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Supergirl : sauver les gens avec le sourire

Supergirl est une nouvelle série diffusée depuis la fin octobre sur les ondes de CBS aux États-Unis et Global au Canada.

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Elle met en scène Kara Danvers (Melissa Benoist), originaire d’une autre planète qui a été envoyée sur la Terre pour protéger son cousin Superman. Étant arrivée avec du retard, sa mission est devenue caduque, mais elle a été néanmoins recueillie par une famille d’adoption qui lui a appris à la fois l’étendue de ses pouvoirs surnaturels, mais aussi comment les contrôler et ne pas trop s’exposer. Un jour, alors que des centaines de vies sont en jeu, elle doit inévitablement montrer ses couleurs et adulée de tous, elle est recrutée par le « Département des opérations extra-normales » où travaille sa sœur Alex (Chyler Leigh) dans le but d’enrayer des dangers potentiels.

Dernière série de DC Comics en date à arriver sur nos écrans, Supergirl est un divertissement correct qui devrait tenir la route pour un bon moment. Enfin, une héroïne diront certains, mais reste que certains clichés ont la vie dure. Néanmoins, il était temps que CBS se joigne à la parade… pour ce que ça vaut.

Missions, amours et confiance en soi

Comme c’est souvent le cas dans les séries télé, toute la mythologie entourant le superhéros n’entre pas vraiment en ligne de compte et Supergirl ne fait pas exception à la règle. Il n’y aura vraisemblablement pas de voyage dans sa lointaine et nébuleuse planète et on voit plutôt évoluer Kara à la fois en tant « qu’humaine », surtout en milieu de travail et en tant qu’assistante de Cat Grant (Calista Flockhart), fondatrice (et très fière de l’être) de Catco, un puissant conglomérat de presse. Ses collègues et amis, Winn (Jeremy Jordan), un expert en informatique et James (Mehcad Brooks), un photographe sont assez vite mis dans le coup quant à ses pouvoirs magiques et lui apportent leur concours. Du côté de ses missions, sa principale rivale est nulle autre que sa tante Astra (Laura Benanti), laquelle souhaite rien de moins que de conquérir la Terre. Pour ce faire, elle y a envoyé plusieurs extra-terrestres, dont Vartox, Hellgrammite et Reactron dans les épisodes 1 à 3.

CBS-Supergirl

Ici, on est dans l’histoire classique des super héros : au grand jour, elle passe inaperçue, mais devient une vraie battante lorsque le danger se pointe. Et contrairement à d’autres héros de bandes dessinées qu’on exploite actuellement à la télévision et qui au départ perçoivent leurs dons avec une certaine fatalité, Kara insiste pour mettre à profit ses talents. Lorsqu’elle revêt son uniforme, l’héroïne, bien qu’un peu trop téméraire, rayonne est nous offre des moments d’adrénaline dignes de mention, notamment grâce à un budget de production qui nous fait penser qu’on regarde du cinéma. Mais qu’on ne s’y méprenne pas, c’est le charme inné de l’actrice Melissa Benoist qui est l’attrait numéro 1 de Supergirl. En effet, on n’invente pas la roue ici. Chaque épisode aura son méchant envoyé par Astra, ce qui donnera lieu à des combats où l’héroïne ressortira assurément gagnante, malgré quelques embuches.

C’est plutôt lorsqu’on suit le quotidien de Kara que l’on décroche parce que comme par hasard, étant donné que le personnage principal ici est une femme, il y a beaucoup de romantisme dans l’air, agrémenté d’une musique à la Disney. En effet, Kara opine entre le tombeur James et le (faux) geek Winn. Ce dernier y va même d’une phrase que l’on aurait voulu croire morte et enterrée à Hollywood : « you look very pretty without your glasses »…

Mais c’est le personnage de Cat qui tape le plus sur les nerfs. Calista Flockhart surjoue et ressemble à une piètre imitation de Miranda Priestly dans The Devil Wears Prada. Toujours encline à marcher sur la tête des gens, c’est à Kara qu’elle s’en prend avec des phrases comme (porter attention à l’ordre) : «I’m a girl. And your boss, and powerful, and rich, and hot and smart » ou encore « I’m sorry, darling, I just can’t hear you over the loud color of your cheap pants. » Jamais on n’entendrait ces répliques futiles de la bouche d’un homme. De plus, l’allusion à Cendrillon est peu subtile : Kara, méprisée avec ses tenues moches devient l’objet d’admiration le soir. Ce qu’on ne comprend pas, c’est pourquoi elle place sa patronne sur un piédestal et surtout, que sa confiance en soi dépende en grande partie d’une femme autant vindicative que superficielle.

CBS : 2015
Après Marvel Agents of S.H.I.E.L.D.S. et Agent Carter sur ABC, Constantine sur NBC, Gotham sur Fox et The Flash sur CW, ce n’était qu’une question de temps avant que CBS se joigne à la mode des super héros, d’autant plus que la chaîne, bien qu’elle soit la plus écoutée aux États-Unis, a des airs de dinosaure, surtout lorsqu’on prend en compte ses fictions. Ce « vieillissement » nous a été confirmé à la mi-octobre par le magazine Adweek qui a publié une étude concernant ces chaînes et l’engagement que leurs nouvelles séries ont recueilli sur les réseaux sociaux depuis le début de l’automne 2015. En incluant Facebook et Twitter, c’est Fox qui a remporté la palme avec 689 290 interactions, suivi d’ABC avec 658 738 et NBC avec 258 166. Sans surprise, CBS s’est trouvé loin derrière avec un gros total de 31 728. Assurément, ces chiffres remonteront avec Supergirl, mais sauront-ils se maintenir?

Supergirl-Trailer

12,96 millions de téléspectateurs ont regardé le premier épisode en direct avec un taux de 3,1 chez la cible des 18-49 ans : un record depuis la rentrée. C’est encore plus impressionnant quand on pense que le pilote avait été mis en ligne gratuitement au début de l’été. Mine de rien, la stratégie de programmation était la bonne. C’est que la quasi-majorité des nouveautés cette année ont déçu bien des gens et qu’à la fin octobre lorsqu’on a lancé Supergirl, il n’y avait plus de compétiteurs! Par contre, la semaine suivante, la série s’est effondrée de 32 % pour se retrouver à 8,87 millions et un taux de 2,2. Enfin, en troisième semaine, l’audience s’est stabilisée à 8,07 alors que le taux a encore régressé (1,7), mais ça demeure encore très honorable : Supergirl aura donc plus d’opportunités pour sauver le monde.

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Jean-François Chartrand-Delorme

Ayant étudié en cinéma et en communications, depuis longtemps je suis habitué à l'évaluation, à l'analyse et à la critique de films. Au fil des ans, cette passion s'est davantage transférée vers les séries télé. La fiction m'intéresse davantage, mais les séries documentaires me fascinent aussi. Chacun de ces deux genres nous offrent un portrait de la société, son évolution et parfois sa régression. De plus, je me suis rendu compte assez vite qu'outre les séries québécoises et américaines que nous connaissons davantage, plusieurs autres pays dans le monde représentent une compétition sérieuse... au grand plaisir des téléspectateurs. Depuis quelques mois, je me suis mis à écrire des critiques, tout en travaillant dans les médias à temps plein. Ma règle d'or est de ne jamais juger une série par un seul épisode. Dans mon cas, la règle de trois s'applique, question de laisser la chance au coureur. En espérant pouvoir partager avec les lecteurs mes appréciations, découvertes et déceptions du petit écran et surtout échanger avec ceux-ci. Venez me lire!