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Captain America: Civil War – Critique du nouveau film Marvel

Quand la tension et l'attention s'élèvent à la puissance 10, autrement dit à la toute-puissance Disney!

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Disney réussit 42 jours plus tard là où Warner a échoué, c’est-à-dire à forcer le face-à-face entre deux icônes populaires (Iron Man et Captain America pour l’un, Batman et Superman pour l’autre). Force est d’admettre qu’il s’agit du treizième film en huit ans pour Marvel, ce qui signifie que la machine (à sous) marche, tandis que DC n’en est qu’à ses premiers pas avec seulement deux films. Ce sous-titré Civil War maintient le « Capt » sur Infinity War en nous démontrant au passage que le studio sait encore comment nous en mettre plein la vue, grâce à des personnages que nous connaissons, que nous apprécions et que nous comprenons.

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Voici un résumé de l’histoire :

La confiance aveugle de la population envers les superhéros n’est plus ce qu’elle était. Après les batailles de New York (The Avengers), de Washington DC (Captain America: The Winter Soldier) et de Sokovie (Avengers: Age of Ultron), c’est maintenant au tour de celle du Lagos, au Nigéria, d’afficher un bilan lourd en dommages collatéraux. Le gouvernement décide de faire voter une loi de régulation (Sokovia Accords) selon laquelle tous ceux et celles possédant un superpouvoir ou portant un masque dans le but de protéger les citoyens doivent s’inscrire à un registre public. Cet encadrement permettra, entre autres, de mieux contrôler leurs activités. Un climat de tension s’installe au sein des Avengers, désormais divisés entre les héros pro-recensement, menés par Tony Stark/Iron Man (Robert Downey Jr.), et les justiciers anti-recensement, menés par Captain America (Chris Evans). Dans quel camp se rangeront-ils, alors qu’un affrontement est imminent?

Les frères Anthony et Joe Russo (l’excellent Captain America: The Winter Soldier et l’exécrable You, Me and Dupree) redoublent d’efforts pour satisfaire à la fois les fans de comic books (notamment ceux des 7 numéros de la série limitée Civil War publiés de juillet 2006 à janvier 2007) et les fans de blockbusters (notamment ceux des 12 premiers films sortis depuis 2008). Ils souhaitent même la bienvenue à deux nouveaux personnages, Spider-Man (Tom Holland) et Black Panther (Chadwick Boseman), lesquels auront chacun droit à un film solo durant la Phase III du Marvel Cinematic Universe. Faisons un petit tour d’horizon des dix blockbusters au programme :

Captain America: Civil War le 6 mai 2016
Doctor Strange le 4 novembre 2016
Guardians of the Galaxy Vol. 2 le 5 mai 2017
Spider-Man: Homecoming le 7 juillet 2017
Thor: Ragnarok le 3 novembre 2017
Black Panther le 16 février 2018
Avengers: Infinity War – Part 1 le 4 mai 2018 (titre provisoire)
Ant-Man and the Wasp le 6 juillet 2018
Captain Marvel le 8 mars 2019
Avengers: Infinity War – Part 2 le 3 mai 2019 (titre provisoire)

Team Captain America

Team Captain America

Captain America: Civil War propose un casting all-stars. Outre Chris Evans et Robert Downey Jr. qui sont plus torturés que jamais ainsi que Tom Holland et Chadwick Boseman qui sont très prometteurs, il y a Scarlett Johansson en Natasha Romanoff/Black Widow, Sebastian Stan en Bucky Barnes/Winter Soldier, Anthony Mackie en Sam Wilson/Falcon, Don Cheadle en lieutenant-colonel James Rhodes/War Machine, Jeremy Renner en Clint Barton/Hawkeye, Paul Bettany en Vision, Elizabeth Olsen en Wanda Maximoff/Scarlet Witch, Paul Rudd en Scott Lang/Ant-Man, Emily VanCamp en Sharon Carter et Frank Grillo en Brock Rumlow/Crossbones.

Daniel Brühl (Rush, Inglourious Basterds) joue un antagoniste des plus inattendus répondant au nom de Zemo. Ce marionnettiste travaille depuis les coulisses pour détruire de l’intérieur, un peu à l’image de Lex Luthor dans Batman v Superman: Dawn of Justice. Les autres personnages secondaires importants sont William Hurt en général Thunderbolt Ross, Martin Freeman en Everett K. Ross, John Slattery en Howard Stark, Hope Davis en Maria Stark ou encore Marisa Tomei en tante May dont le superpouvoir consiste à rester super sexy malgré ses 51 ans. À noter que Hulk et Thor brillent par leur absence.

