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Jane the virgin : benvenidos a los locos

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Jane the virgin est une nouvelle série diffusée depuis la mi-octobre sur les ondes de CW aux États-Unis et KTLA au Canada.

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L’action se déroule à Miami et met en vedette Jane Villanueva (Gina Rodriguez), une jeune femme sérieuse et pieuse qui entend rester vierge jusqu’au mariage. Seulement, elle est victime d’une erreur médicale et se fait inséminer par un médecin alors qu’elle n’était à l’hôpital que pour un examen de routine. Dès lors, elle ne sait plus si elle doit avorter, donner l’enfant en adoption ou le garder surtout depuis qu’elle a appris l’identité du père, Rafael Solano (Justin Baldoni) qui est son nouvel employeur et avec qui elle a échangé son premier baiser il y a quelques années. La décision finale est encore plus difficile à prendre lorsque des membres de leur entourage, tous plus fous les uns que les autres viennent s’en mêler.

Adaptation de la telenovela Juana la virgen, Jane the virgin est une série légère, drôle, qui ne se prend pas trop au sérieux, mais qui réussit quand même à nous émouvoir quand l’action se veut plus intense. Après trois épisodes, les imbroglios d’empilent à un rythme effréné si bien que l’on se demande si la fiction parviendra à tenir la route jusqu’à la fin de la saison. Un défi à surveiller.

Pas le temps de s’ennuyer

Depuis son plus jeune âge, Jane est chaperonnée par sa grand-mère Alba (Ivonne Coll), très croyante et qui l’incite à préserver sa virginité: bref, faire tout le contraire de sa propre fille Xiomara (Andrea Navedo). En effet, la mère de Jane est tombée enceinte à l’âge de 16 ans d’un homme qui a tôt fait de l’abandonner. Cet « incident » a rapproché les trois femmes, de trois générations qui vivent sous le même toit, se disent tout et sont toujours réunies pour écouter leur telenovela favorite : The passions of Santos, mettant en vedette le tombeur Rogelio de la Vega (Jaime Camil). Si Jane ne sait que faire lorsqu’elle apprend son état, son petit ami Michael (Brett Dier) n’est pas prêt à être père et l’encourage à donner l’enfant à celle qui devait être inséminée à sa place et qui se trouvait dans une pièce voisine : Petra Solano (Yael Grobglas). Celle-ci est mariée à Rafael, un riche héritier, ancien playboy, qui gère un hôtel de luxe à South Beach. Le couple ne s’entend plus et Rafael veut divorcer, mais ça n’apporterait rien d’avantageux à Petra ($$$) si bien qu’elle convainc en douce Jane de leur laisser l’enfant, d’autant plus que le mari qui se remet d’un cancer des testicules a peu de chances de procréer à nouveau.

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Cette histoire pourrait évoluer avec cette ligne directrice, mais il n’en est rien! Petra trompe Rafael avec son meilleur ami, lequel est assassiné dans l’épisode suivant… et c’est Michael qui est détective qui mène l’enquête. Il se laisse ensuite convaincre de cacher des pièces à conviction sur les lieux du meurtre qui pourraient incriminer Petra.

La docteure à l’origine de l’erreur médicale, Luisa (Yara Martinez) est la sœur de Rafael et sa maîtresse, Rose (Bridget Regan) n’est nulle autre que sa belle-mère puisqu’elle a épousé le patriarche Solano. Pour compliquer un peu plus le tout, le père de Jane revient en scène après toutes ces années et il s’agit de Rogelio!

Avec autant d’imbroglios, on pourrait rapidement décrocher de la série, mais étonnamment, tout se tient sans que l’on tombe dans la caricature et on peut affirmer la même chose concernant les personnages qui ne se divisent pas entre méchants et gentils. Pour nous garder à jour, une voix de narration, non sans humour, prend bien soin de nous rappeler à chaque épisode où en sont les protagonistes et on a même droit à des tableaux en surimpression, flèches à l’appui. Dans la prémisse, on nous affirme que Jane aura un dur choix à faire quant à sa grossesse. Allons, on sait très bien qu’elle la mènera à terme (l’avortement doit être le dernier tabous télévisuel américain puisque cette option n’est jamais mise en pratique dans les séries) et on est presque certain qu’elle finira ses jours avec Rafael, son prince charmant. L’intérêt ici est dans le traitement du genre : la telenovela.

