Guardians of the Galaxy Vol. 2 - Critique du film de James Gunn




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Guardians of the Galaxy Vol. 2 – Critique du film de James Gunn

La nouvelle aventure comique et cosmique de nos outsiders à l'Ego démesuré!

En 2014, Disney et Marvel ont réussi à faire accepter au public le pari risqué Guardians of the Galaxy avec des superhéros inconnus, dont le tandem composé d’un raton laveur et d’un arbre humanoïdes. Ce succès inattendu rappelle d’ailleurs une histoire de samouraïs camouflée en space opera, où se côtoient humains, droïdes et autres créatures fantastiques, et qui porte le titre archiconnu de Star Wars. Les deux studios récidivent cette année avec Guardians of the Galaxy Vol. 2 qui atteint la cible encore plus en son centre, dans la mesure du possible…

Pom Klementieff, Dave Bautista, Zoe Saldana, Chris Pratt et Kurt Russell dans la peau de leur personnage du film Guardians of the Galaxy Vol. 2.

À la suite de leur victoire face à Ronan l’Accusateur, les Gardiens de la Galaxie acceptent des contrats et accomplissent leurs missions aux quatre coins du cosmos à des fins de rémunérations. Cette équipe de mercenaires comprend Peter Quill alias Star-Lord (Chris Pratt), Gamora (Zoe Saldana), Drax (Dave Bautista), Rocket (Bradley Cooper) et Bébé Groot (Vin Diesel). Or, ils ne tarderont pas à croiser la route du mystérieux Ego (Kurt Russell), un homme plus divin qu’humain, qui prétend être le père de Quill. S’ensuit une autre aventure sidérale au cours de laquelle de vieux ennemis deviendront des alliés et de nouveaux personnages feront leur entrée.

Guardians of the Galaxy Vol. 2 propose une véritable histoire, du moins plus complète et plus complexe que dans le film original, là où celui-ci se contentait presque de présenter les cinq protagonistes et de les faire interagir entre eux. Libéré de ce boulet scénaristique, cette suite commence in medias res et maintient la cadence en trouvant le parfait dosage d’action et d’humour. Pour le rire, comptez surtout sur Bébé Groot. Fermez les yeux (sauf pour lire ce qui suit!) et imaginez ce petit être haut comme trois pousses en train de courir/danser partout au beau milieu d’un feu d’artifice d’effets spéciaux numériques, notamment durant le générique d’ouverture haut en couleur. Astuce marketing ou atout charme? Un peu des deux selon moi, quoiqu’il apporte énormément au côté fun du résultat final.

James Gunn revient aux commandes de cette suite, lui qui s’est d’abord fait connaître en tant que scénariste de Scooby-Doo, de Scooby-Doo 2: Monsters Unleashed et du remake Dawn of the Dead. Sa relation avec Kevin Feige (le grand manitou de Marvel Studios) en est devenue une de confiance après le triomphe du premier volet (773,33 millions de dollars au box-office contre un budget de 170 millions), ce qui a permis cette fois-ci au réalisateur de 46 ans de hausser la barre et d’oser sortir des sentiers battus. Impliqué jusque dans les moindres détails, il s’en est donné à cœur joie tant dans les rebondissements que dans les easter eggs. J’y reviendrai.

Gunn aborde la difficulté de conserver une liberté créatrice à mi-chemin de la Phase III du Marvel Cinematic Universe : « Il n’y a pas de pression car ce sont aux frères Russo (les réalisateurs d’Avengers: Infinity War, NDLR) de s’adapter. Depuis le début, il était clair qu’ils devraient gérer avec ce que j’avais écrit. Et si je fais un troisième film, ce sera à moi de me débrouiller avec ce qu’ils auront fait. La dernière fois, quand Kevin Feige et moi n’étions pas d’accord sur un point, on lâchait tous les deux du lest. Cette fois, j’avais vraiment une liberté quasi totale. »

C’est maintenant Bébé Groot qui grimpe sur les épaules de Rocket, contrairement à GotG premier du nom!