Saviez-vous que Downey Jr. a touché un salaire fixe de 40 millions de dollars (un record, si je ne m’abuse!) sans compter un pourcentage sur des recettes qui devraient atteindre un milliard pour compléter un top 25, voire peut-être deux milliards pour bousculer le top 3 détenu par Avatar, Titanic et Star Wars: Episode VII – The Force Awakens!

Team Iron Man

Team Iron Man

Les frères Russo se sont amusés tels deux enfants avec leurs figurines, sans toutefois oublier que divertir n’est pas la seule responsabilité qui incombe à des réalisateurs qui possèdent de grands pouvoirs comme les leurs. La preuve : ils tiendront le gouvernail des deux parties d’Avengers: Infinity War qui sortiront en 2018 et 2019. Il faut s’attendre à une entreprise cinématographique sans précédent, une démesure telle qu’à côté la « guerre si vile » d’aujourd’hui fait office de bande-annonce, puisque Disney aurait accordé un budget de 500 millions de dollars par partie et que la distribution fracasserait des records avec encore plus de belligérants (une rumeur démentie en annonçait 67)!

Le 4 mai 2016, les deux réalisateurs ont apporté une précision inédite à Uproxx : « Ce seront deux films différents, donc les appeler Infinity War Partie 1 et Partie 2, ça porte à confusion. On va modifier ça, même si pour l’instant on n’a pas encore trouvé les titres parfaits. Mais on va les changer, oui. C’est un scoop! »

Les scènes d’action sont plus spectaculaires les unes que les autres, le summum de ce que les spectateurs recherchent en assistant à ce genre de spectacle. J’étais particulièrement en extase devant la scène prenant place dans un aéroport. Douze superhéros se mesurent les uns contre les autres, et tout le monde a droit à des morceaux de bravoure… adroits. Certains reprocheront au montage de manquer de lisibilité par moments, surtout dans le feu de l’action, ce qui n’est pas sans rappeler un traitement visuel popularisé par la saga mettant en vedette Matt Damon. Ne devient pas Paul Greengrass (The Bourne Supremacy, The Bourne Ultimatum, Captain Phillips et bientôt Jason Bourne) qui veut, n’est-ce pas Olivier Megaton (Taken 3)?

Le scénario signé Christopher Markus et Stephen McFeely (Captain America: The First Avenger, Captain America: The Winter Soldier, Thor 2: The Dark World, Pain & Gain) mêle habilement l’intrigue principale (la rivalité entre Captain America et Iron Man) et une intrigue secondaire tout aussi captivante (concernant Bucky), permettant à ce film de faire suite à Avengers: Age of Ultron et de former une trilogie autosuffisante. Markus et McFeely sont également les créateurs de la télésérie Agent Carter, ce qui explique pourquoi ils maîtrisent si bien cette histoire qui ne respecte pas la linéarité habituelle et qui surprend plus d’une fois. Restez jusqu’à la fin du générique : deux scènes post-génériques servent d’appât pour les prochaines superproductions…

Spider-Man

Spider-Man

Peter Parker/Spider-Man est de retour à la maison après cinq films chez Columbia/Sony, à savoir la trilogie avec Tobey Maguire de 2002 à 2007 ainsi que deux films avec Andrew Garfield en 2012 et 2014. L’insuccès de ce dernier a annulé/reporté le projet Sinister Six qui prévoyait l’opposer à six super-vilains : Green Goblin, Doctor Octopus, Vulture, Kraven the Hunter, Rhino et Mysterio (ou Chameleon). Spidey devait apparaître le temps d’un caméo, selon les rumeurs, mais il est à l’écran une bonne demi-heure!

T’Challa/Black Panther fait son entrée par la grande porte. Chadwick Boseman (42, Get on Up) incarne bien ce prince héritier du Wakanda, pays fictif d’où vient le vibranium, matériel fictif qui a été utilisé pour concevoir tant ses griffes que le bouclier de Captain America.