Savoir dans quel terrain on joue

En Amérique du Nord et en Europe, le genre telenovela n’est pas vraiment considéré en haute estime et souvent comparé aux soaps américains diffusés en après-midi. Pourtant, Jane the virgin est la preuve que le format est digne d’être diffusé à heures de grande écoute. Plus que Matador, Killer Women et The mysteries of Laura (toutes des adaptations), la nouvelle série de CW assume et embrasse ce choix « télénovelesque » et plus encore, elle parvient à se moquer du genre avec une foule de petits clins d’œil. Par exemple, lorsque Rogelio recommence à fréquenter Xiomara, ils ont une discussion passionnée dans un des studios ou il travaille avec pour arrière-plan un coucher de soleil peint sur du carton. À un autre moment, Michael demande Jane en mariage, mais prend bien soin de faire jouer en même temps une chanson romantique (très kitsch) sur son iPhone. La musique d’ambiance est elle aussi d’un dramatisme exagéré et les protagonistes eux-mêmes ne cessent de se demander comment les acteurs de telenovelas réagiraient s’ils se trouvaient dans leur situation.

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Et malgré toutes les situations rocambolesques, les personnages affrontent de façon crédible l’adversité, à commencer par Jane. On peut aussi éprouver quelque empathie à l’égard de son petit ami Michael qui n’a pas envie d’être père, d’autant plus que ce n’est pas son enfant et qu’il n’a même pas encore couché avec elle. Lorsque Jane semble prête à franchir ce pas, on aurait cru qu’Alba déverserait sa rancœur sur sa petite fille, mais lucide, elle lui donne son consentement. Ce qui est agréable aussi est que son personnage ne parle qu’en espagnol dans la série, de même que certains autres protagonistes. On est d’abord surpris de voir autant de sous-titres, d’autant plus qu’il s’agit d’une série américaine, mais ça apporte une touche de réalisme plus que bienvenue. Quant aux histoires de couchettes, aux meurtres et aux revirements parfois très rapides de situation, ils contribuent à mettre davantage de piquant, plutôt qu’à décrédibiliser le contenu. Comme l’écrit Willa Paskin dans sa critique :« Like Scandal and American Horror StoryJane the Virgin is not praying at the altar of typical prestige television, but instead, updating the wrongfully maligned melodrama in delightful, provocative, culturally specific ways ».

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Jane the virgin a rassemblé 1,61 million de téléspectateurs pour son pilote : un si bon score pour CW qu’elle a annoncé peu après une saison complète de 22 épisodes. Depuis, les chiffres dégringolent et à la quatrième semaine, ils étaient toujours 1 million de fidèles. Il s’agit tout de même d’une baisse de plus de 30 % qu’il faudrait freiner. Pour le moment, la série est sur la bonne voie, mais à l’avenir ne devrait pas abuser des quiproquos au risque de tomber dans la caricature.

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Jean-François Chartrand-Delorme

Ayant étudié en cinéma et en communications, depuis longtemps je suis habitué à l’évaluation, à l’analyse et à la critique de films. Au fil des ans, cette passion s’est davantage transférée vers les séries télé.
La fiction m’intéresse davantage, mais les séries documentaires me fascinent aussi. Chacun de ces deux genres nous offrent un portrait de la société, son évolution et parfois sa régression. De plus, je me suis rendu compte assez vite qu’outre les séries québécoises et américaines que nous connaissons davantage, plusieurs autres pays dans le monde représentent une compétition sérieuse… au grand plaisir des téléspectateurs.
Depuis quelques mois, je me suis mis à écrire des critiques, tout en travaillant dans les médias à temps plein. Ma règle d’or est de ne jamais juger une série par un seul épisode. Dans mon cas, la règle de trois s’applique, question de laisser la chance au coureur.
En espérant pouvoir partager avec les lecteurs mes appréciations, découvertes et déceptions du petit écran et surtout échanger avec ceux-ci.
Venez me lire!

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