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Jason Bourne – Critique du film de Matt Damon

Nous Jason ici d'un Damon corps nu ayant sauvé une franchise en situation d'échec et Matt qui avait dépassé les Bourne!

Exit l’Aaron Cross de Jeremy Renner. Jason Bourne, le seul et unique, est de retour pour sa quatrième aventure dans la saga de cinq films jadis basée sur les trois romans de Robert Ludlum, mais aujourd’hui volant de ses propres ailes. Grâce à Matt Damon devant la caméra et à Paul Greengrass derrière, une combinaison gagnante il va sans dire, Universal peut respirer et les spectateurs aussi…

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Depuis qu’il a quitté le programme Treadstone, Jason Bourne (Matt Damon) vit dans l’ombre et n’a pas d’attaches. Il participe à des combats de rue, qu’il remporte haut la main chaque fois. Quand Nicky Parsons (Julia Stiles) le rejoint et lui parle d’une découverte troublante en lien avec son père, qu’elle a fait en examinant les dossiers de la CIA, Jason se lance dans une dangereuse quête de la vérité. Aidé par Heather Lee (Alicia Vikander), une agente du service de renseignement qui veut faire tomber le chef de la CIA Robert Dewey (Tommy Lee Jones), Bourne se rendra à Las Vegas afin d’assouvir sa soif de vengeance.

Paul Greengrass (Captain Phillips, United 93, Green Zone) avait réalisé The Bourne Supremacy en 2004 et The Bourne Ultimatum en 2007. Il succédait alors à Doug Liman (The Bourne Identity en 2002) avant de passer le flambeau à Tony Gilroy (The Bourne Legacy en 2012). Gilroy avait scénarisé les quatre premiers films, tandis que Christopher Rouse, monteur des deux Bourne réalisés par Greengrass, est ici crédité à la fois en tant que monteur et scénariste. Il n’est ni question d’une adaptation ni d’une inspiration, en ce sens que le scénario original de Rouse ne se soucis pas des dix romans qu’Eric Van Lustbader a écrits à la suite du décès de Ludlum en 2001. Voilà pour le qui-a-fait-quoi.

La caméra de Greengrass a de nouveau la tremblote, s’agitant en tout sens à l’image d’un amateur. Or, il n’en est rien. C’est plutôt un style cinématographique qui lui est propre, provenant de ses débuts à l’émission journalistique World in Action et s’inspirant des documentaires filmés en caméra portée (ou caméra épaule) qui captent l’action sur le vif, ce qui permet aux spectateurs de revivre cette action comme s’ils y étaient. Qui plus est, le montage continue de découper chaque scène au possible tout en gardant la lisibilité fluide, une autre habileté qu’il a développée au fil des films…

Matt Damon est Jason Bourne.

Matt Damon est Jason Bourne.

Matt Damon (The Martian, Good Will Hunting, Saving Private Ryan, The Departed) reprend le rôle qui a sauvé sa carrière en 2002 en raison de plusieurs revers d’affilée (je pense à All the Pretty Horses, The Legend of Bagger Vance et Titan A.E.). L’acteur de 45 ans nous revient en grand forme, en témoignent deux ou trois combats de rue torse nu, et trouve toujours le ton juste pour que le personnage principal reste crédible dans la quête de la vérité susmentionnée.

Tommy Lee Jones (No Country for Old Men, The Fugitive, la trilogie Men in Black) est le nouvel officier supérieur de la CIA, rôle précédemment défendu par Chris Cooper, Brian Cox, David Strathairn et Edward Norton. Quant au nouvel homme de main, Asset, il est joué par Vincent Cassel (Mesrine Partie 1 & 2, La Haine, Black Swan). Clive Owen, Karl Urban et Edgar Ramírez l’ont été avant lui.

Alicia Vikander (The Man from U.N.C.L.E., Ex Machina, The Danish Girl, bientôt Tomb Raider) tient un autre rôle intéressant, elle qui est promise à une belle carrière en considérant tous les rôles différents qu’elle a décroché si rapidement. Ce n’est pas pour rien que cette actrice suédoise est repartie avec une statuette à la 88e cérémonie des Oscars le 28 février dernier.