Ceux et celles qui connaissent James Gunn connaissent aussi son amour pour les easter eggs, c’est-à-dire ces petits liens cachés que les fans s’amusent à découvrir. C’est d’autant plus vrai que Guardians of the Galaxy Vol. 2 contient pas moins de cinq scènes post-génériques, de quoi satisfaire et teaser les spectateurs pour longtemps. Voici une liste de quelques easter eggs :

– Le traditionnel caméo de Stan Lee, son 28e dans une production estampillée Marvel depuis celui dans X-Men en 2000, ne laissera aucun fan en reste. Âgé de 94 ans au moment d’écrire ces lignes, l’ex-éditeur en chef de Marvel Comics apparaît brièvement sous les traits d’un astronaute qui raconte à des Gardiens (des Watchers en anglais, à ne pas confondre avec les protagonistes du film!) qu’il travaillait jadis pour FedEx. Or, il s’agit là de son rôle secondaire dans Captain America: Civil War dans lequel il livre un colis à Tony Stark. Faut-il comprendre qu’il aurait des liens avec cette race d’extraterrestres et que toutes ses apparitions antérieures seraient ici reliées?

– Une scène post-générique réunit les cinq membres fondateurs des Gardiens de la Galaxie s’inspirant des comics de 1969 : Stakar Ogord (Sylvester Stallone), Charlie-27 (Ving Rhames), Aleta Ogord (Michelle Yeoh), Mainframe (voix de Miley Cyrus) et Martinex T’naga (Michael Rosenbaum). Un spin-off à venir, sinon une scène importante qui expliquerait un casting semblable?

– Une autre scène post-générique annonce la venue d’un nouveau personnage dans le MCU et posera les bases pour la Phase IV qui devrait justement s’ouvrir avec Guardians of the Galaxy Vol. 3 au-delà de 2019. Les fans, préparez-vous à saliver, tandis que les autres, retenez ce nom : Adam Warlock.

– La chanson Guardians Inferno se veut un titre inédit écrit par James Gunn et composé par Tyler Bates. Elle est interprétée par David Hasselhoff lui-même, figure paternelle de Peter Quill dans son enfance qui s’invite aussi dans le film le temps d’un caméo.

– Howard le canard humanoïde revient après une apparition dans une scène post-générique du premier film, choix inusité qui s’explique par le fait qu’il reste un personnage cher à James Gunn qui possédait tous les comics. À noter que, en 1986, il avait fait l’objet d’une adaptation dans Howard the Duck. Il s’agit de l’un des pires échecs commerciaux de l’histoire du cinéma et un dur coup pour Universal qui a perdu environ 21 millions de dollars!

Le Milano en très mauvaise posture…

Voici également quelques anecdotes de tournage :

– Le maquillage de Dave Bautista pour se transformer en Drax ne prenait que 90 minutes à appliquer chaque jour de tournage, loin des 240 minutes nécessaires il y a trois ans.

– Le casque du walkman Sony porté par Peter Quill a été détruit durant le tournage, ce qui a forcé l’accessoiriste Russell Bobbitt a en créer un nouveau de toutes pièces. Pourquoi ne pas en avoir simplement acheté un autre? Parce que le prix s’élève à 1 800 dollars sur un site d’achats en ligne tel que eBay.

– Ego compte parmi le bestiaire de mutants appartenant à la Fox, l’un des rivaux de Disney, au même titre que tous les X-Men. Il a été prêté en échange du personnage de Negasonic Teenage Warhead pour Deadpool, laquelle appartient à Disney. Cette histoire de droits détenus par les studios n’est pas sans rappeler l’accord juridique entre la Fox et Disney concernant Quicksilver ou encore celui entre Sony et Disney concernant Spider-Man. Gunn explique : « On a plus d’un milliard de milliards (autrement dit un trillion, NDLR) de polygones sur Ego quand il est une planète. C’est le plus gros effet visuel de tous les temps. Il n’y a rien qui s’en rapproche, ce qui est cool. »

– Le défunt chanteur David Bowie devait tenir un petit rôle avant que son cancer du foie l’emporte le 10 janvier 2016. Gunn à ce sujet : « J’ai eu une rapide conversation avec son manager. On a parlé d’un petit rôle et il m’a assuré que David voulait bien le jouer. J’avais pourtant entendu dire qu’il était malade, mais il m’a expliqué que ça allait. Sa mort a été une énorme surprise, c’est arrivé juste après. »

– Le film marque les retrouvailles de Sylvester Stallone et Kurt Russell, et ce, 28 ans après le buddy movie Tango & Cash sorti en 1989. Dommage toutefois qu’ils ne partagent aucune scène à l’écran. Depuis deux ans, la carrière de Russell a l’apparence d’une résurrection grâce à des rôles majeurs dans The Hateful Eight, Deepwater Horizon, Furious 7 et The Fate of the Furious.

