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Grand Prix: le délire médiatique sur l’exploitation sexuel

Travailleuses du sexe montréalaises mobilisées contre l’exploitation, contre la prohibition

8 juin 2016- Stella, l’amie de Maimie, organisme féministe montréalais par et pour les travailleuses du sexe annonce le lancement de la campagne Contre l’exploitation, contre la prohibition : Pour les droits des travailleuses du sexe, le droit de travailler. Cette campagne attire l’attention sur la réalité et les impacts de la répression et de la prohibition criminelle du travail du sexe. Comme tout le travail de Stella au cours des 21 dernières années, la campagne met en lumière le besoin de combattre les conditions de travail abusives plutôt que le travail du sexe lui-même. Au cœur de cette bataille est le besoin d’abroger les lois criminelles répressives qui criminalise le travail du sexe et mettent toutes les travailleuses du sexe à risque.

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Tous les ans, le Grand Prix nous amène une vague de panique avec des déclarations non fondées et exagérées de traite humaine et d’exploitation sexuelle. Les dernières années ont également apportées une augmentation de la répression policière et une surveillance accrue des personnes travaillant dans l’industrie du sexe et de nos clients. Toute cette attention nous place toutes dans une situation dangereuse et à risque de violence lorsque nous devons adopter des pratiques qui vont à l’encontre de notre sécurité qui nous permettent d’éviter les agents de la loi.

La répression policière, quelle soit dirigée spécifiquement envers nous ou envers nos clients est un des facteurs principaux qui nous met à risque de violence. Un contexte de répression de la part de l’État nous empêche d’avoir accès à la justice lorsque nous sommes victimes d’actes de violence extrême, pour lesquels nous sommes ciblées dans un contexte d’impunité. Cette répression accrue, basée sur des peurs, des idées moralisatrices et des statistiques faussées plutôt que sur les données probantes et l’expérience quotidienne des travailleuses du sexe s’inscrit dans un contexte plus large de criminalisation du travail du sexe introduites à travers « Loi sur la protection des collectivités et des personnes victimes d’exploitation » (C-36) en vigueur depuis décembre 2014.

Les allégations répétées dans les médias et par ceux qui s’opposent à l’existence de l’industrie du sexe ainsi que les mythes qui entourent la traite humaine pendant les évènements sportifs sont sans fondement :

1- Plusieurs études démontrent qu’il n’y a aucune augmentation d’exploitation sexuelle pendant les évènements sportifs. Un rapport publié par GAATW en 2011 (Global Alliance Against Traffic in Women) démontre que les mythes sur la traite des personnes ne sont pas basés dans les faits. A rapport issue de Vancouver indique les chiffres souvent cités sont exagérés dramatiquement. D’autres études dans plusieurs villes et pour plusieurs évènements sont toutes en accord avec la conclusion qu’il n’y a pas d’augmentation de la traite humaine reliée au sport.

2- L’augmentation de la surveillance policière met les travailleuses du sexe en danger. Que ce soit les risques de violence ou les risques reliés au VIH et autres ITSS, la criminalisation du travail du sexe est responsable d’une grande partie des risques reliés au travail du sexe. Tel que confirmé dans le jugement Bedford, il s’agit d’une violation de nos droits humains.

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3- Le travail du sexe et traite humaine ne sont pas synonymes. Le portrait de tout travail du sexe comme étant de l’exploitation et la conflation du travail du sexe et de la traite humaine amènent les policiers à surveiller, détenir, arrêter et déporter des travailleuses du sexe, particulièrement les femmes racisées ou migrantes, sous le couvert d’opérations cherchant des “victimes”. Ceci détourne des ressources qui pourraient être utilisées pour investiguer les vrais cas d’exploitation et empêchent les clients et travailleuses du sexe qui sont témoins de situation d’exploitation de les dénoncer, sous peur d’être arrêtés.

4- Acheter du sexe n’a rien à voir avec le sport et les femmes ne sont pas des pizzas; la décriminalisation ne donne pas un droit aux clients, elle reconnaît le droit de travailler et le droit à la santé et la sécurité pour les travailleuses du sexe. Toute conversation sur le travail du sexe doit débuter par la voix des premières concernées. Le discours déshumanisant et stéréotypé de campagnes qui comparent les femmes à des pizzas livrées, sans pour autant faire la même analogie pour tous les autres métiers qui offrent un service à domicile ou qui prétendent que nous vendons notre corps, sans prétendre que les autres professionels qui font du travail manuel ou physique vendent le leur doit cesser. Nous sommes les meilleures placées pour parler de nos expériences et notre organisme travaille tous les jours à améliorer les conditions de travail et de vie de nos participantes.

Nous ne sommes pas les seules à réclamer l’abrogation des lois criminelles contre le travail du sexe. En plus du consensus de tous les groupes par et pour les travailleuses du sexe du monde entier, Amnestie International, UNAIDS, Human Rights Watch et l’Organisation Mondiale de la Santé demandent la décriminalisation complète du travail du sexe. Ce consensus est supporté par une étendue de données probantes de diverses disciplines, telles la santé publique, les droits humains ou la lutte à la pauvreté.

Nous invitons nos collègues travailleuses du sexe qui travaillent pendant le Grand Prix à nous contacter pour des conseils sans jugement, pour du soutien et pour parler des façons de se protéger pendant cette période de surveillance accrue, de répression policière et à travers ce sentiment général de prohibition et stigmatisation.

Cette campagne s’inscrit dans le cadre d’une série d’actions ?#?SexWorkNDA? par divers groupes de travailleuses.eurs du sexe et alliés militant pour la décriminalisation complète du travail du sexe. La Journée nationale d’action a lieu cette année à Montréal, Saint-John’s, Toronto, Vancouver et Québec.
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Jean-François Cloutier

Je suis le fondateur de TVQC.com. Vous êtes passionnés de séries télévisées et vous trouvez que les médias de masse traditionnels font piètre figure à ce niveau? Soyez sans crainte, nous aussi!