Emmy Awards: Marc Cherry discute de Desperate Housewives

Emmy Awards: Marc Cherry discute de Desperate Housewives

21 juin 2012 0 Par Annabelle Thibault

Mise à jour: 9 juillet, 2018 @ 4:13

Emmy Awards: Marc Cherry discute de Desperate Housewives

Nous sommes seulement en juin, mais l’année en est déjà une de très difficile pour Marc Cherry. La poursuite injustifiée envers ABC Studios de la part de Nicollette Sheridan visant à faire annuler l’émission s’est terminée par un vice judiciaire le 19 mars dernier.

Un nouveau procès a été planifié pour le 10 septembre mais est resté sur le glace en attendant la résolution de quelques conflits. De plus, en mai, ABC n’a pas commandé de série pour le pilote de Cherry, Devious Maids, et ce, la même semaine que Desperate Housewives (Beautés désespérées) a terminé sa course de huit saisons sur la chaîne. Toutefois, Cherry ne s’est pas montré morose dans cette entrevue récente de Deadline Hollywood, et a fait le point sur la course effrénée qu’a été Beautés désespérées.

AWARDSLINE: Quand vous regardez en arrière, de quoi êtes-vous le plus fier dans cette émission?
MARC CHERRY: Et bien, personnellement, je suis juste fier d’avoir créé quelque chose qui ait payé mes factures parce que j’étais complètement fauché. Vous savez, j’empruntais de l’argent à ma mère pour survivre, et ça me rendait mal à l’aise. Professionnellement, je crois que c’est le simple fait que l’émission ait eu une voix originale. J’ai parlé sur un ton qui n’avait jamais été entendu à la télévision généraliste auparavant. Je dois admettre que c’était plutôt un accident. J’ai écrit à ma façon. J’ai eu le bon réalisateur et la bonne distribution; la recette a bien pris, et j’ai été très flatté et excité de voir que les gens semblaient apprécier.

AWARDSLINE: Pourquoi pensez-vous que l’émission ait été si populaire quand elle est arrivée en 2004?
CHERRY: Commençons d’abord avec le titre. Il promettait quelque chose de différent de que ce que les gens voyaient à d’autres émissions. Quand ils nous ont regardé, nous avons respecté notre promesse. Nous avions quelque chose à dire à propos du rôle de mère et de femme dans la société moderne. Nous décrivions des situations qui n’avaient jamais été vues avant à la télévision. Il y avait une certaine audace dans tout cela. Je pense que beaucoup de femmes frustrées ont été interpelées.

Desperate-Housewives

AWARDSLINE: Quels ont été les plus grands défis afin de garder l’émission bonne et en ondes pendant si longtemps?
CHERRY: Chacun des quatre personnages principaux avaient leur propre trame narrative. Nous avions une trame de mystère. Il y avait de la comédie et du drame. Je ne pense pas que j’aurais pu créer une émission plus difficile à faire marcher, honnêtement. Nous avions aussi le narrateur qui tentait si bien que mal de lier ces histoires de manière thématique. C’était incroyablement difficile, et vous devriez le savoir: il y a des émissions qui sont meilleures que d’autres. Il y a des saisons meilleures que d’autres.

AWARDSLINE: En rétrospective, est-ce que le saut de cinq ans dans la cinquième saison a été une bonne idée?
CHERRY: Mon Dieu, oui. Ça a donné un vent de renouveau à l’émission. Je crois que ça m’a donné une saison additionnelle.

AWARDSLINE: Y a-t’il des décisions prises avec lesquelles vous n’êtes pas à l’aise et que vous auriez fait différemment si on vous avait donné une seconde chance?
CHERRY: Mon Dieu, il y a tellement de choses. Il y a quelques trames narratives que je n’aurais pas dû faire, il y a certains acteurs auxquels je n’aurais pas dû donner de rôle, je veux parler des invités. Il y a quelques envolées frivoles que j’aurais dû laisser tomber. Je pense quand même que n’importe quelle personne dirigeant une émission d’une heure dirait la même chose. Nous écrivons et produisons rapidement. À la fin de la journée, on se dit: «Seulement quelques uns n’étaient pas bien», comme pour se consoler un peu.

Emmy Awards: Marc Cherry discute de Desperate Housewives

AWARDSLINE: Certaines personnes croient que l’émission n’a pas remporté ce qu’elle méritait aux prix Emmy. Pensez-vous que c’était une émission trop hybride pour le public et qu’elle en a souffert finalement?
CHERRY: Oh, je pense qu’un des problèmes avec l’émission est… et bien, regardez ce qui sera probablement en nomination cette année. Si c’est une dramatique, ce n’est pas vraiment une émission qui devrait être dans la même catégorie qu’Homeland. Nous ne sommes pas non plus vraiment une émission qui devrait être aux côtés de Modern Family. Nous sommes notre propre genre. En avons-nous souffert quand le temps des récompenses est venu? Oui, j’imagine, mais ça a aussi été la raison pour laquelle nous avons eu autant de popularité, notre hybridité. Je ne peux pas vraiment me plaindre de ce que Dieu a fait.

AWARDSLINE: Pouvez-vous nous parler de la poursuite judiciaire?
CHERRY: Puisque c’est un procès en cours, je ne suis pas très confortable à l’idée d’en parler.

AWARDSLINE: On comprend. Tout bien pesé, est-ce que vous diriez que Desperate Housewives a été une expérience positive pour vous?
CHERRY: Ça a été une expérience gratifiante et épuisante, et je n’en suis que reconnaissant. Certains me demandent si c’est une expérience douce-amère, et je réponds que non, c’était juste doux. J’ai eu la chance d’être à la tête d’une émission qui a été la coqueluche du pays pendant un moment. Je suis un homme très chanceux, et en plus, je peux payer mes factures maintenant.