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19-2 ou la xénophobie culturelle

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Imaginons un test à l’aveugle. On vous fait regarder une version du premier épisode de la deuxième saison de 19-2 où on aurait enlevé tous les dialogues et sans vous révéler l’origine de l’émission, quitte à masquer discrètement certains détails visuels. Puis on vous demande votre verdict. Répondez-vous la même chose que lundi soir?

Ou encore, supposons que 19-2 ait été produite à Toronto par CBC et s’était ramassée sur la grille de Radio-Canada en version doublée. Trouveriez-vous autant que le réalisateur est un génie?

Je vous pose la question car hier, tel que je m’y attendais, les commentaires applaudissant la réalisation de Podz se sont soudainement drapés de fleur-de-lys et devinrent la plus récente expression de notre vulgaire tribalisme. Ceux qui twittaient à grand coup de “Ah ce qu’on fait de la bonne télé au Québec” ne faisaient que se masturber sur un pur hasard.

Hasard car 19-2 aurait pu être une télé-série néo-zélandaise dont vous n’auriez jamais entendu parler parce qu’elle passerait à 7 heures le dimanche matin sur Séries Plus. Pire, si elle avait sud-coréenne, ses chances d’être exportée dans un marché francophone étaient nulles. Dans de tels cas, considériez-vous être passé à côté d’un chef d’œuvre comme certains ont écrit sur les réseaux sociaux? Si vous dites non, je me dois de vous apprendre que vous souffrez de xénophobie culturelle.

Je peux parfaitement concevoir qu’on se reconnaisse davantage dans un produit culturel qui nous ressemble mais ce n’est pas l’origine qui en fait quelque chose de bon ou mauvais en soi. 19-2, ce n’est pas bon parce que c’est québécois. De même, une personne qui n’aime pas les “soaps” ne deviendra pas fan de Destinées parce que c’est québécois. Tout comme je tiens à dire à Richard Therrien, grand dénonciateur d’importation de séries américaines par la SRC et TVA, que L’Or du Temps n’était qu’une sorte de remake cheap de Dallas…mais fait ici alors on pardonne, n’est-ce pas?

Ils m’énervent, nos hypocrites critiques télé qui aiment bien ploguer leurs derniers achats de coffret DVD des séries de HBO et de AMC avant de rappeler aux matantes qu’elles font bien de regarder Star Académie car “Ah ce qu’on fait de la bonne télé au Québec”.

Bien sûr qu’il se fait de la bonne télé au Québec. Il s’en fait de la mauvaise aussi. Comme aux États-Unis, en Finlande et à Singapour. Et les raisons d’un succès ou d’un échec sont souvent bien aléatoires.

Tout aussi aléatoire que notre nationalité.

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derteilzeitberliner

Né au Saguenay il y a bientôt 27 ans, j’ai toujours eu la “tête ailleurs”. À 5 ans, j’avais déjà les deux yeux sur le globe terrestre. À l’époque, parce que j’aimais ça, je passais beaucoup de temps chez mes grands-parents maternels et c’est avec mon grand-père que j’ai commencé à lire les journaux et regarder les bulletins de nouvelles.

1 Comment

  1. MaCs dit :

    Ce commentaire me rappelle l’entrevue de Marc Séguin, où il disait que aussitôt qu’on a du succès au Québec, on se “fait chier dans la gorge”. Comme il disait aussi, quand les américains font quelque chose de bon, ils en sont fiers, tout comme on devrait l’être de la série 19-2. Mais au Québec, on a nos petits “derteilzeitberliner” pour nous rappeler à quel point nous sommes nuls…

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