Burkini: les trous béants dans l'argumentaire de ceux qui le défendent




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Burkini: les trous béants dans l’argumentaire de ceux qui le défendent

En cette fin d’été, l’actualité est venue nous arroser d’une nouvelle controverse liée au fameux « vivre-ensemble ». Cette fois, nos amis musulmans intégristes nous font même le cadeau d’une polémique toute estivale.

Une sortie burkini dans un parc aquatique fait polémique

Une sortie burkini dans un parc aquatique fait polémique

Burkini

Il s’agit sans aucun doute d’un signe d’intégration, puisqu’ils adaptent maintenant leurs pratiques religieuses barbares à nos quatre saisons. Vous aurez compris que cette chronique traitera du burkini. En fait, elle portera surtout sur les trous béants dans l’argumentaire de ceux qui le défendent.

Si le burkini n’est effectivement pas une pratique très répandue au Québec, pour l’instant, le débat que ce vêtement provoque constitue un test de plus que nous infligent les éléments les plus radicaux de la communauté musulmane. Encore une fois, on teste notre tolérance et on attend de voir de quel côté tomberont nos plus illustres citoyens, ceux que nous chargeons de nous représenter, soit en les élisant à l’Assemblée nationale, soit en les regardant à la télé.

Évidemment, pour certains, la question a déjà été entendue. Encore une fois, la minorité médiatico-politique a décidé pour la majorité populaire qu’il ne s’agissait pas d’un enjeu important et que, de toute façon, le Québec avait encore ses propres démons, en ce qui a trait au traitement des femmes. Il ne faut surtout pas leur souligner qu’ils emploient ici le sophisme de la double faute, qui consiste à tenter de justifier un mal en parlant d’un autre mal.

Encore les féministes

Nos féministes, qui ne peuvent résister à la tentation de nous rappeler leur existence, nous signalent courageusement que nous ne pouvons pas dire grand-chose sur le burkini puisque, au Québec et plus généralement en Occident, nous avons le string. Or, je ne connais aucun pays où le port du string est une obligation légale pour les femmes. Je ne connais pas non plus d’endroit où une femme risque de se faire battre, violer, cracher dessus et traiter de tous les noms, si elle ne porte pas le string. Par contre, dans les pays où le voile est une obligation, une femme non-voilée risque de subir de telles représailles et le port du voile y est même parfois inscrit dans la loi. Non, le voile, et à plus forte raison le burkini, n’est pas le string.

Certains bien-pensants de la gauche ultra-inclusive nous font aussi une belle démonstration de relativisme moral en affirmant que, bien que nous ayons parfaitement le droit d’être choqués par le burkini, nous ne devrions pas faire pression sur le gouvernement pour qu’il l’interdise. En d’autres termes, ils nous enjoignent de bien vouloir garder nos impressions pour nous-mêmes et d’embarquer dans leur sempiternelle valse du chacun pour soi, dans laquelle chaque individu est complètement isolé dans sa propre individualité, comme s’il existait une frontière entre nos yeux et certains symboles.

Cependant, dans une société normalement constituée, il existe à la fois un cadre normatif (ce qui fait qu’on peut être choqué par certaines pratiques) et un cadre législatif (les lois qui sont votées par notre Assemblée nationale).

Normes et lois ne sont pas toujours la même chose. Par exemple, il existe encore une majorité de Québécois qui dit croire en une divinité quelconque. Par contre, au Québec, la loi n’oblige personne à croire en une divinité.

Il existe toutefois des cas dans lesquels il peut y avoir concordance entre la réprobation sociale entraînée par nos normes collectives et l’interdiction légale d’une pratique. C’est notamment le cas, lorsque ladite pratique semble contrevenir au principe d’égalité des sexes.

Burkini

D’ailleurs, au Québec, nous avons déjà une Charte pour une image corporelle saine et diversifiée, dont le but est de permettre au gouvernement de surveiller comment on dépeint les femmes dans nos médias et dans l’industrie de la mode. Elle vise entre autres à endiguer les troubles alimentaires et l’hypersexualisation. On ne peut donc nier qu’il existe chez nos législateurs, ainsi que dans la société civile, une volonté de protéger les femmes contre des pratiques et des symboles malsains et asservissants.

Par contre, lorsqu’une communauté fait entrer dans l’espace public un symbole clair de l’asservissement de la femme, on nous enjoint de ne rien faire, sans trop nous expliquer pourquoi, d’ailleurs. Il ne convient simplement plus d’agir, surtout sur le plan légal. Mais soyons honnêtes: ce qu’on veut vraiment nous dire, c’est qu’il ne faudrait surtout pas avoir l’air d’une bande de dangereux « islamophobes ». Donc, une fois de plus, une version de plus en plus extrême de l’islam avance dans l’espace public et ses promoteurs ne sont pas embêtés !

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Evan J. Demers

Né à Montréal, en 1985, je suis titulaire d'un baccalauréat de l'Université du Québec à Montréal en Animation et Recherche Culturelles. Je suis aussi et surtout chanteur métal, parolier, passionné de musique, de culture populaire, de politique, d'enjeux sociaux et d'humanité.