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Le film s’ouvre sur une spectaculaire chasse à l’homme durant une émeute à Athènes et se ferme sur une tout aussi spectaculaire course-poursuite à Las Vegas.

Matt Damon au sujet de la scène d’ouverture : « C’est fait exprès, pour bien marquer le coup. Le monde de Bourne est une réalité alternative, mais nous cherchons quand même à faire ressentir au public que nous parlons de notre monde à nous. Ce film parle de ce qui se passe en ce moment dans notre société. »

En ce qui concerne la course-poursuite finale se déroulant dans la capitale du capitalisme, disons qu’elle a de quoi rendre jaloux Chris Morgan, le scénariste de tous les épisodes de la franchise Fast and Furious depuis le troisième film. Elle a exigé cinq semaines de tournage et la démolition de 170 voitures…

Vincent Cassel dans Jason Bourne.

Vincent Cassel dans Jason Bourne.

You know his name. Ce tagline sur l’affiche prouve que les présentations ne sont plus nécessaires, maintenant que le nom du personnage est devenu autant populaire que le nom de son interprète. Jason Bourne déroge d’ailleurs à la règle établie par les épisodes antérieurs, soit de débuter en anglais par « The Bourne quelque chose » ou en français par « La quelque chose dans la peau », ce qui reprend l’idée de Sylvester Stallone de résumer le titre à un nom, comme il avait fait avec Rocky Balboa en 2006 et John Rambo en 2008.

Ironiquement, ce qui manque à ce film est ce qui manquait au protagoniste : la mémoire. Bourne se souvient de tout et a ainsi perdu ce côté mystérieux qui faisait son charme. Il ressemble trop à un autre spécialiste en espionnage qui possède ses initiales, c’est-à-dire Bond, James Bond. Même si se souvenir de tout ne signifie pas que l’on sait tout, je sais ceci. Une nouvelle trilogie n’est pas justifiée et ne sera jamais justifiable, en dépit du fait que chaque Bourne avec Damon a rapporté quatre fois ce qu’il a coûté, loin de celui avec Renner qui a eu de la misère à atteindre le double de son budget.

Tommy Lee Jones et Alicia Vikander dans Jason Bourne.

Tommy Lee Jones et Alicia Vikander dans Jason Bourne.

Bref, Jason Bourne se répète un peu dans sa structure scénaristique, reprenant les mêmes ingrédients, mais il sait encore divertir. Inutile? Non, mais pourquoi ajouter d’autres points d’interrogation après les points d’exclamation du troisième film? Les questions avaient trouvé leur réponse. Je dirais plutôt que le rôle de ce cinquième film est de rappeler à Universal l’inutilité d’une suite au navet du tandem Renner/Gilroy, prévue certes quoique sans date de sortie, laquelle prévoit l’arrivée de Justin Lin aux commandes. Devinez quels films cette homme a réalisés? Les épisodes 3 à 6 de Fast and Furious, évidemment…

Verdict : 7,5 sur 10

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Louis-Philippe Coutu-Nadeau

Louis-Philippe Coutu-Nadeau

Véritable cinéphile, Louis-Philippe Coutu-Nadeau est un scénariste-réalisateur-monteur qui a une cinquantaine de contrats à son actif en tant que vidéaste (mariages, captations d'événement, publicités, vidéoclips). Il s'occupe d'ailleurs de toutes les vidéos du concessionnaire Alix Toyota depuis juin 2013. Il a aussi été pigiste pour trois boîtes de production, soit le Studio Sonogram, VLTV Productions et Ikebana Productions. Sa filmographie personnelle présente pas moins d'une vingtaine de titres dont le film Khaos et la websérie Rendez-vous. Il possède un baccalauréat en études cinématographiques à l'UdeM et un baccalauréat par cumul de certificats à l'UQÀM (en scénarisation cinématographique, en création littéraire et en français écrit). Vous pouvez visionner son expérience contractuelle et son expérience personnelle sur son site officiel : www.lpcn.ca