Rosewood : Fox, le pathologiste et la détective




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Rosewood : Fox, le pathologiste et la détective

Rosewood est une nouvelle série diffusée depuis la mi-septembre sur les ondes de Fox aux États-Unis.

ROSEWOOD:  Cast Pictured L-R: Anna Konkle as TMI, Gabrielle Dennis as Pippy Rosewood, Morris Chestnut as Beaumont Rosewood, Jr., Jaina Lee Ortiz as Detective Villa, Lorraine Toussaint as Donna Rosewood and Domenick Lombardozzi as Captain Ira Hornstock in ROSEWOOD premiering Wednesday, September 23 (8:00-9:00 PM ET/PT) on FOX. ©2015 Fox Broadcasting Co. Cr: Justin Stephens/FOX.

ROSEWOOD: Anna Konkle, Gabrielle Dennis, Morris Chestnut, Jaina Lee Ortiz, Lorraine Toussaint et Domenick Lombardozzi

C’est sous le soleil chaud de Miami qu’évolue Beaumont Rosewood (Morris Chestnut), un pathologiste renommé qui passe aussi ses temps libres à résoudre des meurtres en compagnie de la détective Annalise Villa (Jaina Lee Ortiz). Son positivisme débordant tranche cependant avec son état de santé précaire, souffrant, entre autres choses d’une malformation au cœur.

Cette nouveauté de Fox est tout ce qu’il y a de plus conventionnel dans la mesure où l’on exploite deux thèmes populaires à la télévision américaine : le genre policier et médical. Malgré quelques efforts (pas toujours réussis) pour nous rendre les héros attachants, on retient surtout qu’il s’agit d’une quatrième nouveauté à arriver cet automne sur l’un des grands networks à nous servir le même plat chaque semaine, à peu de variantes près. En somme, un début de saison bien décevant.

Monsieur sourire

Avec Rosewood, pas de longues introductions des personnages ou du contexte : on saut à pieds joints dans le feu de l’action alors que Donna (Lorraine Toussaint), la mère du pathologiste, lui demande d’enquêter sur la mort mystérieuse d’une de ses étudiantes dans un accident d’auto. C’est que la police a conclu à un simple accident de la route, mais c’est justement le trait fort de la personnalité de Beaumont : ne jamais en démordre jusqu’à ce qu’il ait obtenu satisfaction et dans ce cas-ci son obstination portera ses fruits puisqu’il s’agira bel et bien d’un meurtre… comme dans tous les épisodes subséquents, qu’il s’agisse dans le deuxième de la mort d’un homme alors qu’on suspecte à la fois sa femme et sa maîtresse (au bout du compte, les deux sont coupables), tandis que dans le troisième, un artiste est injustement accusé d’avoir tué un des plus riches hommes de Miami. Entre-temps, on tente aussi de donner un peu de consistance à la paire qui investigue chaque semaine. Ainsi, on apprend qu’Annalise s’est installé de fraîche date à Miami après que son mari ait été tué durant l’exercice de ses fonctions. Si elle se donne tout entière à son travail, reste qu’elle éprouve des difficultés à gérer son stress et que la police n’a d’autre choix que de l’obliger à aller consulter. Et il se trouve que sa thérapeute, Kat Crawford (Nicole Ari Parker), n’est nulle autre que la petite amie de Beaumont.

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Dans une série où l’objectif est d’attraper un meurtrier chaque semaine, la seule option pour se démarquer est d’y inclure des personnalités fortes et c’est plus ou moins réussi avec le docteur Rosewood. Beau, intelligent; il parle chinois et espagnol et peut affirmer de quoi un humain est mort ou de quelle maladie il souffrait rien qu’en regardant ses pupilles ou autres parties du corps. Bref, celui que l’on surnomme le « Beethoven des pathologistes » est un être parfait qui nous lasse un peu à la longue. On tente régulièrement de faire ressortir son côté vulnérable en évoquant sa maladie, mais le problème avec ce genre de prémisse est qu’elle ne convient tout simplement pas à un procédural. Dans le pire des cas, la série n’attire pas beaucoup de téléspectateurs et est annulée au bout de quelques épisodes alors qu’à l’inverse, ce genre d’enquête peut s’étirer sur plusieurs saisons et pour durer aussi longtemps, on a besoin d’un personnage principal en vie. Reste la relation qu’il entretient envers autrui : il est particulièrement attachant en compagnie de sa famille, mais lorsqu’il enquête avec Annalise, c’est une tout autre histoire.

