Gauche et transgenres: le délire et la méthode




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Gauche et transgenres: le délire et la méthode

Depuis quelques années, les médias partout en Occident traitent de plus en plus fréquemment des enjeux liés aux personnes transgenres.

La question provoque toujours de nombreux débats, notamment aux États-Unis, où une partie importante de la population se retrouve encore dans un certain conservatisme social, parfois d’inspiration religieuse. Cependant, le Québec est loin d’échapper à ces débats, comme en témoigne sporadiquement notre actualité.

Des toilettes accessibles aux personnes transgenres dans une école de Moncton

Des toilettes accessibles aux personnes transgenres dans une école de Moncton

La plus récente controverse en lien avec cette question est survenue lorsque le caricaturiste du quotidien Le Soleil, André-Philippe Côté, a publié un dessin illustrant un chien se disant convaincu d’être un chat avec les mots « protection des transgenres » tout en haut de l’image. La caricature a rapidement fait l’objet de réactions courroucées de la part de certaines personnes transgenres et de leurs défenseurs auto-proclamés, parmi lesquels on compte notamment la chroniqueuse Judith Lussier.

La caricature d'André-Philippe Côté qui a fait scandale.

La caricature d’André-Philippe Côté qui a fait scandale.

Or, au-delà de ce simple événement, il y a toute la question du processus. Comment en arrive-t-on à vivre dans une société où, à défaut d’être carrément tué par des djihadistes, un caricaturiste peut tout de même être la cible d’insultes et d’attaques verbales desquelles suinte une colère irrationnelle ? Comment parvient-on à un point où on le traite de « transphobe », simplement pour avoir souligné avec ironie la difficulté qu’ont certaines personnes à comprendre l’identité transgenre ?

Pour bien comprendre comment et pourquoi nous en sommes arrivés là, il faut d’abord s’attarder aux moyens utilisés par les progressistes pour faire avancer leurs diverses causes. La gauche opère toujours de la même façon, pour faire passer les changements qu’elle réclame.

Ça commence souvent par une revendication tout à fait radicale. Dans le cas présent, il s’agit de la déconstruction totale de la conception traditionnelle du genre, du sexe et de l’identité sexuelle, ce qui implique également une transformation de la parentalité et de la famille.

La série Transparent traite des questions transgenres avec brio

La série Transparent traite des questions transgenres avec brio

Ensuite, on réduit cette revendication à un strict minimum acceptable et facilement compréhensible par tous, souvent en le liant intimement aux désirs parfois légitimes d’individus qu’on identifie comme vulnérables. « Cette personne réclame seulement le droit de vivre dans le corps qui correspond à sa véritable identité de genre ! », nous dit-on.

On signale aussi que ces personnes sont souvent victimes de harcèlement, de violence et de discrimination. On les dépeint en victimes. On emballe le discours dans des valeurs indiscutablement nobles comme le respect, la tolérance et le progrès. On explique également qu’il y a « consensus », que celui-ci soit politique, médiatique ou scientifique. Par conséquent, on estime donc que la question est « réglée ».

Le débat sur les armes à feu est un exemple tout à fait éloquent de cet appel au consensus factice. Comme les députés de l’Assemblée nationale ont voté à l’unanimité en faveur du registre, les progressistes ont beau jeu d’affirmer qu’il s’agit d’un débat clos. Or, la population québécoise, elle, est beaucoup plus divisée à ce sujet.

Au bout du processus, les gens qui s’opposent au changement promu par la gauche, quel qu’il soit, passent pour des « méchants » qui sont contre le respect, la tolérance et le progrès, tout en étant en faveur de la violence et de la discrimination. En plus, ces « méchants » ont l’audace de vouloir nier un consensus et il apparaît donc légitime de les ridiculiser. Placée devant un tel discours, une personne bien intentionnée ne verra souvent pas d’autre choix que de se rallier à la revendication gauchiste en se disant que  » c’est ainsi qu’il faut penser, si on est quelqu’un de bien ».

