Crazy Ex-Girlfriend : il n’y aura pas de remèdes




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Crazy Ex-Girlfriend : il n’y aura pas de remèdes

Crazy Ex-Girlfriend est une nouvelle comédie musicale diffusée depuis la mi-octobre sur les ondes de The CW aux États-Unis et KTLA au Canada et est centrée sur le personnage de Rebecca Bunch (Rachel Bloom) une jeune femme qui ne s’est toujours pas remise de sa peine d’amour d’adolescente alors que Josh (Vincent Rodriguez III), son petit ami d’alors l’a laissé à la fin du camp d’été.

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10 ans plus tard à New York, elle le rencontre par hasard et lorsqu’il lui confie qu’il est sur le point de déménager en Californie dans la petite banlieue de West Covina, il n’en faut pas plus à cette ingénue pour se décider à faire le grand saut sur la côte ouest pour le rejoindre. Le seul problème est qu’il n’est pas au courant.

Seule nouveauté automnale dans le calendrier automnal de The CW, Crazy Ex-Girlfriend amène un certain vent de fraîcheur à une saison bien morne du côté des grands networks. Et bien que dans ses malheurs, Rebecca parvienne souvent à nous faire sourire, tout dépend du traitement de l’histoire à long terme et après trois épisodes, on demeure indécis sur son sort.

Cause I’m hopelessly, desperately in love with… West Covina…

C’est à coup d’antidépresseurs que Rebecca s’est durant longtemps plié aux exigences de sa mère (que l’on ne voit pas) qui a fait d’elle une avocate émérite à qui l’on propose en début de série de devenir partenaire de la firme. Seulement, elle a rencontré Josh quelques minutes plus tôt, ce qui l’a convaincue d’aller refaire sa vie dans une ville « à deux heures de la plage, quatre s’il y a du trafic ». Elle se trouve un emploi et après quelques étincelles, se lie d’amitié avec Paula (Donna Lynne Champlin), une collègue qui elle aussi a un grain. Mais cette effervescence tombe vite à plat lorsque Rebecca découvre que Josh a une petite amie, la très suave et surtout jalouse Valencia (Gabrielle Ruiz). Qu’importe, dans le second épisode, elle tente, sans grand succès de se lier d’amitié avec elle et dans le second, elle fait face à ses peurs de jeunesse et décide d’organiser une grande fête chez elle. Toutes ces tentatives ont bien entendu pour but que Josh s’intéresse à elle, mais pour le moment, c’est peine perdue.

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Après des procéduraux dans le milieu policier ou hospitalier chez Fox et CBS ou encore des soaps de luxe qui prennent plus ou moins à ABC, Crazy Ex-Girlfriend est la bienvenue dans le clan des nouveautés automnales. C’est aussi rassurant de constater que la comédie musicale n’a pas été complètement écartée du petit écran depuis le départ de Glee. En attendant Galavant qui reviendra cet hiver, la nouveauté de The CW nous offre des chorégraphies et des chansons au ton ludique, notamment West Covina et Feeling Kinda Naughty qui rendront heureux les amateurs du genre.

ABC Family nous a présenté Kevin From Work cet été, dans laquelle le protagoniste est amoureux de sa collègue de travail Audrey. Bien qu’elle le sache, ils continuent de rester amis… avec plus ou moins de succès. Bien que la prémisse soit semblable, Crazy Ex-Girlfriend va un cran plus loin dans l’absurdité et c’est surtout l’autodérision qui charme le téléspectateur. C’est d’ailleurs l’actrice principale Rachel Bloom qui a co-scénarisé les trois premiers épisodes et disons qu’elle ne se donne pas la belle part du gâteau! Loin d’être stupide, Rebecca est surtout d’une naïveté déconcertante et extrêmement impressionnable, ce que son entourage n’arrange en rien.

En effet, les personnages secondaires sont tout aussi drôles, à commencer par Paula qui a le malheur de l’encourager dans ses lubies; c’est qu’elle aussi aune vie sociale peu reluisante et vit en quelque sorte ses aspirations au travers de sa nouvelle amie. Viennent aussi s’ajouter son patron Darryl (Pete Gardner) qui dirige sa firme le plus mollement possible et Greg (Santino Fontana), le seul être sérieux dans toute cette histoire et qui joue un peu le rôle du téléspectateur; mentionnant à voix haute l’absurdité des situations dans lesquelles Rebecca s’empêtre. D’ailleurs, on ne serait pas surpris qu’ils finissent ensemble.

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Comment faire (ou pas) pour qu’un gars s’intéresse à vous

Il est compréhensible que le pilote ait charmé la plupart des critiques, mais on se demande comment la série pourra tenir la route toute une saison et déjà dans les deux épisodes qui suivent, quelques failles rejaillissent. On a beau flirter avec la caricature, l’ingénuité de Rebecca dépasse parfois les bornes en jouant trop gros par moments comme lorsqu’elle s’époumone convaincre les autres qu’elle n’a pas déménagé pour Josh, ne convainquant absolument personne. De plus, même dans le générique on a beau mentionner que le titre est sexiste, l’autodérision à elle seule ne suffit pas à nous faire accepter n’importe quoi. Un jour, elle ne s’est pas maquillée ou habillée avec soin pour aller faire ses courses et le commis du supermarché est le premier à lui en faire la remarque : « Bras are in aisle one » et même Rebecca y va de cette pensée en regardant Valencia : « God, she is so skinny, no wonder Josh loves her ». C’est l’accumulation de ces petites remarques ici et là qui nous font grincer des dents. Dans le scénario, on exploite un peu trop son côté son côté désespéré au détriment de l’avocate brillante qu’elle est; comme quoi pour une femme, une carrière ne vaut pas grand-chose face au grand amour… unilatéral.

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Malgré de très bonnes critiques, Crazy Ex-Girlfriend a rassemblé bien peu de curieux. Seulement 900 000 téléspectateurs ont regardé le pilote en direct avec un taux de 0,3 sur les 18-49 ans. À l’épisode #2, ils étaient encore 790 000 (même taux) et la semaine suivante, 670 000 (taux de 0,2). La série se positionne ainsi au dernier rang du classement de The CW. Peut-être qu’il aurait été mieux de formater la série en épisodes de 30 minutes, question d’éviter les longueurs? Quoi qu’il en soit, une seule saison devrait sceller le sort de Rebecca et de la série.

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Jean-François Chartrand-Delorme

Ayant étudié en cinéma et en communications, depuis longtemps je suis habitué à l'évaluation, à l'analyse et à la critique de films. Au fil des ans, cette passion s'est davantage transférée vers les séries télé. La fiction m'intéresse davantage, mais les séries documentaires me fascinent aussi. Chacun de ces deux genres nous offrent un portrait de la société, son évolution et parfois sa régression. De plus, je me suis rendu compte assez vite qu'outre les séries québécoises et américaines que nous connaissons davantage, plusieurs autres pays dans le monde représentent une compétition sérieuse... au grand plaisir des téléspectateurs. Depuis quelques mois, je me suis mis à écrire des critiques, tout en travaillant dans les médias à temps plein. Ma règle d'or est de ne jamais juger une série par un seul épisode. Dans mon cas, la règle de trois s'applique, question de laisser la chance au coureur. En espérant pouvoir partager avec les lecteurs mes appréciations, découvertes et déceptions du petit écran et surtout échanger avec ceux-ci. Venez me lire!