Plagiat 2015

On est déconcerté cette saison par les similitudes qui existent entre les nouveautés des grands networks. Signe d’une imagination complètement à plat, Fox avec Minority Report et Rosewood, CBS avec Limitless et NBC avec Blindspot nous offrent des procédurales mettant en vedette un duo composé d’un homme et d’une femme et dans tous ces cas, l’un d’entre eux est policier alors que le civil est doté d’une intelligence supérieure ou de pouvoirs spéciaux. Comme pour pousser la ressemblance encore d’un cran, c’est le civil, sans cesse sous-estimé et qu’on ne veut pas sur la scène du crime qui s’avère être le plus efficace des deux et qui en définitive se voit tous octroyer le titre de « consultant ». Dans Rosewood, on adopte la bonne vieille et trop répétitive formule des contrastes, faisant de Beaumont le mec bien et analytique alors qu’Annalise est dans l’action, un peu trop même (pour faire parler un suspect dans l’épisode 1, elle lui met les mains derrière le dos et lui dit : « Now you’re gonna tell me everything you know. Otherwise I’m gonna drag you back to the Jacuzzi and baptize your shifty ass in a very un-Christian sort of way. »)

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Quand on pense que dès le mois de mai chaque année les studios annoncent en grande pompe leurs nouveautés et que jusqu’à leur diffusion presque quatre mois plus tard, des sommes considérables sont dépensées en autopromotion, on ne peut que se désoler devant le résultat. En fait, il faudrait arrêter de faire grand cas de la rentrée télévisuelle automnale aux États-Unis. Les studios sont à la recherche de séries qui idéalement pourraient s’étirer jusqu’au printemps et quoi de moins risqué qu’une série policière? Pour l’audace, comme d’habitude il faut se tourner vers le câble, ou encore attendre au début de l’hiver qui l’an dernier nous offert quelques belles surprises.

Placée stratégiquement devant Empire les mercredis, Rosewood a connu un bon départ en attirant 7,54 millions de téléspectateurs et un taux de 2,4 sur la cible des 18-49 ans. Puis, on constate une douce descente les diffusions suivantes : 6,04 (taux de 2,0) à la deuxième semaine et 5,75 (taux de 1,8) pour la troisième. Les chiffres ne sont pas encore stables, mais rien n’est catastrophique, si bien que Fox a commandé dernièrement 3 scripts supplémentaires, dans l’espoir de faire une saison complète de 16 épisodes.

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Jean-François Chartrand-Delorme

Ayant étudié en cinéma et en communications, depuis longtemps je suis habitué à l'évaluation, à l'analyse et à la critique de films. Au fil des ans, cette passion s'est davantage transférée vers les séries télé. La fiction m'intéresse davantage, mais les séries documentaires me fascinent aussi. Chacun de ces deux genres nous offrent un portrait de la société, son évolution et parfois sa régression. De plus, je me suis rendu compte assez vite qu'outre les séries québécoises et américaines que nous connaissons davantage, plusieurs autres pays dans le monde représentent une compétition sérieuse... au grand plaisir des téléspectateurs. Depuis quelques mois, je me suis mis à écrire des critiques, tout en travaillant dans les médias à temps plein. Ma règle d'or est de ne jamais juger une série par un seul épisode. Dans mon cas, la règle de trois s'applique, question de laisser la chance au coureur. En espérant pouvoir partager avec les lecteurs mes appréciations, découvertes et déceptions du petit écran et surtout échanger avec ceux-ci. Venez me lire!