États-Unis: victoire décisive de Donald Trump




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États-Unis: victoire décisive de Donald Trump

Aux États-Unis, le dîner des correspondants est une tradition politique et populaire qui perdure depuis 1920. L’élite politico-médiatique du pays s’y réunit annuellement devant un repas fastueux, afin d’échanger plaisanteries et courtoisies.

Donald Trump

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Lors de l’édition 2011 de ce dîner, un Barack Obama au sommet de sa gloire s’était célèbrement payé la tête d’un certain Donald Trump, se moquant notamment des ambitions présidentielles du milliardaire. Évidemment, il ne se doutait qu’il venait d’humilier son successeur.

En fait, personne dans cette salle bondée de politiciens et de journalistes, riant tous à gorges déployées de l’homme d’affaires de Queens, n’anticipait ce qui allait se produire cinq ans plus tard. On a d’abord cru que Trump ne courtiserait jamais l’électorat républicain en vue d’obtenir la nomination du parti. Lorsqu’il s’est finalement présenté, on a cru qu’il se ferait pulvériser par des étoiles établies et montantes comme Jeb Bush, Marco Rubio, Ted Cruz ou Chris Christie. Puis lorsqu’il a finalement remporté la nomination républicaine, on a cru que cette campagne serait une croisière dans les Bahamas pour Hillary Rodham Clinton, cette politicienne de carrière ayant passé des décennies à occuper la Maison Blanche ou à graviter autour.

L’establishment croyait l’écho de sa propre pensée, tel un Narcisse tombant amoureux de sa propre image avant de se noyer.

Aujourd’hui, nos médias se lèvent avec la même gueule de bois qu’au lendemain du Brexit. Ils n’avaient rien vu venir, tant ils étaient certains que le peuple aiderait docilement à pérenniser l’ordre établi. L’élection de Donald Trump, comme le Brexit, illustre à merveille l’incapacité chronique de nos élites à se remettre en question et à prendre honnêtement le pouls du sentiment populaire.

Personne, parmi tous ces pronosticeurs professionnels et ces commentateurs de renom, n’avait vu venir un phénomène aussi évident que la prime à l’urne dont Trump a bénéficié hier soir. Pourtant, il semble extrêmement concevable que lorsqu’on diabolise à l’excès un candidat en l’affublant des pires étiquettes, on transforme un vote pour celui-ci en geste tabou, inavouable ! En qualifiant Systématiquement Trump de raciste, de sexiste, de xénophobe et de misogyne, on a réduit une partie importante de son électorat au silence. Ceux-ci se sont bien évidemment vengés dans l’isoloir.

brexit

Il serait également bon de rappeler que le « méchant xénophobe » Trump a remporté tout près de 30% du vote latino. Nos médias ont peut-être oublié que tous les Américains latinos ne sont pas des immigrants illégaux et qu’ils ne souhaitent pas nécessairement plus d’immigration illégale en provenance de pays parlant leur langue.

Personne, parmi ces journalistes d’expérience et ces reporters chevronnés, n’avait vu venir le séisme politique qui s’est produit hier dans la fameuse « Rust Belt », cette ancienne région industrielle aujourd’hui appauvrie et laissée pour compte. Pourtant, des États comme le Michigan et le Wisconsin avaient lancé un sérieux avertissement au clan Clinton en accordant leur confiance à Bernie Sanders, durant la course à l’investiture démocrate. Cependant, personne n’a cru qu’un vote de protestation en faveur d’un social-démocrate pur jus se transformerait en une saignée massive vers la droite. C’était oublier que messieurs Trump et Sanders partagent un même point de vue sur le libre-échange.

Au fait, si personne dans nos élites politico-médiatiques n’a vu tout cela, c’est en grande partie parce qu’elles ne parlent plus du tout aux travailleurs, tout particulièrement ceux qui ont le teint un peu plus pâle. Dans les médias, on se plaît à imaginer que cette partie de l’électorat n’existe plus. On s’entiche sans cesse des minorités et des niches, on bavarde d’identités trans ou de telle ou telle fraction de l’électorat immigrant en jugeant que c’est cette année que tombera finalement le méchant homme blanc oppresseur, qui est décidément devenu une tache disgracieuse dans le paysage.

On brandit la menace terrible que représenterait le repli sur soi par le refus d’une mondialisation qui serait la panacée, l’avenir, le pactole. Cette mondialisation traîne évidemment avec elle un métissage et un multiculturalisme inévitables. Cela fait des années qu’on prédit un peu partout la fin inéluctable d’une certaine Amérique, remplacée glorieusement par une nation nouvelle, propre, polie, héritière de la pensée globaliste, taillée sur mesure et faite à l’image de ce que nos élites voudraient bien qu’elle soit.

Hier soir, les abandonnés de la mondialisation ont rappelé leur existence aux mondialistes et à leurs laquais médiatiques.

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Evan J. Demers

Né à Montréal, en 1985, je suis titulaire d'un baccalauréat de l'Université du Québec à Montréal en Animation et Recherche Culturelles. Je suis aussi et surtout chanteur métal, parolier, passionné de musique, de culture populaire, de politique, d'enjeux sociaux et d'humanité.