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L’argent comptant serait-il en voie de disparaître ?

Le sujet n’est pas nouveau, l’argent en papier est de moins en moins utilisé. Rien de bien étonnant, les cartes à puces et l’accès virtuel aux comptes bancaires rendent la gestion de nos finances beaucoup plus rapide et facile.

Nous pourrions même dire que cela fait partie de l’évolution naturelle des choses; si quelqu’un vous prédit que l’argent papier viendra à disparaître, vous ne seriez sans doute pas étonné par ses talents de prophète. Personnellement, je me suis toujours imaginé que cela arriverait dans un futur lointain…

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Mais tout récemment, via un article du New York Times paru le 26 décembre dernier, on nous annonçait que la disparition de l’argent liquide risque d’être un sujet d’actualité très bientôt. En effet, cet article explique qu’en Suède, 95 % de toutes les transactions se font sans argent liquide. Partout, les vendeurs portent des lecteurs de cartes de crédit et même les paroissiens peuvent maintenant transmettre des dons à leurs églises via une application. Les transactions en argent comptant ne représentant que 2% de toutes les ventes effectuées, certains commerces ne l’acceptent tout simplement pas. Cette tendance ne touche pas seulement la Suède, plusieurs pays d’Europe du Nord se dirigent vers la même direction. Le gouvernement du Danemark a même l’intention de le supprimer définitivement d’ici 2030. Cette tendance est palpable, certains pays ont interdit plusieurs types de transactions en liquides.

Par exemple, les transactions en argent de plus de 2.500 euros sont maintenant interdites en Espagne. La France comme l’Italie ont également suivi l’exemple en interdisant toutes les transactions en espèces de plus de 1.000 euros. Certains prétendent même que l’Australie pourrait être « Cash free » d’ici 2022.

Si l’idée de voir disparaître « l’argent cash » était autrefois une fiction digne des scénarios de « Shadowrun », elle se retrouve aujourd’hui à nos portes et risque fort bien de devenir la réalité de demain. Aux premiers abords, nous pourrions croire que cette situation est souhaitable et ceux qui en font la promotion ne manquent pas d’arguments. Cela représenterait une technique des plus utile pour lutter contre la prostitution, le blanchiment d’argent, le trafic d’armes et de drogues. Pour nous faire avaler la couleuvre, inutile de dire quelle arme redoutable la monnaie numérique deviendrait pour lutter contre le financement d’activité terroriste et des groupes criminalisés. Pour un grand nombre de consommateurs, cette avenue n’a rien d’inquiétant. La majorité des consommateurs délaissent l’argent liquide afin d’utiliser leurs cartes de débits et de crédits. Ces gens n’y verraient que des bienfaits.

Cela étant dit, qu’adviendrait-il de nous ?

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Nous savons tous que le Québec est l’endroit où le fardeau fiscal des particuliers est le plus lourd en Amérique. Nous apprenions tout récemment, via l’Institut de la statistique du Québec, que notre belle province arrive maintenant au dernier rang pour ce qui est du revenu disponible par habitant. Cette politique confiscatoire et l’obligation d’assumer notre « pauvreté » relative ont poussé les Québécois à devenir de fervents amateurs des petites annonces et de l’usager à bas prix. C’est une période en or pour Kijiji, Lespac et cie. Les friperies sont de plus en plus nombreuses et les magasins spécialisés dans les marchandises d’occasion ont vu leurs ventes dépasser les 130 millions, un bond de 58% en 10 ans. Constatant ce nouvel engouement pour l’achat dans l’usager, Revenu Québec n’a pas hésité une seconde à affirmer qu’elle cherchait un moyen pour prendre sa part du gâteau. Parce que si plusieurs croient qu’au Québec nous devons taxer les riches, les gens de Revenu Québec cherchent plutôt le moyen de taxer n’importe qui, incluant les moins nantis. Ces gens qui achètent usagé parce que le marché du neuf n’est pas toujours accessible et qui font perdre tant de revenus pour notre gouvernement. Selon un reportage de TVA, « Revenu Québec a formé un comité de travail il y a quelques mois, des changements législatifs sont envisagés pour recueillir sa juste part en taxes. »

Imaginez maintenant un Canada sans argent liquide. Revenu Québec pouvant traquer et demander des justifications sur chacune de vos petites transactions. Ils pourraient aller chercher leur pourcentage directement à la source, dès que vous accomplissez votre transaction. Imaginez-vous vivre complètement dépendant du système bancaire tel que nous le connaissons, qui risquerait un jour ou l’autre d’exiger des frais sur chacune de vos transactions. Nous aurions probablement de superbes « forfaits », devenant incontournables et obligatoires, bien remplis d’une vaste gamme de services que la majorité des gens n’utiliseraient pas.

Il peut sembler paranoïaque de faire de telles suppositions, pourtant ce sera les risques auxquels s’exposeront les sociétés qui banniront l’argent liquide. Nous pataugeons déjà dans cette réalité très restrictives alors, imaginez ce qui adviendrait si cette dernière défense tombait.

La liberté individuelle en écopera. Nous savons que chacun de nos appels est listé, nos téléphones nous géolocalisent et bientôt chacune de nos transactions sera connue. Pour notre plus grand bien collectif, il serait impossible à votre copine coiffeuse de vous faire vos coupes « sous la table » ou à votre beau-frère mécanicien de vous faire les pièces « au cost » lorsque votre voiture brise. Dans une société surtaxée, les gens s’adaptent et se cherchent des passes-droits pour économiser un peu de leurs labeurs. Il en va de même pour les géants financiers de ce monde qui s’adaptent également à cette situation en utilisant des paradis fiscaux. Mais avouons-le, ces derniers ne sont pas embêtés maintenant et ne seraient pas dans le futur. La seule nouvelle cible payante pour notre gouvernement et le système bancaire serait le petit citoyen ordinaire.

Il est évident que la disparition de l’argent sonnant diminuerait de manière très significative nos libertés fondamentales. Elle donnerait aux gouvernements une emprise totale et directe sur leurs peuples. Bien que cela semble présentement être de la fiction, je crois que cette question sera soulevée bien avant 2030.  Un sondage mené par Paypal Canada en 2011 et produit par Léger Marketing révélait que plus de la moitié des Canadiens (56%) seraient favorables, même optimistes, à l’idée de vivre dans un monde sans argent comptant.

Le débat est pour bientôt…

 

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David Magny

Blogueur et webmestre, je suis un passionné de fait divers, d'histoires étranges et de vérités grossières. Depuis 2007, je me spécialise également dans la création et le référencement de sites web pour les entreprises de la Mauricie. Nouvellement chroniqueur sur TVQC, j'adore écrire et partager mes découvertes. N'hésitez pas à me laisser vos commentaires et observations !