Dommage qu’il ne soit jamais question de la mort de Quicksilver dans Avengers: Age of Ultron ou d’un quelconque processus de deuil de la part de Wanda qui a perdu son frère jumeau, il sied de le rappeler. Cela confirme à quel point sa mort était inutile, laissant le soin à la saga X-Men de traiter ce personnage de la façon qu’il le mérite…

Black Panther

Black Panther

Les arguments des deux protagonistes se tiennent. Par contre, la coupure est moins manichéenne que prévue. Si Captain refuse de céder le contrôle à de plus hautes instances, ce n’est pas sans se remémorer qu’il a été le porte-drapeau de l’Amérique d’après-guerre et un super-soldat au service de son pays. Si Iron Man courbe l’échine devant cette décision gouvernementale sine qua non, il n’oublie pas les morts anonymes que leurs superpouvoirs ont causé, et ce, en dépit du fait que sa fortune repose sur la fabrication d’armes de guerre. Il y a donc une certaine zone grise à l’intérieur de laquelle ils gagnent en profondeur.

Un cross-over tel que Captain America: Civil War exige presque d’avoir vu et revu les films de la Phase I (Iron Man, The Incredible Hulk, Iron Man 2, Thor, Captain America: The First Avenger, The Avengers) et ceux de la Phase II (Iron Man 3, Thor: The Dark World, Captain America: The Winter Soldier, Avengers: Age of Ultron, Ant-Man), afin de mieux comprendre les enjeux de chaque personnage ainsi que certaines one-liners. À vrai dire, seul Guardians of the Galaxy n’est pas encore nécessaire, mais le sera avant Guardians of the Galaxy Vol. 2 et les deux parties d’Avengers: Infinity War auquel Star-Lord et sa bande participent.

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Les lecteurs des BD seront peut-être un peu déçus. Si, à l’écran, il est question d’une lutte épique entre une douzaine de personnages, il y en avait plus d’une centaine dans les pages écrites par Mark Millar et dessinées par Steve McNiven!

Bref, en l’absence de guerre civile, Captain America: Civil War porte mal son sous-titre, quoique ce sous-titre porte mal son titre à son tour. En effet, il s’agit officiellement d’un troisième Captain America, certes, mais officieusement d’un quatrième Iron Man (en pourparlers d’ailleurs), d’un Avengers 2.5, d’un Black Panther 0.5 ou, pourquoi pas, d’un aperçu que ce que sera le deuxième reboot de l’homme-araignée en moins de quinze ans, une redite qui pourrait s’intituler Spider-Man 1.3 : Disney’s Empire Strikes Back (une réplique du film fait un clin d’œil au cinquième épisode de Star Wars justement!). La Phase III commence en force. À quel point ai-je aimé ce film? Je réponds en paraphrasant une citation de Captain America tirée de sa première aventure cinématographique, puis reprise dans cette troisième : I can [watch] this all day…

Verdict : 9 sur 10

Voici un aperçu de ce que sera Doctor Strange, le quatorzième film du MCU (toujours en huit ans!). Benedict Cumberbatch dans ce film-là, Martin Freeman dans Captain America: Civil War, Evangeline Lilly dans Ant-Man, Andy Serkis dans Avengers: Age of Ultron et, un hasard puisque tourné en 2011, Richard Armitage dans Captain America: The First Avenger : décidément, Disney a apprécié le jeu des acteurs dans la trilogie The Hobbit de Peter Jackson!

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Louis-Philippe Coutu-Nadeau

Louis-Philippe Coutu-Nadeau

Véritable cinéphile, Louis-Philippe Coutu-Nadeau est un scénariste-réalisateur-monteur qui a une cinquantaine de contrats à son actif en tant que vidéaste (mariages, captations d'événement, publicités, vidéoclips). Il s'occupe d'ailleurs de toutes les vidéos du concessionnaire Alix Toyota depuis juin 2013. Il a aussi été pigiste pour trois boîtes de production, soit le Studio Sonogram, VLTV Productions et Ikebana Productions. Sa filmographie personnelle présente pas moins d'une vingtaine de titres dont le film Khaos et la websérie Rendez-vous. Il possède un baccalauréat en études cinématographiques à l'UdeM et un baccalauréat par cumul de certificats à l'UQÀM (en scénarisation cinématographique, en création littéraire et en français écrit). Vous pouvez visionner son expérience contractuelle et son expérience personnelle sur son site officiel : www.lpcn.ca