Accueil » Genre » Actualités » Attentat de Nice: une analyse de Evan J. Demers

Attentat de Nice: une analyse de Evan J. Demers

Avant de véritablement amorcer ce texte, la seule chose qui s’impose vraiment est un salut rempli d’affection à cette France que je considère comme une deuxième famille nationale. Aucune opinion, aucune chronique ne rachètera les vies perdues hier, en plein 14 juillet. Bien des gens ont dit « Je suis Nice », si bien que ces mots ont déjà quelque peu perdu de leur sens. J’aimerais quand même dire que je suis, spirituellement et sentimentalement, avec Nice. Vraiment.

Attentat de Nice

Attentat de Nice

Il n’est jamais agréable de commenter une tragédie à chaud, lorsque celle-ci représente une telle horreur. On parle d’une foule décimée par un barbare, écrasée sous les pneus d’un camion, à Nice, en plein coeur d’une célébration du jour de la Bastille. Le bilan s’élève pour l’instant à 84 morts et pourrait s’alourdir encore. On compte au moins 10 enfants et adolescents parmi les victimes.(source: France 24) Cependant, le rythme effréné avec lequel circule l’information et les réactions intempestives qui pleuvent sur les réseaux sociaux forcent le chroniqueur à sortir de sa tannière, afin de poser les questions qui s’imposent.

Alors que les attentats meurtriers se suivent, la collectivité se désensibilise peu à peu et en vient même à oublier ce qu’elle savait et disait, il n’y a pas si longtemps. Au lendemain de Charlie Hebdo, l’élan d’amour et de solidarité qui avait suivi la tragédie n’avait empêché personne de nommer le problème: le jihadisme. Puis, au fil des mois et des drames, la pensée dite « inclusive » a fini par imposer son joug, censurant du même coup tout un tas de prises de paroles.

Aujourd’hui, tant nos médias que nos élites politiques ne se donnent même plus la peine de nommer ni le problème, ni l’ennemi. La chose semble futile au mieux, condamnable au pire. Dans la collectivité, chacun change sa photo de profil Facebook, propage quelques hashtags, puis retourne vaquer à ses occupations. Les plus motivés iront sans doute chanter « Imagine », encore une fois.

Attentat de Nice

Pas d’amalgame

Pourtant, sous cette lisse couche de bons sentiments et de « pas d’amalgame », se cache un débat qui fait encore rage, quoi qu’on en dise. D’un côté, il y a ceux qui croient encore que l’on doit prononcer le nom de l’ennemi et agir pour qu’il ne frappe plus. De l’autre, il y a ceux qui préfèrent détourner le regard et jeter le blâme sur tout et n’importe quoi: les guerres occidentales au Moyen-Orient, l’insensibilité de nos gouvernements, le capitalisme, les inégalités, etc. Certains d’entre eux se disent même qu’il suffirait qu’on les suive dans leur délire idéologique socialo-anarcho-pacifiste pour que la paix advienne, comme par magie. Bref, tout est mis en oeuvre pour ne pas voir le problème, ne pas le nommer et encore moins le régler.

Un jour, il faudra bien confronter plus durement ceux qui ne veulent pas voir. Il faudra prononcer haut et fort un simple petit mot: « islam ». Évidemment, lorsque ce mot est prononcé au lendemain d’un acte terroriste immonde, les esprits s’échauffent encore davantage. On nous dira que ce ne sont pas tous les musulmans qui sont des terroristes.

C’est l’évidence. On nous dira que les religions sont toutes aussi violentes les unes que les autres. Ah oui ? Alors, où est le Daesch chrétien ? Désolé d’offusquer les vertueux, mais à l’heure actuelle, aucune religion n’a un problème d’intégrisme et de terrorisme aussi grave que celui qui gangrène l’islam. Finalement, on tentera encore de blâmer l’occident et ses interventions au Moyen-Orient. Or, si telles sont les seules causes des actes terroristes commis en sol français, britannique ou américain, comment se fait-il que les terroristes sévissent également au Liban, en Turquie, en Irak, en Tunisie ou au Maroc ? Si l’Occident est leur seul et unique ennemi, pourquoi les jihadistes s’en prennent-ils à leurs frères et soeurs musulmans ?

Réaction des politiques

Bien que les erreurs de certains individus soient éminemment pardonnables, même lorsqu’il est question de terrorisme, notre clémence devrait être bien moins grande envers nos élites qui, dans bien des cas, n’osent même plus parler de terrorisme. On attend encore les réactions de certains dignitaires face aux attentats de Nice mais, s’il faut se fier au passé récent, on n’osera même pas prononcer ce mot honni, tant chez Trudeau que chez Couillard que chez Coderre.

Quant au président François Hollande, à qui la France ne voue plus que du mépris, il n’a plus guère d’autre choix que de nommer le terrorisme, lui qui voit les attentats se succéder en son pays. Ce sera une bien mince consolation pour plaies causées par son incompétence et celle de son gouvernement. Par ailleurs, même lorsqu’on ose pointer du doigt le terrorisme, jamais on ne passe à la prochaine étape: parler d’islamisme radical. Serait-ce trop demander à nos politiciens de nommer avec clarté l’ennemi particulier qui nous frappe et nous tue ? Apparemment, ce l’est. Il s’agit peut-être d’un risque trop grand, trop lourd à porter pour ceux qui portent déjà sur leurs épaules le fardeau de l’inaction.

Dans les médias, lorsqu’on traite de l’attentat de Nice, on parle d’un tueur « franco-tunisien » et on prend un temps fou à laisser filtrer l’information. Au cours des prochains jours, il y a fort à parier qu’on fera venir sur tous les plateaux une pléthore d’experts, afin de noyer le poisson de la lucidité populaire sous de sages et lénifiants discours. À la radio, à la télé, dans les journaux et même sur le web, tout indique que la pensée dite « inclusive » triomphera à nouveau. C’est à se demander si l’Occident n’est pas devenu une civilisation suicidaire, comme le suggèrent certains auteurs et commentateurs. Dans tous les cas, que ce soit sur nos écrans ou dans les coulisses du pouvoir, il règne un silence épouvantable, un silence de mort.

attentat-de-nice-1_5638107

Près de vingt-quatre heures après l’attaque meurtrière qui a ôté la vie à 84 personnes, sur la promenade des Anglais, à Nice, il est temps de faire le point sur ce que l’on sait.

Un homme de 31 ans, formellement identifié comme étant le Tunisien Mohamed Lahouaiej Bouhlel, s’est projeté avec un camion de location contre la foule rassemblée sur la promenade des Anglais pour le 14 juillet. Il a aussi tiré avec un pistolet sur trois policiers, avant d’être abattu.

Son équipée meurtrière a fait 84 morts, dont 10 enfants et adolescents. Selon un dernier bilan, ce vendredi soir, 202 personnes ont été blessées, 52 se trouvent en état d’urgence absolue et 25 sont toujours en réanimation.

Une enquête judiciaire portant sur les chefs « d’assassinat et tentative d’assassinat en bande organisée, en relation avec une entreprise terroriste », de « tentatives d’assassinat sur personnes dépositaires de l’autorité publique en relation avec une entreprise terroriste » et « d’association de malfaiteurs terroristes en vue de préparer une attaque » a été ouverte.

Source: http://www.lexpress.fr/

Articles connexes

Jean-François Cloutier

Je suis le fondateur de TVQC.com. Vous êtes passionnés de séries télévisées et vous trouvez que les médias de masse traditionnels font piètre figure à ce niveau? Soyez sans crainte, nous aussi!