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Milo Yiannopoulos contre LE MONDE!

Traditionnellement, l’université est l’endroit où les plus beaux de nos jeunes esprits s’en vont pour obtenir une éducation de la plus haute qualité, tout en confrontant leurs idées préconçues à de nouvelles informations, afin d’en ressortir dûment formés pour occuper les postes les plus exigeants qu’offre notre société.

Milo Yiannopoulos

Milo Yiannopoulos

Malgré les jolis discours empreints d’idéalisme et de rectitude politique, l’université demeure le lieu de formation de notre élite. Du moins, tel est le rôle auquel elle est habituellement destinée.

Toutefois, depuis quelques années, cette conception du lieu universitaire tend à se transformer pour le pire, particulièrement en Amérique du Nord. Des professeurs et chercheurs supposément épris de « justice sociale » se sont peu à peu mis à convaincre leurs étudiants que, bien loin d’avoir besoin de confronter leurs convictions profondes à des points de vue divers, leur formation nécessite au contraire la présence d’espaces dits « sécuritaires » (« safe spaces », en anglais) où ces convictions sont mises à l’abri de toute critique ou de tout débat. Cela sous-entend évidemment l’expulsion hors des campus de toute personne émettant de telles critiques ou suscitant des débats.

Vous croyez qu’il s’agit là d’une exagération ? Demandez à Milo Yiannopoulos ! Ce dernier devait récemment donner une conférence à l’Université de la Californie à Berkeley. Or, celle-ci n’a jamais eu lieu, comme d’autres événements auxquels étaient associés Yiannopoulos et d’autres personnalités heurtant les sensibilités gauchistes.

Milo Yiannopoulos

Pour ceux qui ne le connaissent pas, Milo Yiannopoulos est un jeune auteur, commentateur et polémiste, notamment éditeur en chef du site Breitbart, qui est reconnu pour ses positions tranchées, généralement classées à droite, sur le féminisme, l’islam, l’immigration et les relations interraciales. Personnage médiatique haut en couleurs, carburant à la controverse, Milo Yiannopoulos se plaît visiblement à susciter l’ire de ses adversaires idéologiques. Expert des joutes oratoires enflammées, le polémiste d’origine britannique mise énormément sur la colère de ses opposants pour mousser son image et sa carrière. Il faut bien l’admettre, nous sommes bien loin d’un ange aux propos consensuels. Faut-il pour autant diaboliser l’homme ?

Milo Yiannopoulos

Les fausses informations circulent abondamment au sujet de Milo Yiannopoulos. Ses détracteurs l’associent notamment à l’Alt-Right, cette étiquette politico-idéologique un peu fourre-tout, dont les médias de masse brossent un portrait fort confus depuis de nombreuses années. Le fait est que Yiannopoulos a mené quelques reportages sur des gens associés à tort ou à raison à l’Alt-Right, rejetant toutefois cette étiquette pour lui-même à toutes les occasions. D’autres associent l’auteur au suprématisme blanc, à l’extrême-droite, voire au national-socialisme. Curieusement, ces gens oublient que Milo Yiannopoulos est juif, homosexuel et fortement attiré, de façon tout à fait assumée, par les hommes noirs. Les véritables suprématistes blancs le détestent profondément.

C’est précisément là qu’on en vient aux récents événements de UC Berkeley, université publique californienne et bastion du progressisme américain où Milo Yiannopoulos devait donner une conférence à guichets fermés. Une partie de la jeunesse progressiste, gavée aux discours pseudo-vertueux sur les « safe spaces », convaincue que Trump est Hitler et que Milo Yiannopoulos est son Goebbels, est venue saccager les lieux, frapper des policiers, intimider des passants et pratiquement mettre le feu à ce qui est, rappelons-le, un véritable monument de la gauche progressiste américaine. De tels agissements ne sont pas sans rappeler les événements du printemps 2015, à l’UQÀM, durant lesquels de pseudo-anarchistes écervelés se sont mis à détruire un des seuls endroits au Québec où la gauche est à peu près dominante.

Lorsqu’on diabolise et déshumanise systématiquement toute opposition, lorsqu’on fait passer le choc civilisé des idées pour une hérésie et lorsqu’on érige des murs autour des esprits qu’on dit former, il n’est pas étonnant qu’une partie de la jeunesse agisse ainsi. Plusieurs se souviendront pourtant d’une époque où progressisme était synonyme d’un respect têtu et quasiment absolu de la liberté d’expression. Aujourd’hui, une université financée à même les fonds publics n’a plus guère le choix de limiter les droits associés au premier amendement de la Constitution des États-Unis d’Amérique. Autrefois, cela aurait été un non-sens.

Au bout du compte, Milo Yiannopoulos lui-même n’a subi aucun tort physique, matériel, financier ou psychologique. Les idées qu’il défend ne cesseront pas non plus de circuler sur le web et dans certains médias traditionnels. Les seules victimes, dans cette affaire, sont Uc Berkeley, sa mission en tant qu’université publique et les gens qu’une certaine gauche régressive cherchait pourtant à convaincre et qu’elle vient peut-être de pousser un peu plus dans les bras de Donald Trump.

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Evan J. Demers

Evan J. Demers

Né à Montréal, en 1985, je suis titulaire d'un baccalauréat de l'Université du Québec à Montréal en Animation et Recherche Culturelles. Je suis aussi et surtout chanteur métal, parolier, passionné de musique, de culture populaire, de politique, d'enjeux sociaux et d'humanité.

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