Bébé Groot (Vin Diesel) tire ses propres ficelles et vole même la vedette…

Si, dans la version originale anglaise seulement, la voix de Miley Cyrus se cache derrière le personnage de Mainframe, celle de Vin Diesel a été enregistrée en une quinzaine de langues différentes. En effet, l’acteur qui soufflera ses 50 bougies le 18 juillet prochain s’est investi dans le doublage de Bébé Groot, en dépit du fait que ses répliques se résument au trisyllabique « I am Groot ». Un véritable jeu d’intonation où la forme l’emporte sur le contenu afin de traduire un éventail d’émotions!

Diesel explique : « Sur le premier film, j’avais joué mon texte en six langues différentes (anglais, français, mandarin, russe, espagnol et portugais, NDLR). Pour le nouveau film, James Gunn voulait augmenter le nombre de versions audio. Du coup, je me suis retrouvé à devoir interpréter Bébé Groot en 15 ou 16 langues différentes à chaque nouvelle scène. C’est plutôt cool car ça veut dire que ma voix pourra être entendue dans des pays où ce n’est pas toujours le cas, même sur des grosses productions comme xXx ou Fast and Furious. Généralement, les doubleurs se contentent de dire leur texte mais du coup ce n’est pas forcément représentatif du personnage. C’est pourquoi j’adore ça, même si ça demande beaucoup de boulot. »

En parlant de Diesel, il a de quoi être fier en considérant les recettes de ses blockbusters du printemps, The Fate of the Furious et Guardians of the Galaxy Vol. 2, qui font tous deux un carton. Le premier a accumulé 1,102 milliards de dollars en 20 jours, se hissant à la 18e place des films les plus rentables de tous les temps, tandis que le second est déjà rendu à 167 millions de dollars en 10 jours avant sa sortie en salles aux États-Unis, en Chine et au Canada. Ce montant provient entre autres du Royaume-Uni, de l’Australie et de l’Allemagne.

« Peter, je suis ton père! » dit Ego (Kurt Russell) à un Peter Quill (Chris Pratt) un tantinet sceptique…

Bref, Guardians of the Galaxy Vol. 2 représente un divertissement marvellien décomplexé digne de ce nom plutôt qu’un attrape-geek, prouvant au passage son autonomie au sein d’une entreprise colossale. Les rôles féminins reprennent enfin la place qui leur revient avec des personnages comme Gamora (Zoe Saldana), Nebula (Karen Gillan), Mantis (Pom Klementieff) et Ayesha (Elizabeth Debicki). L’absence de Thanos et des Avengers fait du film « un peu » le quinzième opus du MCU, « beaucoup » le troisième de la Phase III, « passionnément » la suite de Guardians of the Galaxy et « à la folie » un film autonome qui a de quoi rendre jalouse n’importe quelle tentative de Warner/DC de concurrencer Marvel (coucou Suicide Squad). Je vous recommande donc ce plaisir coupable qui n’a rien de Groot’esque!

Verdict : 8,5 sur 10

Une scène épique avec Yondu Udonta (Michael Rooker) et Rocket (Bradley Cooper)!

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Louis-Philippe Coutu-Nadeau

Louis-Philippe Coutu-Nadeau

Véritable cinéphile, Louis-Philippe Coutu-Nadeau est un scénariste-réalisateur-monteur qui a une cinquantaine de contrats à son actif en tant que vidéaste (mariages, captations d'événement, publicités, vidéoclips). Il s'occupe d'ailleurs de toutes les vidéos du concessionnaire Alix Toyota depuis juin 2013. Il a aussi été pigiste pour trois boîtes de production, soit le Studio Sonogram, VLTV Productions et Ikebana Productions. Sa filmographie personnelle présente pas moins d'une vingtaine de titres dont le film Khaos et la websérie Rendez-vous. Il possède un baccalauréat en études cinématographiques à l'UdeM et un baccalauréat par cumul de certificats à l'UQÀM (en scénarisation cinématographique, en création littéraire et en français écrit). Vous pouvez visionner son expérience contractuelle et son expérience personnelle sur son site officiel : www.lpcn.ca