Shadowhunters: critique de la série de Katherine McNamara




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Shadowhunters: critique de la série de Katherine McNamara

Shadowhunters est une nouvelle série de 13 épisodes diffusée depuis la mi-janvier sur les ondes de Freeform aux États-Unis et Netflix partout ailleurs dans le monde.

Shadowhunters

Shadowhunters

Le premier épisode s’ouvre avec l’anniversaire de Clary (Katherine McNamara) qui vient tout juste d’être acceptée dans une école d’art. En soirée, sa mère Jocelyn (Maxim Roy) est kidnappée et ce n’est qu’à ce moment que sa fille découvre qu’elle est issue d’une lignée de shadowhunters (chasseurs d’ombres), des mi-humains, mi-anges qui ont pour responsabilité de protéger les humains des créatures surnaturelles (loup-garou, vampires, etc.).

Adaptation de la série en bandes dessinées The Mortal Instruments de Cassandra Clare, Shadowhunters est le remède par excellence pour contrer l’insomnie : après trois épisodes, on a encore beaucoup de théorique et pas assez d’action et quant à l’histoire en général, les variantes datant de plus de dix ans sont déjà passées par là, et mieux.

Trop didactique

Les shadowhunters sont une race à part qui naissent ainsi, mais Jocelyn a tenu à ce que Clary, interprété par Katherine McNamara, vive une enfance normale et grâce à certains pouvoirs, elle a pu empêcher les dons surnaturels de sa fille de se développer… jusqu’à l’âge de 18 ans. Mais voilà, elle ne peut plus rien lui cacher puisqu’une organisation extraterrestre nommée « le Cercle » qui en a contre les terriens surgit de nulle part et avant d’être kidnappée, Jocelyn lui déballe toute l’étendue de ses pouvoirs pour ensuite causer chez elle de l’amnésie.

Shadowhunters

Clary est tout de suite prise en charge par Jace (Dominic Sherwood), qui avec de ses compatriotes Isabelle (Emeraude Toubia) et Alec (Matthew Daddario) l’aide à récupérer la mémoire, ce qui lui cause toute une révélation : elle est la fille biologique de Valentine (Alan van Sprang), le chef du Cercle à l’origine du kidnapping de sa mère. C’est que l’organisation est à la recherche de la « Coupe Mortelle » que Jocelyn a toujours eue en sa possession, seulement, personne à part elle ne sait où elle est. À long terme, il faut bien entendu que Clary aille la délivrer, mais en attendant, on suit son développement « guerrier », en particulier au troisième épisode alors qu’elle doit aller délivrer Simon (Alberto Rosende), son meilleur ami (un mortel) qui a été enlevé par un groupe de vampires.

Depuis deux ou trois ans, les adaptations de bandes dessinées sont légion. Aux succès d’écoute mitigés qu’elles procurent aux chaînes respectives qui les développent, il y a aussi le fait qu’elles conviennent bien mieux au format télé dans la mesure où elles s’imbriquent parfaitement dans la forme procédurale, c’est-à-dire que chaque exemplaire contient habituellement une aventure, tout comme un épisode dans une série. Shadowhunters a sciemment décidé de sortir du moule, mais c’est là la seule étoile qu’elle mérite.

En effet, il semble que la « mythologie » développée par Cassandra Clare soit extrêmement complexe, ce qui se reflète malheureusement à la télévision dans les trois premiers épisodes. Conséquence : ceux qui sont à la recherche de sensations fortes n’ont qu’à ronger leur frein parce que les scènes d’action se comptent sur les doigts d’une seule main. L’initiative aurait fonctionné si au moins on avait comblé ce vide pour donner un peu de profondeur aux personnages, mais ce n’est pas le cas. Au lieu de cela, on a droit à de longues scènes d’explications entre Jace et Clary sur les différents monstres, leurs points faibles, l’origine des Shadowhunters; pas la meilleure idée pour accrocher le public. Et pour des épisodes qui durent à peine 40 minutes, le temps nous semble beaucoup plus long.

Côté effets spéciaux, on est aussi déçu. On en a soupé de voir des yeux tourner au bleu ou au rouge pour nous signifier qu’il s’agit d’un être maléfique et quant à leur transformation en bête, on en a vu des similaires, bien plus convaincantes, notamment dans The Strain et même Beowulf, c’est tout dire. Côté mise en scène, le quartier général des Shadowhunters, sensé se trouver entre deux mondes ressemble à n’importe quel poste de police avec ses ordinateurs un peu partout et quant à la ville où l’action prend place, en principe, c’est à New York, mais l’action a été filmée à Toronto; non qu’on reconnaisse la Ville-Reine, mais pour la dissimuler, on privilégie un peu trop les plans serrés et ça saute aux yeux.

Blanc bonnet, bonnet blanc

La chaîne Freeform, c’est anciennement ABC Family qui a changé de nom au début de l’année. Coup de communications plus qu’autre chose, on voulait en gros évacuer le mot « famille » et attirer davantage une clientèle jeune comme sur The CW. Ce renouveau sur papier n’a cependant rien changé au contenu de ses fictions, du moins avec Shadowhunters où on y retrouve les mêmes clichés : alors qu’il n’y a rien à noter du côté des tenues de guerriers masculines, chez les femmes, il faut manier l’épée en portant le moins de tissus possibles et bien sûr, en talons aiguilles. De toute façon, le fantastique est vite éclipsé par les chassés-croisés amoureux entre Jace, Clary, Simon et Alec. Ces personnages sont en fin de compte laissés à eux-mêmes n’ont d’autres options que de s’affranchir; métaphore du passage vers l’âge adulte que l’on retrouve sans cesse dans ce genre de séries.

Shadowhunters

Comme c’est Freeform qui a produit la série, Netflix ne peut mettre tous les épisodes d’un coup pour ses clients à l’international et il n’est pas non plus possible de connaître les cotes d’écoute. Si elles reflètent le taux d’engagement des Américains, en direct du moins, la série n’a pas un grand avenir : après un bon départ à 1,82 million de téléspectateurs et un taux de 0,8 sur les 18-49 ans, tous s’effondre en deuxième semaine avec 1,01 en auditoire (taux de 0,4) et 0,98 (taux 0,5) à l’épisode 3.

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Jean-François Chartrand-Delorme

Ayant étudié en cinéma et en communications, depuis longtemps je suis habitué à l'évaluation, à l'analyse et à la critique de films. Au fil des ans, cette passion s'est davantage transférée vers les séries télé. La fiction m'intéresse davantage, mais les séries documentaires me fascinent aussi. Chacun de ces deux genres nous offrent un portrait de la société, son évolution et parfois sa régression. De plus, je me suis rendu compte assez vite qu'outre les séries québécoises et américaines que nous connaissons davantage, plusieurs autres pays dans le monde représentent une compétition sérieuse... au grand plaisir des téléspectateurs. Depuis quelques mois, je me suis mis à écrire des critiques, tout en travaillant dans les médias à temps plein. Ma règle d'or est de ne jamais juger une série par un seul épisode. Dans mon cas, la règle de trois s'applique, question de laisser la chance au coureur. En espérant pouvoir partager avec les lecteurs mes appréciations, découvertes et déceptions du petit écran et surtout échanger avec ceux-ci. Venez me lire!