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The Fate of the Furious – Critique du film de F. Gary Gray

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Il y a une différence importante entre repousser les limites et aller trop loin. Au cinéma, surtout quand il est question de franchise déclinée en plusieurs films, c’est ce qui distingue une suite utile d’une autre inutile. Avec The Fate of the Furious, le huitième volet de la saga Fast and Furious, les mots « aller trop loin » et « inutile » prennent tout leur sens, quoiqu’il satisfasse un réel plaisir cinéphilique…

Charlize Theron et Vin Diesel dans The Fate of the Furious.

Maintenant que Dom et Letty (Vin Diesel et Michelle Rodriguez) profitent de leur lune de miel dans La Havane, que Brian et Mia (feu Paul Walker et Jordana Brewster) se sont rangés et que les autres membres de la Fast Family ont été disculpés, tout le monde retrouve un semblant de vie normale. Mais quand la mystérieuse Cipher (Charlize Theron) force Dom à travailler pour elle, ce dernier ne pourra éviter de trahir ses proches qui feront face à des épreuves plus grandes que nature. De Cuba à New York, en passant par l’Islande, notre équipe va sillonner le globe pour tenter d’empêcher cette cyberterroriste anarchiste de déclencher un chaos à l’échelle mondiale et de ramener à la maison l’homme qui a fait d’eux une famille avant de passer, pour ainsi dire, du côté obscur de la Force.

S’il est une franchise qui a perdu de la vitesse avec les années, scénaristiquement parlant, c’est bien celle de Fast and Furious. En dépit des ingrédients habituels (cascades ubuesques, chars modifiés, fesses bombées, bras musclés, répliques punchées, musique rythmée), son succès s’explique par sa volonté de contenter les jeunes adultes avides de sensations fortes. Un coup d’oeil nostalgique dans le rétroviseur permet ainsi de constater à quel point sa productivité ne décélère pas en ayant fait passer de 1 à 8 l’aiguille à films en seulement seize ans!

Après Rob Cohen (The Fast and the Furious), John Singleton (2 Fast 2 Furious), Justin Lin (The Fast and the Furious: Tokyo Drift, Fast & Furious, Fast 5, Fast & Furious 6) et James Wan (Furious 7), c’est au tour de F. Gary Gray de prendre place derrière le volant dans le siège du réalisateur. Il s’est fait remarquer en 2015 avec le très acclamé Straight Outta Compton et prouve ici son savoir-faire en matière de scènes d’action. Il n’y a aucun temps mort durant 136 minutes. J’ai particulièrement apprécié l’évasion de prison au cours de laquelle l’adrénaline et la testostérone sont à leur comble!

Jason Statham (49 ans) VS Dwayne Johnson (44 ans) : quand Goliath trouve chaussure à son pied!

Se la jouant de plus en plus façon Expendables, la distribution réunit de nouveau Vin Diesel, Dwayne Johnson, Jason Statham, Kurt Russell, Michelle Rodriguez, Tyrese Gibson, Ludacris, Elsa Pataky et Nathalie Emmanuel. À ces grosses pointures s’ajoutent aujourd’hui Charlize Theron, Helen Mirren et Scott Eastwood. Tout ce beau monde a un ou plusieurs moments privilégiés, que ce soit le temps d’une punchline savoureuse (par exemple : Je vais t’enfoncer les dents si profondément dans la gorge que tu n’auras d’autre choix que de te brosser les dents par ton trou de cul!) ou durant une scène impressionnante (mention spéciale à Johnson et Statham qui brillent plus d’une fois!).

Croyez-le ou non, mais Dwayne Johnson est parvenu à augmenter sa masse musculaire de vingt livres, ce qui fait en sorte que son personnage de Hobbs ressemble à un superhéros sorti tout droit des comics estampillés Marvel ou DC. Le hasard fait drôlement bien les choses, puisque cette année il sera en chest dans Baywatch (25 mai) et coiffé d’un chapeau stetson dans Jumanji: Welcome to the Jungle (20 décembre). Très en demande, ce digne successeur des gros bras des années 80 et 90 (Schwarzenegger, Stallone ou Van Damme) continue à faire oublier son nom de lutteur, The Rock, et à établir son vrai nom comme un incontournable du cinéma d’action. Et dire que Tommy Lee Jones devait jouer ce rôle…

À noter que F. Gary Gray a déjà travaillé avec Vin Diesel dans A Man Apart, avec Jason Statham et Charlize Theron dans The Italian Job ainsi qu’avec Dwayne Johnson dans Be Cool. Il était donc tout désigné pour diriger ces têtes d’affiche!

La Fast Family se divise. Derrière : Tyrese Gibson, Scott Eastwood et Dwayne Johnson. Devant : Ludacris, Nathalie Emmanuel et Michelle Rodriguez.