Il y a un seul problème: la population n’a pas été avertie, au commencement du débat, que cette simple revendication toute inoffensive et légitime venait également avec une pléthore d’autres revendications et que celles-ci allaient inévitablement entraîner des changements plus larges. Par exemple, la personne à laquelle on permet maintenant de se dire « trans », « intergenre » ou « gender fluid » ne se sent pas à l’aise d’utiliser des toilettes, douches et vestiaires correspondant à une identité de genre qui n’est pas la sienne. Il faut donc créer de nouvelles installations ou permettre la mixité totale dans toutes les installations dites « genrées », c’est-à-dire identifiées comme étant « pour hommes » ou « pour femmes ».

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Les parents doivent accepter qu’on déconstruise chez leurs enfants, dès le plus jeune âge, toute la conception du genre qui est inculquée à la maison et qui est le fruit de centaines de milliers d’années d’existence et de survie humaines. À l’école, on montre aux enfants des livres dans lesquels des garçons portent des robes en leur répétant que garçons et filles sont pareils et interchangeables.

Sense8: L'un des «cluster»  est une femme transgenre nommée Nomi Marks, joué par une actrice transgenre Jamie Clayton.

Sense8: L’un des «cluster» est une femme transgenre nommée Nomi Marks, joué par une actrice transgenre Jamie Clayton.

Les personnes trans, dont on a légitimé le délire, exigeront également de recevoir les services du gouvernement selon l’identité de genre de leur choix, et ce, sans subir la moindre opération ou même changer leur apparence ne serait-ce qu’un minimum. On crie à la « discrimination » et à l’imposition injuste de « normes genrées ». On tente même de contrôler le vocabulaire que chacun utilise dans ses interactions sociales quotidiennes: il n’est plus permis de présumer que telle ou telle personne est un homme ou une femme, simplement en regardant son habillement et ses traits physiques ou en entendant sa voix. Il faut s’abstenir d’utiliser des pronoms genrés (il ou elle), afin d’éviter toute possibilité d’offenser son interlocuteur.

Par ailleurs, on tend à individualiser le débat à outrance. Des interlocuteurs vexés vous répondront « Qu’est-ce que ça te fait à TOI qu’une personne puisse aller dans les toilettes de son choix ? ». La dimension sociale est totalement évacuée du débat, si bien que certaines personnes en viennent à tout relativiser en se repliant sur la subjectivité et un individualisme frôlant la sociopathie.

Évidemment, un survol des méthodes d’une certaine gauche ne serait pas complet sans qu’on parle du recours aux attaques personnelles. Parfois, les insultes arrivent en premier, alors qu’à d’autres occasions, elles servent en dernier recours, souvent pour exprimer la frustration du progressiste n’ayant pas réussi à écraser, ni à convaincre son interlocuteur. On remet en question l’intelligence et le niveau d’éducation du contradicteur, on dit qu’il n’a pas compris, qu’il n’est pas informé, qu’il est idiot, abruti, con, imbécile, etc. On le dira fasciste, nazi, macho, raciste, sexiste, homophobe, transphobe, islamophobe et tous les phobes de l’univers connu. Si les progressistes ont échoué à établir un faux consensus, ils doivent écraser la dissidence par l’humiliation publique.

Voilà comment on parvient au point où un caricaturiste est qualifié de « transphobe » pour avoir publié un simple dessin.

Transgenres

Que signifie transgenres

Transgenre est un néologisme français reflétant une terminologie évolutive pour décrire les personnes dont le genre – l’identité psychique et sociale reliée aux concepts d’homme et de femme, ou identité sexuelle complète – entre en conflit avec leur sexe biologique.

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Evan J. Demers

Né à Montréal, en 1985, je suis titulaire d'un baccalauréat de l'Université du Québec à Montréal en Animation et Recherche Culturelles. Je suis aussi et surtout chanteur métal, parolier, passionné de musique, de culture populaire, de politique, d'enjeux sociaux et d'humanité.