse Theresa (Shannyn Sossamon) et leur fils Ben (Charlie Tahan) se font un sang d’encre et ils décident éventuellement de partir à sa recherche. Entretemps, Ethan trouve une alliée en la barmaid du coin, Beverly (Juliette Lewis) qui elle aussi a une fille à l’extérieur de la ville. Ils conçoivent un plan pour s’enfuir, mais cette dernière est prise sur le fait et a la gorge tranchée par le shérif devant toute la populace qui semble approuver cet acte. Question d’apaiser encore davantage les plans de fuite d’Ethan, Pope trouve à proximité de Wayward Theresa et Ben et les réunit avec leur père, mais reste que celui-ci est bel et bien décidé à découvrir la vérité.

À l’été 2013, CBS lançait Under the Dome dans laquelle une petite ville se retrouvait subitement coupée du reste du monde après qu’une épaisse cloche de verre ne se pose au-dessus d’elle. L’aspect le plus intéressant de la série était lorsqu’on décortiquait l’être humain à travers cette mise en situation hors de l’ordinaire : effet de survivance, renouveau politique, corruption, etc. La première saison avait attiré en moyenne 11,2 millions de téléspectateurs. La saison suivante s’est malheureusement révélée très décevante alors qu’on a mis davantage d’emphase sur l’effet « paranormal » du dome, ce qui a résulté à une perte de 37 % de l’auditoire.

Dans Wayward Pine, les citoyens sont aussi enfermés, mais ça semble être davantage l’œuvre du gouvernement ou d’une conspiration quelconque (un collège d’Ethan au FBI sait où il se trouve) que d’un phénomène surnaturel. Comme dans la série de CBS, c’est la ville et la communauté qui fascinent le plus. Des êtres souriants qui s’entendent tous entre eux, de jolies maisons bien entretenues, aucun déviant ou problème d’itinérance; pour peu on se croirait à Cedar Cove et c’est ce qu’il y a de vraiment inquiétant! On ne sait s’ils jouent le jeu ou s’ils ont tout simplement subi un lavage de cerveau, mais il n’en demeure pas moins qu’ils restent fascinants : de l’infirmière Pam (Melissa Leo) que l’on croirait tout droit sortie d’un film d’horreur, du shérif qui a toujours une glace à la main et qui en moins de deux peut trancher la gorge d’autrui, de Kate qui cache sûrement bien des choses derrière son sourire hypocrite ou encore de Beverly qui peut craquer à tout moment. Autre point en faveur de la série, on n’a pas peur des retournements puisqu’au bout de trois épisodes, on a déjà éliminé sauvagement deux têtes d’affiche de la série alors qu’ils semblaient primordiaux à l’intrigue; c’est là tout l’avantage d’une fiction événement qu’on ne prévoit pas renouveler.

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Famille inutile

Si poursuivre Wayward Pines jusqu’à la fin va de soi, il reste tout de même plusieurs éléments dans le scénario qui agacent et ironiquement, c’est la famille Burke qui nous tape le plus sur les nerfs. Après trois épisodes, le patriarche Ethan n’a songé qu’à s’enfuir sans avoir vraiment tenté de comprendre ce qui lui était arrivé, justement ce qui nous intéresse davantage. Pour un agent du FBI, on se serait attendu à plus de subtilité et de maîtrise de soi, d’autant plus qu’on l’a réuni à sa famille. Du côté de Theresa et de Ben, ils arrivent pour ainsi dire comme un cheveu sur la soupe. Ils amènent surtout avec eux une structure mélodramatique absolument inutile à l’histoire (sa femme est certaine qu’il le trompe toujours, le fils opine en ce sens) et qui vient briser le rythme.

3,76 millions de téléspectateurs étaient présents à la première de Wayward Pines, une remontée de 4,59 pour le second épisode et une légère baisse à 3,97 pour le troisième. On est loin d’égaler les chiffres de la première saison d’Under the Dome, mais Fox parvient tout de même à tirer son épingle du jeu grâce aux ventes de la fiction à l’international, puisque le 14 mai, la série débutait simultanément dans 126 pays, ce que la chaîne a qualifié, avec raison, de : « the first-ever global preview event ».





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Jean-François Chartrand-Delorme

Ayant étudié en cinéma et en communications, depuis longtemps je suis habitué à l'évaluation, à l'analyse et à la critique de films. Au fil des ans, cette passion s'est davantage transférée vers les séries télé. La fiction m'intéresse davantage, mais les séries documentaires me fascinent aussi. Chacun de ces deux genres nous offrent un portrait de la société, son évolution et parfois sa régression. De plus, je me suis rendu compte assez vite qu'outre les séries québécoises et américaines que nous connaissons davantage, plusieurs autres pays dans le monde représentent une compétition sérieuse... au grand plaisir des téléspectateurs. Depuis quelques mois, je me suis mis à écrire des critiques, tout en travaillant dans les médias à temps plein. Ma règle d'or est de ne jamais juger une série par un seul épisode. Dans mon cas, la règle de trois s'applique, question de laisser la chance au coureur. En espérant pouvoir partager avec les lecteurs mes appréciations, découvertes et déceptions du petit écran et surtout échanger avec ceux-ci. Venez me lire!