139 millions : c’est le nombre de vues que la bande-annonce mise en ligne le 11 décembre 2016 a obtenu en 24 heures. Un record historique, lequel n’a cependant duré que 108 jours (3 mois et 18 jours) au moment où la bande-annonce de It a fait un hit en franchissant presque la barre symbolique des 200 millions. Voici le top 10 :

1. It : 197 millions de vues le 29 mars 2017
2. The Fate of the Furious : 139 millions de vues le 11 décembre 2016
3. Thor: Ragnarök : 136 millions de vues le 10 avril 2017
4. Beauty and the Beast (trailer) : 127,6 millions de vues le 14 novembre 2016
5. Fifty Shades Darker : 114 millions le 13 septembre 2016
6. Star Wars: Episode VII – The Force Awakens (trailer) : 112 millions le 19 octobre 2015
7. Captain America: Civil War (trailer 2) : 94,7 millions le 10 mars 2016
8. Beauty and the Beast (teaser) : 91,4 millions le 23 mai 2016
9. Captain America: Civil War (trailer 1) : 61 millions le 24 nov 2015
10. Star Wars: Episode VII – The Force Awakens (teaser) : 55 millions le 28 novembre 2014

Selon moi, ce top 10 ne veut pas dire grand-chose à une époque où nous sommes tous wifiquement connectés les uns aux autres grâce à Facebook, Twitter, Youtube et Instagram. Je trouvais personnellement que la bande-annonce de 3min18 en montrait beaucoup, beaucoup trop, comme si j’assistais à un court métrage décérébré respectant un schéma narratif classique. Les huit films de la saga ont coûté plus d’un milliard de dollars, dont 250 millions juste pour le dernier-né, ce qui n’est toutefois rien à côté des 3,9 milliards que les sept premiers-nés ont rapporté. À lui seul, Furious 7 a récolté la somme de 1,52 milliards de dollars, faisant de lui le sixième film le plus rentable de l’histoire et le deuxième du studio Universal derrière Jurassic World.

Quoi de mieux que des explosions à la Mad Max: Fury Road pour faire exploser le box-office?

Bref, The Fate of the Furious assume pleinement la logique bankable du « bigger, better, louder » adoptée depuis le virage 180 degrés de Fast 5. Je crois sincèrement que le septième représentait la conclusion idéale avec l’hommage touchant à Paul Walker décédé dans un accident de voiture le 30 novembre 2013. Le terme « famille » s’appliquait d’ailleurs à merveille au lien qui unissait tant les personnages en dedans du film que les personnes en dehors du film. Ils ne pourront jamais finir mieux. Quoiqu’il en soit, le résultat continue malgré tout de faire vrombir le coeur des admirateurs qui tiennent la franchise en honneur et vomir les détracteurs qui la tiennent en horreur. Certains seront ravis d’apprendre qu’un neuvième et un dixième FF sont prévus, offrant au passage une nouvelle trilogie post-Walker. Ils ne s’arrêteront pas tant que les acteurs originaux et le public répondront présents. Après huit films, notamment depuis quatre, je savais parfaitement à quoi m’attendre et pour cette raison j’ai été parfaitement comblé. Diviser pour mieux régner? Non. Divertir pour mieux régner! À quand d’ailleurs un spin-off consacré à Luke « Hulk » Hobbs?

Verdict : 8 sur 10

Saviez-vous qu’il existe deux courts métrages qui font le pont entre différents films de la saga? Il s’agit de Turbo-Charged Prelude (2003, inclus sur un DVD spécial du premier film juste avant la sortie du deuxième au cinéma) et Los Bandoleros (2009, inclus sur le DVD du quatrième film annonçant le retour de Han campé par Sung Kang). Les voici :

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Louis-Philippe Coutu-Nadeau

Louis-Philippe Coutu-Nadeau

Véritable cinéphile, Louis-Philippe Coutu-Nadeau est un scénariste-réalisateur-monteur qui a une cinquantaine de contrats à son actif en tant que vidéaste (mariages, captations d'événement, publicités, vidéoclips). Il s'occupe d'ailleurs de toutes les vidéos du concessionnaire Alix Toyota depuis juin 2013. Il a aussi été pigiste pour trois boîtes de production, soit le Studio Sonogram, VLTV Productions et Ikebana Productions. Sa filmographie personnelle présente pas moins d'une vingtaine de titres dont le film Khaos et la websérie Rendez-vous. Il possède un baccalauréat en études cinématographiques à l'UdeM et un baccalauréat par cumul de certificats à l'UQÀM (en scénarisation cinématographique, en création littéraire et en français écrit). Vous pouvez visionner son expérience contractuelle et son expérience personnelle sur son site officiel : www.lpcn.ca

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